La route et la voiture : liberté, et équité territoriale et sociale, vraiment ?

Dans le cadre de nos travaux, nous avons considéré que la voiture doit être ré-évaluée à sa juste place. L'aimer ou la haïr ? Ses fonctions, au regard de la prospérité individuelle et collective, doivent être objectivées.

Les enjeux d’équité territoriale et sociale doivent être pris en compte, en particulier dans le cadre de l’amélioration indispensable de l’accessibilité de populations enclavées, exclues ou périphériques.

 

La détestation de la voiture, développée sur certains territoires ou dans certaines postures dogmatiques, conduit à des décisions aberrantes.

 

La route et la voiture est le thème de l’une des 16 questions que nous posons aux Candidats de la Présidentielle :

 

Question 10 : Etes-vous d’accord avec l’idée de « Reconnaitre à sa juste place la route, la voiture et les véhicules de livraison » ?

 

La voiture assure 83% des déplacements et est entrée de plein pied - comme la route -  dans l’ère de la sobriété et de la propreté. La voiture - comme les véhicules de livraison et de transport - devient propre, partagée, sobre et intelligente. Et elle sera demain autonome contribuant à assurer des circulations fluidifiées et sécurisées et à répondre à des besoins diversifiés et croissants. Et n’oublions pas sa plus grande utilité pour les habitants qui ne sont pas domiciliés dans les zones urbaines denses fort bien desservies – et à moindre cout -  en transports collectifs : évitons l’égoïsme de métropoles qui freinent au-delà du nécessaire l’accès des véhicules venant de l’extérieur – forme particulière d’égoïsme territorial.

 

Cette question en accompagne d'autres, par exemple :

 

Question 7: Est-ce que «Veiller aux zones périurbaines et rurales et aux territoires enclavés et délaissés» constitue pour vous une priorité majeure?

 

Ces territoires « périphériques » sont fortement touchés par le chômage et la pauvreté. Ils bénéficient de possibilités de mobilité notoirement inférieures aux zones urbaines en croissance, manquent d’équipements, de crèches, d’offre culturelle, d’éducation, d’activités économiques. Il est essentiel, dans le même esprit, de prendre en compte les catégories de population fragilisées, plus particulièrement les jeunes. Il est temps de combattre les égoïsmes territoriaux qui se développent plus que jamais, et de ne plus accepter les égoïsmes des secteurs moins exposées aux difficultés de la vie et de l’emploi.

 

Question 3 : Pensez-vous qu’il est impératif de « Rétablir une nouvelle équité territoriale » ?

 

Il est nécessaire, pour nous, de reconstruire une politique d’aménagement du territoire. Il faut combattre les égoïsmes territoriaux grandissants : centre/périphérie, urbain/rural, grande ville/ville moyenne, Région/Région. Il convient de donner à nos territoires – grâce aux réseaux -  des chances de prospérité, étendre leur marché du travail, accroitre l’accessibilité aux services, l’attractivité pour les activités économiques.

 

 

 

RETROUVEZ NOTRE PLATE FORME INTERACTIVE DES PRÉSIDENTIELLES :

 

 

 

LES ROUTES DE LA REPUBLIQUE

 

Les routes sont le produit d’une riche histoire. Pourtant, au mépris de cet héritage, en France, l’art de se déplacer des Parisiens est érigé en principe national par les grands médias… parisiens.

 

Ces questions sont traitées Mathieu Flonneau et Jean-Pierre Orfeuil dans leur livre « Vive la route ! Vive la République ! »

 

Depuis plus de vingt ans, on a rangé du côté du « bien » les ­transports collectifs et les transports ferrés, et du côté du « mal » la route, la voiture et les poids lourds. Pourtant, la voiture assure l’essentiel de la mobilité des Français, et la route joue de plus en plus collectif, avec le renouveau de l’autocar et le développement des mobilités collaboratives.

 

Cette contradiction pose un problème grave quant à nos valeurs républicaines : comment nos élites sont-elles pu s’enfoncer dans un tel déni de réalité ?

 

À l’heure de la montée des populismes, notamment dans les territoires situés à l’écart des métropoles, cet essai impertinent s'interroge sur l'urgence de refonder l’action publique en donnant la priorité aux réalités ­économiques, sociales et environnementales sur les fantasmes.

 

La voiture est, pour les auteurs,  l’objet premier de la mobilité démocratisée, à elle de se réinventer !

 

 

LES TRAVAUX DE FONDAPOL

 

En octobre 2015, la Fondation pour l’innovation politique publiait sur cette thématique les notes de Mathieu Flonneau et Jean-Pierre Orfeuil Vive l’automobilisme ! : les conditions d’une mobilité conviviale et Vive l’automobilisme ! : pourquoi il faut défendre la route. Selon les auteurs, depuis plus d’un quart de siècle, le prêt-à-penser politique a rangé du côté du bien les transports collectifs et les transports ferrés, et du côté du mal la route, la voiture et les poids lourds.

 

La route reste pourtant le support ultra majoritaire des flux de personnes et de marchandises. Elle est certes une infrastructure, mais elle est aussi et surtout un réseau social au service de la mobilité de la très grande majorité des citoyens et de la plupart des échanges économiques.

 

Elle a su s’adapter à des enjeux très divers depuis des millénaires, et elle pourra le faire encore demain, pour peu qu’on élabore une pédagogie renouvelée, persévérante, équilibrée et régulée de la transition écologique appliquée à la mobilité. À l’heure de la montée des populismes, notamment dans les territoires situés à l’écart des métropoles où l’automobile est incontournable, il est urgent de refonder l’action publique en matière de mobilité en donnant la priorité aux réalités économiques, sociales et environnementales sur les fantasmes.

 

RETROUVEZ LA VIDÉO DE L’INTERVIEW DE MATHIEU FLONNEAU ET JEAN-PIERRE ORFEUIL SUR LEURS NOTES

 

 

VIVE LA BAGNOLE ! (ENTRETIEN DE THOMAS MORALES AVEC MATHIEU FLONNEAU) POUR CLAUSER

           

« Parce qu’ils sont usagers de l’auto », une partie des Français sont « jugés avec condescendance » regrette l'historien Mathieu Flonneau, auteur avec Jean-Pierre Orfeuil, d'un essai à contre-courant aux éditions de L’Aube, « Vive la route ! Vive la République !».

 

Accidents d’autocars, menaces écologiques, circulation saturée dans les villes, déclin du conducteur tout-puissant, fiscalité au plus haut niveau, la route traverse une mauvaise passe. La voiture : le bouc-émissaire de la mondialisation malheureuse ou le nouvel allié de la numérisation de l’économie ? Il était urgent de rencontrer l’historien Mathieu Flonneau alors que s’ouvre le Salon de Genève (3-13 mars), dernier temple de la bagnole souveraine et avant le Mondial de Paris 2016, à l’automne prochain. Avec Jean-Pierre Orfeuil, professeur émérite à l’École d’urbanisme de Paris (Université Paris-Est), grand spécialiste des mobilités, ces deux intellectuels vrombissants publient Vive la route ! Vive la République ! aux éditions de L’Aube, un essai à contre-courant qui fera grincer les bien-pensants. Le pied au plancher, ils envoient valdinguer, chiffres à l’appui, pas mal de stéréotypes dans le décor. L’automobile ne serait-elle donc pas morte ?

 

Causeur : Dans L’Aventure, c’est l’aventure, film sorti en 1972, Claude Lelouch faisait dire à l’un de ses acteurs : « Le Capital, c’est foutu, la Ve, c’est foutu, le PC, c’est foutu, la société de consommation, c’est fini tout ça, c’est foutu, les bagnoles, foutu ! ». Alors, peut-on ranger définitivement nos voitures au garage ?

 

Mathieu Flonneau : Nous n’y sommes pas encore, mais il est vrai, et je le regrette avec d’autres, que sur ce thème au sujet duquel la confusion est entretenue, la nostalgie a de l’avenir ! Vous avez donc tout à fait raison d’attaquer par les classiques cinématographiques car, au même titre que la littérature d’il y a plus qu’un quart de siècle, ils permettent de situer à bon niveau la réflexion. C’est-à-dire que, à la fois sérieusement mais avec légèreté, avec style et humour, ils offrent l’opportunité de traiter de ce sujet qu’est l’automobilisme — l’objet dans son épaisseur culturelle, sociale et historique —, en rappelant l’époque à laquelle l’auto était bien vivante et massivement désirée. Mais cette auto, aux usages divers, résiste, ces quelques chiffres le démontrent : 81 % des ménages en France ont au moins une voiture à disposition ; 83 % des adultes ont le permis et la voiture (avec les scooters et les motos) assure 75,2 % des déplacements vers le travail, 66,5 % des déplacements des jours de semaine et 74,7 % des déplacements à plus de 100 kilomètres. Elle a encore de beaux restes.

 

La Route avec un « r » majuscule, synonyme d’expansion économique durant de très longues années est désormais le carrefour de tous les dangers. Elle semble même concentrer toutes nos crises modernes. Son partage entre différents usages est-il encore possible aujourd’hui ?

 

Pour notre « essai impertinent », avec Jean-Pierre Orfeuil, nous avions initialement souhaité en couverture une photographie de Raymond Depardon d’ordinaire si empathique. L’existence survivante des campagnes et des petites villes françaises est pour une bonne part liée aux services automobiles. La diversité des usages de la route dont vous faîtes mention, est plus que jamais souhaitable et est directement liée à la flexibilité remarquable dont, depuis ses origines, comme infrastructure, non pas monomodale mais ouverte et résiliente, elle a su faire preuve. La route est à tous !

 

Dans votre essai, vous faites en permanence le parallèle entre la Route et la République. Comme si conduire, se déplacer sur l’ensemble de notre territoire à titre privé ou professionnel, c’était déjà voter. En quoi, la Route est-elle un sujet éminemment politique et ses utilisateurs des citoyens à part entière ?

 

En effet, notre travail avec Jean-Pierre Orfeuil vise d’abord à ne plus ignorer et regarder au moins, voire à re-légitimer ensuite, une partie des Français relégués et jugés avec condescendance, parce qu’ils sont usagers de l’auto, certains par choix délibéré, d’autres par le simple fait de leur résidence périphérique. On peut cependant se garder d’une essentialisation grotesque : la multi-modalité est inscrite dans les pratiques et la République des conducteurs n’est que complémentaire de tout un ensemble de cultures de transports. On n’enlèvera cependant pas à la route son rôle historique et patrimonial de desserte et de construction du territoire. Ses rugosités la situent loin de l’apesanteur de certains mots d’ordre technocratiques « déréalisés ».

 

La voiture autonome, du moins son modèle économique, affole toutes les entreprises technologiques et les investisseurs du monde entier. Selon vous, s’agit-il d’un rêve d’ingénieurs visant à améliorer la sécurité de tous ou une forme de privation des libertés ?

 

L’avenir de l’automobilisme est riche de paradoxes. A l’ère numérique, la grande convergence entre les industries de mobilité et de communication est porteuse à la fois d’une possible optimisation des modes, et, en même temps, du côté sombre, d’un risque infini d’ « ubérisation » généralisée que l’on ne peut vraiment pas juger souhaitable. L’ensemble de l’écosystème de l’automobilité paraît voué à la réinvention et offre un emplacement d’observation idéal pour bien prendre la mesure de la déstabilisation/reconfiguration contemporaine aux allures naïves parfois prononcées de Brave New World ! Le transport est devenu une production de services de mobilité qui exige aussi une intelligence, au sens de la compréhension, de la responsabilité et de la sympathie, susceptible de structurer l’océan de données (cet autre sens d’intelligence, en anglais) dont les possibles dérives mercantilistes sont évidentes et qu’il s’agit de prévenir. Comme butte témoin de la liberté individuelle, l’auto persiste dans la morne plaine de notre époque.

 

A rappeler les bienfaits de l’automobile individuelle et réhabiliter les Trente Glorieuses, que répondez-vous aux défenseurs de l’environnement ? La pollution n’est quand même pas une vue de l’esprit ?

 

D’abord, il n’est pas question de revenir à « l’auto de papa », ni de dénier des réalités relatives à la nécessaire transition énergétique mais plutôt de faire progresser le progressisme ! L’intimidation liée à la réduction ad dieselum qui cherche à discréditer toute voix discordante, simplement soucieuse de relativisme sur ce thème, et vise à reconstruire par appartement et à la découpe le récit sur le passé en le désenchantant à chaque tournant n’est que porteuse d’une mémoire malheureuse et donc d’un avenir peu réjouissant. L’automobilisme des Trente Glorieuses était tout l’inverse d’une passion triste et, comme l’écrit François-Xavier Bellamy, « la nostalgie même sera bientôt incomprise ». L’historien, qui n’est pas juge — n’en déplaise à certains ! —, peut aussi simplement, sans scandale, témoigner des cohérences, voire des bonheurs d’une période révolue, à condition d’en relever toutes les ambivalences.

 

 

Voir l'article d'un lecteur sur "la voiture toujours au cœur de la mobilité"

 

questionhttps://www.infrastructurefrance.fr/2016/09/19/la-voiture-toujours-au-c%C5%93ur-de-la-mobilit%C3%A9/

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