Bilan électrique 2016 de la France

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité en France métropolitaine RTE a présenté ce matin les grandes données de son bilan électrique 2016 : production,...

… consommation, échanges transfrontaliers, etc. En voici les principaux enseignements.

 

Le nucléaire a « plombé » l'exportation d'électricité française en 2016

 

Le solde des échanges transfrontaliers d'électricité de la France est resté positif en 2016 à hauteur de 39,1 térawatts-heure (TWh) mais a plongé de 36,6% en raison de la baisse de la production nucléaire, selon un bilan publié mercredi par RTE, gestionnaire du réseau français de transport d'électricité. La filiale d'EDF a souligné que ce solde était le plus bas depuis 2010, avec une chute des exports tout au long du second semestre.

 

Dans le détail, la baisse du solde exportateur atteint 29% environ avec la Grande-Bretagne, 27% avec la Suisse et 16% avec l'Italie. Le solde des échanges français a même été légèrement importateur de 0,13 TWh en moyenne en décembre, ce qui n'était plus arrivé depuis février 2012.

 

La production totale d'électricité en France s'est repliée de 2,8% à 531,3 TWh l'an dernier tandis que la consommation est restée stable, en données corrigées de l'aléa climatique, à un niveau de 473 TWh.

 

La production nucléaire (72,3% de la production totale en 2016) a chuté d'environ 8% en raison des arrêts pour maintenance et des contrôles de réacteurs exigés par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à partir du mois de novembre.

 

La production des énergies renouvelables a en revanche progressé et couvert près de 20% de la consommation d'électricité grâce à des conditions météorologiques favorables, égalant le niveau record de 2014.

 

RTE a aussi souligné le déficit d'offre d'électricité en France en janvier 2017, avec un niveau de consommation de 93.000 mégawatts (MW) à comparer avec des capacités de production de 90.000 MW.

 

Les Français ont consommé plus d'électricité en 2016

 

Les Français ont consommé plus d'électricité en 2016 en raison du froid mais la production nationale de courant a reculé, pénalisée par l'arrêt de réacteurs nucléaires pour des contrôles de sûreté, a indiqué RTE mercredi.

 

La consommation électrique annuelle a augmenté de 1,5% à 483 térawattheures (TWh) l'an dernier, année bissextile qui a enregistré une température moyenne de 0,8 degré inférieure à celle de 2015, a précisé le gestionnaire du réseau électrique à haute tension dans son bilan annuel.

 

Corrigée de l'effet météorologique, la demande est toutefois restée stable pour la sixième année consécutive, à 473 TWh.

 

Cette stabilité s'est observée tant chez les particuliers que dans le secteur des PME/PMI et la grande industrie (hors secteur de l'énergie), où la hausse de la sidérurgie a compensé le repli de la chimie et du transport ferroviaire.

 

Chez les petits consommateurs, les hausses attribuables à l'usage plus intense des appareils électroniques ou à l'augmentation du nombre de foyers ont été effacées par une efficacité énergétique accrue, par exemple un chauffage plus performant dans les logements neufs ou un électroménager moins énergivore.

 

Pour "un foyer français moyen, en regard de son équipement aujourd'hui, s'il était équipé avec tous les appareils électroménagers les plus performants sur le plan énergétique, on pourrait encore diminuer par deux la consommation de ce parc de matériel", a expliqué Olivier Grabette, directeur général adjoint Prospective, expertise et solutions de RTE.

 

Une baisse des productions nucléaire… et éolienne

 

La production d’électricité en France métropolitaine a atteint 531,3 TWh en 2016, soit 2,8% de moins qu’en 2015. Cette diminution est principalement due à la baisse de production du parc nucléaire français (- 7,9% par rapport à 2015), elle-même liée aux arrêts de plusieurs centrales pour des opérations de maintenance ou des contrôles réalisés à la demande de  l’ASN en fin d'année dernière (jusqu’à 21 des 58 réacteurs à l’arrêt en novembre 2016). Avec 384 TWh produits en 2016, le parc nucléaire a toutefois encore compté pour 72,3% du mix électrique français l’an dernier (contre 76,3% en 2015).

 

La production électrique des centrales thermiques au charbon et au fioul a également sensiblement baissé en 2016 (respectivement de 15,4% et 13,1%), en raison de la fermeture de certaines unités (centrale au fioul d’Aramon) et d’un moindre recours à ces énergies fortement émettrices de gaz à effet de serre. De façon plus surprenante, la production éolienne a également légèrement baissé en 2016 (- 1,8%), malgré une hausse de 13% des capacités installées dans l’hexagone en 2016. Les conditions météorologiques ont été défavorables à cette filière en fin d’année, avec des mois de septembre et décembre peu venteux(1).

 

Profitant au contraire d’importantes précipitations à la fin du printemps 2016, le parc hydroélectrique français a vu sa production augmenter de 8,2% en 2016 et reste de loin la deuxième source d’électricité en France (63,9 TWh en 2016, 12% du mix national). La production photovoltaïque a pour sa part augmenté de 22,3% en 2016 mais sa contribution reste limitée dans le mix électrique français (1,6% de ce mix, avec 8,3 TWh produits en 2016). En incluant les autres énergies renouvelables (déchets, bois-énergie, biogaz, etc.), la production électrique d’origine renouvelable a compté, en 2016, pour 19,6% du mix électrique français (hors hydroélectricité, pour 8,5% de ce mix)(2).

 

Comme en 2015, c’est la production électrique des centrales à gaz qui a connu la plus forte croissance en 2016 (+60,8%), notamment grâce à la mise en service d’une centrale à cycle combiné de nouvelle génération sur le site de Bouchain dans le Nord(3). Elle s’est élevée à 35,3 TWh, ce qui fait du gaz naturel la 3e source d’électricité en France (6,6% du mix national en 2016).

La production d’électricité en France a été « décarbonnée » à près de 91% en 2016 . (©Connaissance des Énergies, d’après RTE)

 

Une consommation toujours stable et des exportations en baisse

 

La consommation d’électricité brute en France métropolitaine a atteint 483 TWh en 2016, soit 1,5% de plus qu’en 2015. Cette hausse est principalement due à des températures moyennes plus faibles (- 0,8°C par rapport à 2015(4)) et au fait que l’année 2016 était bissextile. « Corrigée de l’aléa climatique » et ramenée à 365 jours, la consommation française d’électricité est restée stable l'an dernier pour la 6e année consécutive, indique RTE.

 

En 2016, le pic d’appel de puissance sur le réseau électrique de RTE s’est élevé à 88 571 MW (le 18 janvier à 19h). Cette pointe « relativement basse » (pic record de 102 098 MW atteint le 8 février 2012) n’a pas engendré de difficultés particulières sur le réseau, compte tenu des capacités de production disponibles début 2016.

 

La France a fortement réduit ses exportations d’électricité en 2016 (- 21,5%) en raison de la baisse de sa production et de la hausse de sa consommation. Elle reste toutefois largement exportatrice nette en 2016, avec 71,7 TWh exportés vers ses pays voisins et 32,6 TWh importés(5). Les échanges d'électricité de la France ont entre autres été renforcés avec l’Espagne grâce à l’interconnexion Baixas-Santa Llogaia(6). Notons que la France a été importatrice nette durant le mois de décembre 2016 pour la première fois depuis février 2012. 

La France a été importatrice nette d'électricité en décembre 2016 mais est en moyenne restée largement exportatrice nette au cours de l'année dernière. (©Connaissance des Énergies, d’après RTE)

 

Des outils renforcés pour gérer l’équilibre du réseau électrique

 

Début 2017, RTE indique n’avoir « jamais eu aussi peu de marge de manœuvre » sur le réseau électrique, avec des capacités de production limitées à  90 000 MW en janvier (avec plusieurs réacteurs nucléaires toujours à l'arrêt) et une demande avoisinant 93 000 MW. Alors que l’injection d’électricité intermittente sur le réseau électrique est par ailleurs encore amenée à fortement augmenter, RTE a ainsi pu tester l'efficacité de ses outils pour assurer l’équilibre en temps réel entre production et consommation d'électricité.

 

Le gestionnaire de réseau dispose notamment de 2 600 MW de capacités d’effacement     « fiabilisés »(7) en 2017 et bénéficie d'une coopération renforcée avec les pays voisins de la France pour importer ou exporter de l'électricité (jusqu'à 7 000 MW disponibles).

 

Pour faire face aux « tensions » sur le réseau électrique cet hiver, RTE peut également interrompre la consommation de 21 sites lors des pics de demande (1 500 MW « interruptibles » au total). RTE souligne également que les appels à davantage de sobriété auprès du grand public semblent avoir porté leurs fruits début 2017(8). Le gestionnaire de réseau précise avoir « observé » les conséquences des éco-gestes sur le réseau (avec de « gros écarts » entre les prévisions de consommation et la demande réelle) sans pouvoir encore les quantifier avec précision. Pour rappel, RTE peut enfin avoir recours à des actions d’urgence exceptionnelles (baisse de tension sur les réseaux de distribution, délestages tournants, etc.) en cas de risque de « black-out » sur le réseau électrique. Côté production, le mécanisme de capacité Côté production, approuvé en novembre 2016 par la Commission européenne, a permis de « mettre en confiance les investisseurs » selon RTE et de « sécuriser » ainsi des capacités pouvant être mobilisées pendant les pics de consommation.

 

Dans les années à venir, RTE entend disposer d’un réseau plus « intelligent » grâce à une grande « transformation numérique » à laquelle le gestionnaire de réseau a consacré 260 millions d’euros en 2016 (sur un total de 1,5 milliard d’investissements l'année dernière). D’ici à 2030, RTE prévoit de « transformer 2 170 postes électriques » pour entre autres mieux anticiper la production d’électricité intermittente et intégrer les contraintes locales pesant sur le réseau. Le réseau électrique « de demain » sera présenté plus en détails par RTE début mars 2017.

 

Sources / Notes

 

  1. En particulier en septembre et décembre 2016.
  2. Seule 30% de l’électricité produite par les STEP  est comptabilisée comme « renouvelable » dans les bilans pour tenir compte de la consommation d’électricité soutirée au réseau lorsque l’eau est pompée.
  3. Cette centrale de 605 MW  a été couplée au réseau public de transport en janvier 2016 et été mise en service à l’été dernier.
  4. En hiver, chaque degré Celsius en moins entraîne, selon RTE, un appel de puissance supplémentaire sur le réseau de 2 400 MW.
  5. La France dispose de 341 interconnexions avec 19 pays.
  6. Mise en service en octobre 2015, cette interconnexion a permis de doubler les capacités d’échanges disponibles entre la France et l’Espagne.
  7. Grâce à des contrôles renforcés auprès des opérateurs d’effacement.
  8. Près de 52% des Français auraient modifié leurs habitudes suite aux appels à une limitation de la consommation selon un sondage IFOP pour RTE.

 

 

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