De nouvelles centrales pour les véhicules électriques ?

Pour prolonger le débat sur la voiture électrique, un de nos lecteurs nous propose de publier l’article de ERIC VIDALENC...

 

« L’article de Christian Chavagneux sur la « dés-électrification » des économies industrialisés, et plus particulièrement de la France, est l’occasion de faire le point sur la hausse soi-disant inéluctable de la consommation d’électricité et le rôle que les nouveaux usages, comme les véhicules électriques, pourraient tenir demain.

 

Déjà, rappelons-nous où nous en sommes. Aujourd’hui 2 millions de véhicules sont vendus par an en France, sur un parc de plus de 33 millions. Cela veut dire de manière simplifiée qu’il faut plus de 15 ans pour renouveler l’ensemble du parc. Et aujourd’hui, les véhicules électriques représentent… un peu plus de 1% des ventes. A ce rythme, il faudrait donc 100 ans pour atteindre les 2 millions de véhicules électriques cités dans l’article de Christian Chavagneux !

 

Calcul d’autant plus absurde, que les véhicules même électriques n’ont pas une durée de vie de 100 ans. Il faut donc tout d’abord augmenter fortement les ventes, en gros les multiplier par 10 au moins, pour espérer atteindre un jour d’ici une grosse décennie 2 millions de véhicules sur les routes en France.

 

D’un point de vue production électrique, comme rappelé dans l’article cité, cela représenterait de l’ordre de 1% de la consommation actuelle d’électricité ! 1%, soit environ 4 TWh : autant dire l’épaisseur du trait, et bien moins que la simple variation annuelle qui peut atteindre 20 TWh.

 

Et si 100% des véhicules étaient électriques demain ?

 

Mais raisonnons au-delà. Par exemple, avec la moitié du parc de véhicules ou la totalité quels seraient les enjeux de production électrique qui se poseraient ? L’hypothèse est peu probable. Mais pour un cas d’école maximaliste, impensable avant 2050 avec les dynamiques actuelles, considérons que toutes nos voitures pourraient être électriques.

 

33 millions de véhicules, consommant environ 15KWh/100km et parcourant 13000 km/an (ces 2 hypothèses sont très conservatrices puisque ce sont les données actuelles –source : ENT2008-, et on pourrait dire que l’on sera capable de faire des véhicules plus légers, plus efficaces, et de réduire une partie des déplacements quotidiens, notamment via covoiturage, télétravail, etc…). Donc en prenant des hypothèses très défavorables en termes de consommation, on arrive à 64 TWh liés à un parc français complet de véhicules électriques… sur un total de consommation d’électricité aujourd’hui de plus de 430 TWh. En comptant large, très large donc, on a donc une consommation maximale des véhicules électriques qui serait de l’ordre de 15% de la consommation électrique. Ces 60 TWh ne sortiront évidemment pas du chapeau, il faudra bien les produire. Mais nous n’en sommes pas là.

 

Difficile de justifier aujourd’hui des nouvelles constructions de moyens de productions par ce nouvel usage, même si l’énergie est un domaine du temps long, avec de fortes inerties, où il faut anticiper longuement à l’avance. Il faut évidemment remplacer le parc vieillissant des centrales nucléaires actuelles par des nouveaux moyens de productions (EPR ? – nucléaire- et / ou ENR ? –renouvelable -), c’est cela l’urgence dans les années qui viennent.

 

Mais cessons de croire que les arbres grimpent jusqu’au ciel, et que l’électrification de certains usages, notamment de la mobilité, impliquera des hausses de consommation structurelles. Certes, des véhicules électriques, ce sont de nouveaux usages, mais par leur efficacité intrinsèque (en résumé, 3 fois plus efficace qu’un véhicule thermique essence ou diesel), cela limite significativement l’impact global sur la consommation d’électricité.

 

Et cette performance technique améliore en outre le bilan énergétique global. On a ainsi besoin de 3 fois moins d’électricité que de pétrole, en équivalent énergétique, pour déplacer le même nombre de véhicules !

 

Des solutions de stockage

 

Enfin, il faut voir en prospective les véhicules électriques comme des « batteries sur roues ». Ça ne fait pas rêver peut-être, mais c’est bien comme cela qu’il faut voir le parc automobile électrique demain. La capacité des véhicules électriques à stocker l’énergie électrique pour eux-mêmes bien entendu, mais aussi, la capacité à la restituer tout ou partie au réseau électrique dès lors que les besoins le justifient est un atout indéniable (V2G ou Vehicle-to-grid).

 

Toujours pour l’exercice théorique, 33M de véhicules, ce sont de l’ordre de 80 GW de capacité électrique mobilisable avec une infrastructure peu modifiée (3kW chargé et restitué par véhicule, soit l’équivalent d’une bouilloire ou d’un chauffe-eau à la maison), et cela disponible à 80% du temps. Oui, disons 80% car aujourd’hui nos véhicules sont arrêtés 95% du temps. Espérons follement, qu’un jour on optimise le parc de véhicules, en le partageant, le mutualisant, cela voudrait dire que les véhicules seraient alors à l’arrêt « seulement » 80% du temps. Bref, on a là une contribution potentiellement considérable à la question de l’intermittence posée par des énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien.

 

Ainsi, que l’on soit pour ou contre le véhicule électrique (notamment par rapport aux questions d’embouteillages, de ressources minérales rares consommés, de terres artificialisées, la civilisation du tout automobile, le périurbain dépendant du véhicule personnel…), il serait honnête de ne pas s’appuyer sur lui et son déploiement massif (encore très, très loin) pour justifier la construction de nouveaux moyens de production électrique. Et imaginez, si à la place de carcasses de plus d’une tonne pour transporter une seule personne, on développait des vélos, et 2 ou 3 roues électriques ?"

 

 

 

 

 

Nos propositions

proposition Think Tank DIFF 12-10 .pdf
Document Adobe Acrobat 1.1 MB

Présidentielles:       "ADRESSE AUX CANDIDATS" Version 2

adresse aux candidats 23 12 16 2.pdf
Document Adobe Acrobat 1.1 MB

Actualité

jeu.

13

juil.

2017

Notre actualité

Lire la suite

sam.

27

mai

2017

TGV « inOui » !

Lire la suite