Propositions du Medef pour la Présidentielle

Le Président du Medef part en campagne et soumet un programme aux candidats de...

…la Présidentielle. Questionné sur Macron, Le Pen et Fillon - et sans prendre position pour l’un d’entre eux -   il considère comme « normal qu'un candidat (Fillon en l’occurrence) arrive sur les mêmes propositions que nous, puisque ce sont les propositions de tous les pays qui ont réussi à retrouver de la croissance et du développement ».

 

Priorité à la confiance, clé de la croissance et de l’emploi

 

Pour Pierre Gattaz, il ne devrait y avoir qu'un seul mot d'ordre pour le prochain locataire de l'Elysée : « Faire confiance aux entreprises, c'est la clé ». Cela devrait permettre 2 à 3% de croissance et les créations d’emploi associées.

 

Le monde change, changeons la France ! c’est le titre du livre bleu du MEDEF que Pierre Gattaz a rendu public ; Il y présente les réformes à mener pour la France de demain.

 

Cette seconde publication part des opportunités listées dans la première « Le monde change et la France ?" et formule des idées de réformes qui « permettront de relancer notre pays dans la compétition mondiale, aux bénéfices de tous nos concitoyens ». 

 

Quatre problèmes connus

 

Pour les chefs d’entreprise, quatre problèmes connus et reconnus doivent être réglés urgemment

• Une absence de marges qui étouffe lentement les entreprises en bridant leurs innovations, leur montée en gamme et leurs recrutements

• Un droit social ubuesque, complexe et pointilleux qui empêche l’adaptation et la prise de risque

• Une complexité érigée en système qui ferait rire si elle ne tuait pas en partie cette croissance économique tant attendue

• Et enfin, l’échec de notre système scolaire qui a confondu égalitarisme et égalité des chances, excellence et élitisme au désespoir des enseignants eux-mêmes…

 

"Faire confiance aux entreprises, c'est la clé"

 

"Faire confiance aux entreprises, c'est la clé", alors "écoutons les entrepreneurs", a lancé Pierre Gattaz sur Europe 1. "Sans confiance ni croissance, l'économie française a quand même réussi à créer 200.000 emplois" en 2016, alors "si on met un peu de confiance, c'est le mot magique", a-t-il souligné.

 

Quatre axes de réforme

 

Le Medef propose ainsi quatre axes de réformes pour redresser l'économie :

- baisse de la fiscalité pour restaurer les marges des entreprises,

- flexibilité du marché du travail,

- simplification,

- éducation/apprentissage.

 

"Notre système d'éducation a perdu sa force alors qu'on y met des moyens importants", a déclaré Jean-Pierre Letartre, président d'EY France qui a contribué à l'ouvrage. Il juge notamment que les entreprises devaient être plus étroitement associées aux projets de l'Education nationale.

 

Jean-Pierre Letartre a aussi fustigé en France "un problème de fabrication des normes", et ajouté que l'entreprise était "un lieu où les règles peuvent se discuter".

 

Une vision de la France d’aujourd’hui

 

Le Medef ne fait pas que des propositions économiques. Il dresse un constat de la situation du pays et des opportunités. On y trouve le numérique, la transition énergétique, la mutation di travail, la communication, la santé, le logement, l’éducation, la protection sociale, l’attractivité et la compétitivité du territoire. (Nous consacrerons un article particulier à ce chapitre, come à celui de la transition énergétique.

 

Un document très complet…

 

Le sommaire du document permet un aperçu des thèmes traités dans un document qui cherche l’exhaustivité et qui s’expose peut-être ainsi à ce que les priorités ne soient pas clairement hiérarchisées dans une stratégie - globale et temporelle -   de réforme du pays.

 

A. Les   transformations

- la dynamique démographique, un formidable atout de croissance

- favoriser une meilleure répartition des ressources page 16 la révolution numérique, une chance pour la France

- le travail change, la formation aussi

- un monde toujours plus rapide

- l’espace monde, un nouveau rapport aux frontières page 24 nouveaux pouvoirs dans un monde de communication page 26

- les nouvelles technologies au service de la santé

B. Les réformes

Éducation : pour bâtir les compétences de demain

- renforcer notre système éducatif

- refonder l’apprentissage

Un modèle économique et social à renouveler

Un modèle social rénové

- accompagner toutes les dynamiques d’activités au service de l’emploi

- conjurer la peur de l’embauche

- simplifier la production des normes en droit du travail

- résoudre la crise du logement

Faire de la protection sociale un atout et non un handicap

- financer la protection sociale d’une France prospère et solidaire

- préparer l’avenir de nos retraites

- refondre les dispositifs de départ anticipé du marché du travail

- réformer le système de santé

Simplification : pour un environnement de   confiance

- simplifier et moderniser la sphère publique

Compétitivité des entreprises : pour une fiscalité de croissance

- pour une refondation fiscale

- faciliter l’accès au financement pour les entreprises

Focus

- l’industrie française en reconquête

- cinq principes pour libérer la croissance des TPE-PME

- l’évidence service

- France outre-mer 2020

C. Les politiques

Ça commence par nous !

- gouvernance des entreprises : assurer l’équilibre et le contrôle des pouvoirs

- faire le pari de la rse pour renforcer sa compétitivité

- actionner les leviers de la compétitivité hors coûts

- faire de l’innovation sociale et managériale un levier de performance pour l’entreprise

Des politiques d’avenir

- accélérer la transformation numérique

- renforcer l’attractivité et la compétitivité de notre territoire

- poursuivre une transition énergétique et écologique source de croissance et d’emploi

- associer les salariés à la performance des entreprises

- faire de l’innovation un levier pour la compétitivité

-  réinventer l’Europe

- intégrer nos entreprises dans une économie monde

 

"Supprimer toutes les taxes sur les facteurs de production"

 

Sur le chapitre de la fiscalité, cher au patronat, le Medef veut "supprimer toutes les taxes sur les facteurs de production", réduire le taux de l'impôt sur les sociétés à 22%, supprimer l'impôt sur la fortune et instaurer une "flat tax" (impôt à taux unique) sur les revenus de l'épargne. Le syndicat patronal a également appelé à transformer le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en allègements de charges et réclamé de nouvelles baisses de charges de 30 milliards d'euros. "Les 30 milliards, nous pensons que ça pourrait se financer par deux points de TVA en plus, c'est-à-dire 16 milliards, et le complément par une baisse des dépenses publiques qui peut se faire rapidement mais étalée dans le temps", a précisé ensuite Pierre Gattaz. "Il faut quelqu'un de gauche ou de droite, on s'en fiche" pour mener ces réformes, a-t-il dit sur Europe 1.

 

Le programme de Fillon est "le plus pragmatique" et celui de Macron « pas convainquant du tout »

 

Le Medef, associé à neuf autres organisations patronales, recevra tous les candidats à la présidentielle pour discuter de leurs programmes économiques "dans une salle à Paris", les 21, 28 mars et 5 avril. "Nous allons les faire interviewer par trois ou quatre chefs d'entreprises pour qu'ils nous détaillent leurs programmes économiques et pour voir si c'est cohérent ou pas", a indiqué Pierre Gattaz, estimant que le programme économique du candidat de droite François Fillon était "le plus pragmatique".

 

Il a en revanche jugé qu'Emmanuel Macron ne proposait "pas beaucoup de choses sur le plan des mesures". Le numéro un du Medef s'est dit "pas convaincu du tout" par les propositions de l'ex-ministre de l'Economie d'augmenter la CSG pour supprimer les cotisations maladie et chômage, et de confier la gestion de l'Unedic à l'Etat.

 

Sur Emmanuel Macron, juge-t-il on a beaucoup d’oral mais pas beaucoup de programme.

 

Le président du Medef n'a pas non plus caché que le programme économique de Marine Le Pen lui inspirait de « l'inquiétude, avec son idée de recroqueviller la France sur elle-même ».

 

« Il est normal qu’un candidat … »

 

Pierre Gattaz a jugé « normal qu'un candidat arrive sur les mêmes propositions que nous, puisque ce sont les propositions de tous les pays qui ont réussi à retrouver de la croissance et du développement ». Le président du Medef s'est défendu de prendre position pour un candidat ou pour un autre pendant cette campagne. L'organisation patronale recevra d'ailleurs les dix candidats actuellement déclarés les 21 et 28 mars, ainsi que le 5 avril, afin de les auditionner sur leurs programmes respectifs.

 

Pour le Président du MEDEF, il ne devrait y avoir qu'un seul mot d'ordre pour le prochain locataire de l'Elysée : « Faire confiance aux entreprises, c'est la clé » et sans la confiance des entreprises, il ne sera pas possible de retrouver le chemin de la croissance. Or, pour lui, si l'on applique à la lettre les recommandations patronales, une « croissance de 2 à 3% par an serait possible. Sans confiance ni croissance, l'économie française a quand même réussi à créer 200.000 emplois » en 2016, alors « si on met un peu de confiance, c'est le mot magique ».

 

Éducation, fiscalité, simplification...

 

Si l'on rentre un peu plus dans le détail, notamment sur la fiscalité, le Medef veut en fait amplifier le « pacte de responsabilité » décidé il y a trois ans par François Hollande et qui s'est traduit par des allégements fiscaux et sociaux à hauteur de 40 milliards d'euros pour les entreprises.

 

Le Medef souhaite une amplification de la loi  El Khomri à la puissance dix

 

Dans le domaine social, l'organisation patronale un maximum de latitude laissée aux entreprises pour négocier. Elle milite ainsi pour un accroissement du principe de subsidiarité afin de permettre à l'entreprise ou à la branche le soin de définir les modalités les plus adaptées à la réalité économique.

 

La loi resterait seulement garante des grands principes généraux. De même, le Medef veut donner encore plus qu'actuellement l'avantage à l'accord collectif sur le contrat de travail quand il s'agit de l'organisation de l'entreprise. Il veut aussi fusionner toutes les instances de représentation et de négociation - concrètement le comité d'entreprise et les délégués syndicaux seraient fondus dans une seule instance.

 

S'agissant de la rupture du contrat de travail, on retrouve aussi toutes les vieilles antiennes patronales. Ainsi, reprenant la première version abandonnée de la loi travail, le Medef souhaite plafonner les dommages-intérêts versés par l'entreprise en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse. Il préconise aussi d’élargir le motif économique de licenciement à tous les cas de réorganisation de l'entreprise. Le Medef demande que soit supprimée la présomption d'absence de motif qui pèse sur l'entreprise lorsque les motifs ne sont pas clairement énoncés dans la lettre de licenciement.

 

S'agissant de la protection sociale, le Medef a de la suite dans les idées en demandant, par exemple, un recul de l'âge légal de la retraite à 65 ans à l'horizon 2026 et une durée de cotisation portée à 43 ans.

 

30 milliards d'allègements sociaux supplémentaires

 

Le Medef veut aussi poursuivre le mouvement de baisse des cotisations sociales patronales, via, notamment, la transformation « en une seule fois » du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en allègements de cotisations. Il réclame aussi une nouvelle baisse de cotisations de 30 milliards d'euros.

 

"Les 30 milliards, nous pensons que ça pourrait se financer par deux points de TVA en plus, c'est-à-dire 16 milliards, et le complément par une baisse des dépenses publiques qui peut se faire rapidement mais étalée dans le temps", a précisé Pierre Gattaz qui ne pense pas qu'il y ait un risque de forte augmentation des prix.

 

D'une façon plus générale, le Medef estime qu'à l'avenir les prestations universelles (famille, minima sociaux, maladie) devraient être financées par l'impôt ou la CSG tandis que les prestations contributives (retraites, assurance chômage, etc.) devraient continuer de reposer sur les cotisations sociales.

Nos propositions

proposition Think Tank DIFF 12-10 .pdf
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Présidentielles:       "ADRESSE AUX CANDIDATS" Version 2

adresse aux candidats 23 12 16 2.pdf
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