Le prix des transports collectifs et celui des autres services essentiels

Le ticket de transport collectif  à l'unité a augmenté de 3% entre 2000 et 2015 et l'abonnement mensuel de 3,7 % (en euros constants). Une modération qui, selon les professionnels, n'est plus de mise.

 

Au cours de la décennie achevée en 2015, les tarifs ont augmenté de moins de 4 % et la contribution acquittée par les voyageurs par rapport au contribuable s’est réduite. Cette modération tarifaire n'est plus tenable, estiment les professionnels.

 

Le ticket de Metro

 

Le prix du ticket de métro à Paris, vec le prix de la baguette de pain, puis plus récemment  du pain au chocolat,  a acquis dans l'inconscient collectif national le statut de symbole politique et économique.

 

Pour les transports, on assiste de longue date à un phénomène de stabilité, voire de baisse de leur prix qui ont décroché par rapport aux autres services publics marchands. Ce qui pose problème aujourd'hui", constate Jean-Pierre Farandou, président de Keolis (groupe SNCF) et de l'Union des transports publics (UTP).

 

Selon lui, deux raisons à cela. D'un côté, il était difficile de répercuter 3 ou 4 centimes d'inflation sur quelque chose qui ne coûte qu'un euro. De l'autre, les élus en charge des transports collectifs et de leur tarification ont été réticents à s'attaquer à un marqueur politique aussi sensible pour l'opinion. Bref, on n'a touché à rien, ou presque, et avec le temps des écarts importants se sont creusés.

 

Energie, eau, ordures ?

 

De fait, comparés aux services de l'eau, de l'énergie, ou de l'enlèvement des ordures ménagères, etc.), les transports collectifs affichent les hausses de tarifs les plus sages (voir ci-dessous). Avec la généralisation des abonnements annuels, aujourd'hui proposés dans près de 9 réseaux sur 10, le prix moyen « du ticket » revient à moins de 1 euro par jour. Dans le cas des transports routiers de voyageurs -expression qui désigne les transports routiers urbains (autobus) et interurbains (autocars), les tarifs ont progressé à un rythme inférieur à celui de l'inflation, montre l'Insee. Pour être précis, le tarif relevé en 2015 est inférieur de 2,1 % à celui de 2006.

 

 

"Même si ce n'est pas la seule explication, la baisse observée s'explique par le développement des tarifications uniques départementales qui impacte donc l'indice Insee des transports routiers de voyageurs. On observe ensuite une inversion de la courbe en 2012 marquée deux hausses de la TVA, première hausse de TVA de 5,5% à 7% en 2012; puis une seconde de 7% à 10% en 2014", expliquent les experts du Groupement des autorités responsables de transport (Gart), la structure qui fédère les élus.

 

Au-delà des bus et autocars, c'est la tarification des transports urbains au sens large (métro, bus, tramway) qui est restée très sage. "En monnaie constante, le ticket à l'unité a augmenté de 3% en dix ans (2000-2015) et l'abonnement mensuel de 3,7% ", ajoutent-ils. En 2015, le prix moyen d'un ticket était de 1,22 EUR à l'unité (0,96 EUR pour un carnet de 10 tickets), celui d'un abonnement mensuel de 30,71 EUR (ci-dessous les tarifs dans plusieurs grandes villes) et de 300 EUR pour un abonnement annuel.

 

Des écarts territoriaux

 

Aujourd’hui, l'écart maximal entre grandes villes de l'Hexagone pour un abonnement mensuel va du simple (Toulon 36,5 euros) au double (73 euros à Paris), un niveau pourtant peu élevé au vu des tarifs pratiqués dans d'autres capitales, notamment Londres. De plus, la nouvelle version du Passe Navigo adoptée en août 2016 permet aux Franciliens d'accéder à un périmètre de transport qui est celui de la région, ce qui n'est pas le cas dans les réseaux de province.

 

Déconnexion entre la prestation et son prix

 

Mais parallèlement les coûts de construction et d'entretien liés au développement de l'offre ont, eux, suivi des courbes bien supérieures à celle de l'inflation. Un exemple : entre 2000 et 2013, le linéaire des lignes de tramways en région a été multiplié par 2,8 passant de 270 à 745 km. De surcroît, la qualité de service proposée par les opérateurs n'a cessé de s'améliorer : flottes de véhicules tout électrique, signalétique, billettique, information sur les temps d'attente, applications pour smartphones, etc. Autant d'innovations qui ont un coût.

 

Avec à la clef une déconnexion croissante entre la montée en gamme de la prestation transport et son prix, ce qui aggrave la crise de financement dont souffre le secteur.

Nos propositions

proposition Think Tank DIFF 12-10 .pdf
Document Adobe Acrobat 1.1 MB

Présidentielles:       "ADRESSE AUX CANDIDATS" Version 2

adresse aux candidats 23 12 16 2.pdf
Document Adobe Acrobat 1.1 MB

Actualité

jeu.

13

juil.

2017

Notre actualité

Lire la suite

sam.

27

mai

2017

TGV « inOui » !

Lire la suite