Si le fret ferroviaire Français s’inspirait de la relance du fret Allemand


Zoom arrière : En octobre 2016 le gouvernement dévoilait un plan de relance du fret ferroviaire de 150 millions d’euros. Une activité en baisse depuis des années...

…alors qu’elle augmente chez notre voisin allemand.

 

La cinquième conférence pour la relance du fret en France en quatre ans !

 

Et les résultats se font toujours attendre. Alain Vidalies, le secrétaire d’État aux Transports, annonçait le déblocage d’une enveloppe de 90 millions d’euros pour SNCF Réseau. 30 millions également dédiés au renouvellement des petites lignes pour favoriser le transport sur rail. Objectif pour le gouvernement : enrayer la chute inexorable du fret en France. Le transport routier reste pour l'instant le grand gagnant en France, et l'abandon des portiques écotaxe pour les poids lourds en 2014 n'a pas favorisé le fret ferroviaire.

 

L’exemple Allemand

 

Dans les années 2000, le fret ferroviaire français, en déclin depuis les années 1980, a connu une très forte décroissance. Le volume transporté a été quasiment divisé par deux. L’Allemagne, sur la même période, connaissait en revanche un net rebond (+25%).

 

L’état du réseau français n’est pas la seule explication.

 

Outre-Rhin, les entreprises transportent aujourd'hui deux fois plus leurs produits manufacturés via le rail qu'en France. C'est en fait l'un des effets de la crise de 2008 qui se fait encore sentir. L'industrie française a été lourdement touchée, sa production a diminuée et le calcul est simple : moins de marchandises produites et donc moins de marchandises transportées. Le coût du fret Français pourrait expliquer aussi ce désamour. La "tonne-kilomètre" facturée par la SNCF a augmenté de 10% depuis 2014, alors que celle de la DB allemande a baissé ... de 10%. Enfin, Berlin a aussi mieux anticipé l’ouverture à la concurrence. La Deutsche Bahn partage les rails allemands depuis 1994, alors que la SNCF a conservé son monopole jusqu’en 2006.

 

L'Allemagne présente un plan de relance du fret ferroviaire

 

Le ministre allemand des transports, Alexander Dobrindt (CSU), a présenté le 23 juin son plan directeur pour le rail. Il entend baisser les prix des sillons de fret et optimiser les flux.

 

Relancer le fret ferroviaire en Allemagne : c’est l’objectif du plan directeur présenté le 23 juin par le ministre allemand des transports, Alexander Dobrindt ("Masterplan Schienengütervekehr"). Il était temps : le transport de marchandises par rail n’a cessé de perdre des parts de marché outre-Rhin pour s’établir à 18% en 2016, contre plus de 70% pour la route. Et DB Cargo, la filiale fret de la Deutsche Bahn, reste en déficit, même si celui-ci s'est significativement réduit entre 2015 et 2016.

 

350 M€ pour baisser le prix des sillons

 

L’une de ses mesures phares sera de faire baisser "sensiblement" le prix des sillons de fret. À partir de 2018, l’état fédéral y consacrera la somme de 350 millions d’euros. Concrètement, il est prévu de mettre cette somme à la disposition de la filiale réseau de la DB, DB Netz, pour prendre en charge à hauteur de 47% les coûts d’utilisation du rail payés par les entreprises de transports, "conformément à la marge de manœuvre prévue dans le droit européen", précise le rapport.

 

Ces fonds, alloués donc par le Bund sur une période déterminée, doivent permettre de financer un management plus efficace des infrastructures mais la procédure à venir reste floue : "nous ne sommes pas encore entrés dans les détails pratiques, reconnaît-on au ministère des Transports. Mais cette mesure, qui va profiter à tous les acteurs du fret ferroviaire, vise à favoriser les investissements de tous dans la modernisation et l’innovation".

 

Baisser la pression fiscale

 

Autre direction de travail définie dans le "Masterplan" d’Alexander Dobrindt : faire baisser taxes et pression fiscale pesant sur le fret ferroviaire. Car s’il constitue un moyen de transport plus écologique que la route, il doit faire face à des prix de l’électricité particulièrement élevés en Allemagne en raison du système de subvention des énergies renouvelables. Le gouvernement allemand s’engage donc à faire des efforts "au moins au niveau national" pour remettre la pression fiscale pesant sur le rail allemand au niveau de ses voisins européens.

 

Favoriser les trains longs et le transport combiné

 

Alexander Dobrindt veut par ailleurs lancer l’offensive sur le développement des capacités logistiques. Au programme : un meilleur aménagement des quais pour faciliter le recours aux trains longs (740 m), une réflexion lancée sur la mise en service de convois de 1000 m, l’accent mis sur le déploiement des systèmes ETCS, le développement de l’automatisation et de la numérisation sur les six nœuds ferroviaires (Hambourg, Cologne, Francfort, Hanovre, Munich et Ludwigshafen/Manheim/Heidelberg) pour fluidifier les flux. Un projet pilote, lancé cet été, prévoit ainsi d’automatiser les placements et les formations de convois sur la gare de triage de Munich Nord.

 

Enfin, des mesures seront prises pour favoriser le transport combiné, avec plus de voies séparées et de places de parking réservées aux camions concernés, qui pourraient à terme être dispensés de la fameuse "Maut".

 

Le conservateur bavarois Alexander Dobrindt (CSU) a souvent été critiqué par le passé pour avoir négligé le fret ferroviaire au profit de la route. À trois mois des élections, il cherche donc à reprendre l’offensive. Il faut dire que, selon les prévisions, le transport de marchandises en Allemagne doit augmenter d’environ 40% d’ici à 2030, par rapport à 2010. Donner un coup d’accélérateur au fret ferroviaire aiderait par ailleurs à mieux respecter les normes européennes sur les émissions polluantes.

 

Un plan bien accueilli par les fédérations professionnelles

 

Les organisations professionnelles ont accueilli favorablement le nouveau schéma directeur pour le fret ferroviaire. "Une orientation importante pour l’avenir du rail", estime ainsi la fédération allemande de la logistique et des transports (DSLV) qui précise : "reste à savoir comment et quand elle sera mise en place".

 

"C’est un document stratégique important pour réduire la distorsion de concurrence avec le transport routier, commente logiquement le président de l’association "Allianz pro Schiene" (Alliance pour le rail). Mais ce plan aurait déjà pu être mis en place il y a trois ans, dommage qu’il n’intervienne qu’à la fin de la législature".

 

Les élections générales du 24 septembre en Allemagne risquent-elles de le remettre en cause ? "Peu vraisemblable, répond Clemenz Bochynek, qui dirige la société d’étude sur le transport combiné (Studien Geseelschaft für den Kombinierten Verkehr), car ce schéma directeur a été conçu en concertation avec les acteurs du secteur. Le remettre en question ferait beaucoup de vagues".

 

Et en France ?

 

Les opérateurs de fret ferroviaire privés ont pu faire remonter leurs difficultés et leurs attentes, à la faveur d'une rencontre avec Élisabeth Borne, la ministre des Transports. Elle promet qu'il n'y aura pas d'augmentation des péages sans amélioration de la qualité des sillons.

 

Les entreprises privées du fret ferroviaire sont ressorties satisfaites de leur première rencontre avec Élisabeth Borne, qui s'est déroulée à Paris le 30 août. Une réunion "très constructive et d'écoute", selon Pascal Sainson, président de la Commission fret de l'Afra (Association française du rail).

 

Dix sociétés participaient à cette entrevue qui semble témoigner d'une réelle prise de conscience de l'importance des entreprises privées pour ce secteur : Europorte, Euro Cargo Rail, Linéas, CFL Cargo France, Régiorail, ETMF, Colas Rail, RDT 13, Sécurail et VFLI. S'inscrivant en droite ligne des positions de Nicolas Hulot, ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, qui, la veille, avait érigé le fret ferroviaire comme une priorité, Élisabeth Borne a ainsi été en mesure d'appréhender les nombreuses attentes des opérateurs de fret alternatifs. Et ce alors même que ces derniers commencent à relever la tête après un exercice 2016 difficile.

 

Investir dans le réseau

 

Les entreprises ferroviaires ont souhaité avoir une vision un peu plus stratégique de l'État vis-à-vis de l'avenir du fret. "Elles ont rappelé par ailleurs que le fret ferroviaire est un levier de développement économique et de création d'emplois, le tout s'inscrivant parfaitement dans la transition énergétique", explique Franck Tuffereau, délégué général de l'AFRA (Association française du rail).  

 

Les entreprises ferroviaires demandent aussi à l'État de poursuivre ses investissements sur le réseau. Il conviendrait, selon Pascal Sainson, "d'accélérer la rénovation du réseau de lignes capillaires fret tout en y consacrant des moyens supplémentaires. Les voies de service ne doivent pas être oubliées car nous avons une situation plus dégradée que sur les voies capillaires".

 

Eric Debrauwere, président de Régiorail, insiste, de son côté, "sur la nécessité de trouver des solutions de convention d'occupation temporaire pour viser l'équilibre des coûts dans la maintenance des lignes capillaires". Il prône également "l'accélération du déploiement des prestataires gestionnaire d'infrastructure (PGI) de nouvelle génération".

 

L'épineuse question des péages

 

Au-delà des lourdeurs administratives et des contraintes réglementaires dénoncées par certaines sociétés, les opérateurs privés, clients de SNCF Réseau, sont très sensibilisés à l'augmentation des péages qui nuit à leur rentabilité, déjà mise à mal par l'application du cadre social harmonisé.

 

Retour sur l’exemple allemand

 

Prenant exemple sur l'Allemagne, qui vient de décider d'une diminution des péages pour les opérateurs de fret, ils demandent que les péages ne soient pas augmentés dans les proportions prévues. Car c'est une hausse de 40 %, plus l'inflation ferroviaire, qui est prévue sur la période 2017-2026. À cela, la ministre répond qu'il n'y aura pas d'augmentation du coût des péages tant qu'il n'y aura pas d'amélioration de la qualité des sillons.

 

Les opérateurs de fret alternatifs souhaitent, enfin, que l'État continue à verser ses subventions pour couvrir les coûts imputables à l'infrastructure et l'aide au coup de pince pour le transport combiné.

 

Établir une liste des priorités

 

La ministre a clos cette première réunion en demandant aux opérateurs de lui dresser un état des lieux précisant leurs requêtes principales. Parmi celles-ci figure en bonne place la réduction des goulets d'étranglement des principaux nœuds ferroviaires, dont ceux de l'Ile-de-France et de Lyon. La distorsion de concurrence induite, selon les entreprises privées, par les pertes récurrentes de Fret SNCF, constitue aussi un sujet de préoccupation.  

 

 

 

Voir un de nos articles sur le fret sur notre site d’INFRASTRUCTURE FRANCE

 

https://www.infrastructurefrance.fr/2015/05/20/ferroviaire-excellent-classement-global-pour-la-france-et-graves-inqui%C3%A9tudes-pour-le-fret-six-communications/

 

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