Une perspective sur l'avenir de la mobilité urbaine : Rapport MCKINSEY

Un certain nombre de tendances sociales, économiques...

...et technologiques vont perturber la mobilité, créant  de nouveaux modèles urbains d'ici 2030.

 

La mobilité est plus que jamais facteur de prospérité

 

La ville est faite de mobilité, c’est avant tout un monde en mouvement. Les trains, taxis, camions, piétons, deux roues, voitures, bus, cars sont en mouvement permanent. La mobilité est la pierre angulaire de nos villes et est indispensable à la vie urbaine (elle l’est aussi bien sûr pour les autres territoires, même s’ils sont insuffisamment denses).

 

La mobilité a un rôle économique – favorisant la croissance et l’emploi – car elle fournit les biens et les services qui sont à la base de la vie économique et assurent une accessibilité des entreprises et habitants. La mobilité est importante pour les habitants, que ce soit pour le travail, l’éducation, la culture, les amis, la santé, la nature, et l’ensemble des services.

 

C’est la conviction de notre Think tank qui prend également en considération les autres réseaux et infrastructures, et les services indispensables à l’économie des territoires.

 

Une mobilité qui, croissante, doit être développée et améliorée

 

Pourtant, notre désir de mobilité a des conséquences : les villes peuvent être bruyantes, congestionné, et sujettes au smog. Trop de résidents urbains passent des heures bloqués dans la circulation. Personne ne peut échapper à la pollution atmosphérique.

 

En relativement peu d’endroits, la réalité de ce qui est disponible correspond aux aspirations du public avec des moyens sûrs, propres, fiables et abordables.

 

Des changements sont amorcés avec de nouveaux modèles d'affaires, tels que Uber et Didi Chuxing, qui bouleversent les mobilités traditionnelles. Des innovations technologiques (électrification, connectivité et autonomie) pointent à l'horizon. L'urbanisation croissante modifie les conditions du changement.

 

La mobilité est un facteur de bien-être et d’attractivité pour une ville

 

Obtenir une bonne mobilité représente un avantage concurrentiel important pour les villes. C'est aussi l'occasion d'améliorer la qualité de la vie quotidienne des personnes. Les objectifs environnementaux - impératifs -  ne peuvent se suffire à eux-mêmes. Ces éléments devraient être pris en compte en France et singulièrement à Paris.

 

Plus globalement, les perspectives et enjeux décrits par ce rapport doivent d’urgence conduire les parties prenantes de ce que nous appelons au sein du Think tank « l’écosystème des mobilités » à étudier les risques et opportunités, à définir une vision, à établir des objectifs et à mettre en place les actions et politiques associant privé public usagers.

 

(La question des zones périphériques des zones urbaines devra impérativement être prise en compte en même temps : les villes attirent et créent du développement, elles excluent aussi et assèchent les territoires)

 

Quel sera donc l'avenir de la mobilité urbaine ? : le « Rapport Bloomberg New Energy Finance McKinsey livre sa vision

 

Ce nouveau rapport cherche à répondre à cette question. Pour ce faire, il explore comment un certain nombre de tendances sociales, économiques et technologiques existantes vont contribuer à perturber la mobilité au niveau local.

 

Des changements radicaux

 

Il en résulte un avenir radicalement différent autour de trois modèles de mobilité urbaine avancés réalisables d'ici 2030. Inévitablement, les villes prendront des décisions différentes, basées sur des conditions locales spécifiques, et iront vers des directions différentes - et, globalement, les systèmes de mobilité seront - en 2030 - plus variés qu’aujourd'hui.

 

Pour les rédacteurs du rapport, le voyageur individuel est au cœur de cette évolution, de sorte que les consommateurs devront être ouverts à l'adoption de nouvelles technologies et de nouveaux services. Cependant, les secteurs public et privé auront des rôles à jouer en préparant le terrain.

 

Prévoir l'avenir est périlleux

 

De nombreuses tendances, allant de la décentralisation de l'énergie à l'Internet des objets, sont susceptibles de se conjuguer pour créer des changements radicaux dans les systèmes de mobilité au cours des 10 à 15 prochaines années.

 

Plusieurs tendances clés de mobilité (électrification, mobilité partagée et autonomie) sont prêtes à décoller. Les coûts d'une batterie au lithium-ion ont chuté de 65 pour cent de 2010 à 2015, et ils devraient tomber en dessous de 100 $ le kilowatt-heure au cours de la prochaine décennie. Les services de covoiturage et de téléphérique sont déjà actifs dans des centaines de villes du monde. Des entreprises et des start-ups comme nuTonomy et Zoox, testent les capacités d'auto-conduite, dans le but de fournir des voyages porte-à-porte, sans intervention humaine.

 

Par ailleurs, d’autres tendances se renforcent mutuellement dans des domaines connexes. On s'attend à ce que l'urbanisation augmente la densité moyenne des villes de 30 pour cent au cours des 15 prochaines années, étirant les systèmes existants à mesure que la demande augmente. Les planificateurs urbains et les résidents mettent l'habitabilité et le développement durable parmi leurs priorités. Une connectivité accrue ouvre la porte à de multiples options de mobilité partagée et pourrait également contribuer à fluidifier les flux de trafic.

 

Considérée isolément, chacune des tendances est importante. Leurs impacts combinés, cependant, se révéleront vraiment puissant. Par exemple, une plus grande mobilité partagée pourrait stimuler les ventes de véhicules électriques (VE) parce que les véhicules partagés sont utilisés de façon plus intensive, ce qui améliore l'aspect économique de la propriété. À son tour, une production plus élevée pourrait accélérer l'innovation et réduire le coût des piles.

 

Cela ouvre des applications dans les systèmes adjacents, tels que le stockage distribué. Et le coût en baisse de la production d'électricité distribuée pourrait améliorer le potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre des véhicules électriques.

 

L'avenir de la mobilité dans trois modèles

 

Aujourd'hui, un petit nombre de villes, comme Amsterdam, Singapour et Stockholm, sont désignées comme ayant une mobilité efficiente. Ils disposent de transports en commun efficaces, favorisent le cyclisme et la marche et ont réussi à limiter la congestion et la pollution. D'ici 2030, on peut prévoir que d’autres villes soient à la pointe de la prochaine phase de la mobilité avancée.

 

En résumé, les meilleurs combineront la mobilité partagée, l'autonomie et l'électrification avec des systèmes énergétiques intégrés, des transports publics et des infrastructures. Les villes navigueront dans ces possibilités différemment. Les conditions locales - telles que la densité de la population, la richesse, l'état des infrastructures routières et de transport en commun, les niveaux de pollution et de congestion et les capacités de gouvernance locale - détermineront les changements et leur rapidité.

 

Le rapport décrit trois trajectoires de mobilité, avec des tendances telles que le partage, la conduite autonome, et l’électrification qui se développeront à des rythmes différents, en fonction des spécificités :  région métropolitaine, ville développée dense, un étalement de banlieue, métropole émergente.

 

Première trajectoire : « Propre et partagée »

 

Delhi, Mexico City et Mumbai sont des exemples de régions métropolitaines densément peuplées dans les pays en développement. Ils connaissent tous une urbanisation rapide et souffrent tous de congestion et de mauvaise qualité de l'air. Pour elles, l'utilisation large de voitures autodirigées peut ne pas être une option à court ou à moyen terme, en raison de la mauvaise infrastructure, l'interférence des piétons.

 

L'approche la plus susceptible de s'appliquer est le passage à un transport plus propre, sous forme d'EV, tout en limitant les véhicules privés, en optimisant la mobilité partagée et en élargissant le transport en commun. Conjointement avec une certaine connectivité et autonomie, les flux de trafic et la sécurité pourraient être améliorés. Si les villes asiatiques évoluent vers ce modèle, d'ici 2030, les véhicules partagés pourraient représenter près de la moitié des passagers rapportés à la distance, en raison de l’accroissement du nombre de passagers par voyage.

 

Le second scenario fait une place important au véhicule privé : » l'autonomie privée »

 

Le rapport évoque les espaces routiers dédiés aux véhicules autonomes. La connectivité pourrait faciliter l'implémentation de redevances d'encombrement axées sur la demande, ce qui pourrait accroître la capacité routière tout en limitant les nouvelles constructions. Le covoiturage et le transport en escale pourraient apparaître comme des options complémentaires, mais ne remplaceraient pas la voiture privée à grande échelle.

 

Ce scénario présente un inconvénient : avec des coûts marginaux plus bas pour parcourir un mile supplémentaire dans un EV, et sans nécessiter l'attention du conducteur grâce à l'autonomie, la demande de mobilité pourrait augmenter et donc augmenter la congestion. Les voyages/passagers pourraient augmenter de 25% d'ici à 2030, la majorité attribuable à des déplacements autonomes supplémentaires dans des véhicules privés.

 

Le scenario de la mobilité sans faille

 

Celui-ci est susceptible d’émerger dans les villes densément peuplées, à haut revenu comme Chicago, Hong Kong, Londres et Singapour.

 

Dans ce système, la mobilité est principalement à la porte et à la demande. Les voyageurs ont de nombreuses façons de circuler, propres, bon marché et souples, et les frontières entre les transports privés, partagés et publics sont floues. La mobilité est assurée par une combinaison d'auto-conduite et de véhicules partagés, avec un réseau de transport en commun de grande qualité. Les VE deviennent de plus en plus fréquents, stimulés par l'économie, l'intérêt des consommateurs, les incitations et la création de zones à faibles émissions. Et tout cela est possible grâce à l'utilisation de plates-formes logicielles intelligentes qui gèrent les flux de trafic multimodaux et fournissent la mobilité en tant que service.

 

Dans un système de mobilité sans faille, les gens pourraient potentiellement voyager plus - probablement de 20 à 50 pour cent - car il est bon marché et facile. Toutefois, le nombre de voitures demeurerait probablement le même ou diminuerait, en raison du niveau élevé de partage et d'une utilisation nettement plus élevée. Les véhicules électriques pourraient représenter jusqu'à deux tiers des véhicules sur la route, alors que ceux qui sont capables de conduire seuls peuvent dépasser 40%.

 

Effets combinés

 

Combinés, ces trois modèles pourraient s'appliquer à une cinquantaine de zones urbaines à l'échelle mondiale - représentant environ 500 millions de personnes -, mais la majorité des villes devraient se développer de façon plus progressive. Les facteurs seront le revenu, la population, l'efficacité du gouvernement, le niveau de développement du transport en commun, la congestion et la pollution.

 

Chaque modèle peut offrir des avantages importants, comme gagner du temps, réduire la congestion et améliorer la qualité de l'air. Le rapport a quantifié les avantages sociétaux cumulatifs possibles de chaque modèle jusqu'en 2030 : 2 800 $ par personne pour le programme Propre et partagé, principalement sous la forme d'une meilleure sécurité ; 3 300 $ pour l'autonomie privée (en augmentant de 0,9% le PIB de 2030) ; Et 7 400 dollars par personne pour une mobilité sans faille (ce qui représente une augmentation de 3,9% du PIB de 2030).

 

Des enjeux nouveaux pour le public et le privé

 

Pour tirer pleinement parti de ces avantages et éviter les pièges, les secteurs public et privé devraient travailler ensemble et des enjeux nouveaux se présentent : le partage et l'autonomie pourraient cannibaliser les systèmes de transport public, les villes peuvent réfléchir à transférer partiellement la propriété à des fournisseurs privés de mobilité partagée, les gouvernements pourraient aussi vouloir revoir la taxation des carburants et de l'électricité et profiter de l'occasion de la connectivité pour revoir la façon dont l'infrastructure est tarifée.

 

Des changements attendus dans d’autres secteurs

 

Ces nouveaux modèles de mobilité nécessiteront également un certain nombre de secteurs pour réfléchir sérieusement afin de trouver de nouvelles opportunités et d'éviter certains risques majeurs. Dans le secteur de l'électricité, par exemple, les EV pourraient représenter 3% de la demande d'électricité à l'échelle mondiale et près de 4% en Europe, d'ici 2030. Les véhicules électriques pourraient également jouer un rôle dans la réduction des compressions à mesure que la production d'énergie solaire photovoltaïque et d'énergie éolienne offshore augmente.

 

Le secteur de l'automobile fait face à un avenir qui pourrait être fondamentalement différent de son passé et a peut-être besoin d'envisager de passer d'un modèle de propriété de produit pur à celui de   fourniture d’une gamme de services de transport. EVs, bien sûr, sont une menace directe pour le moteur à combustion interne. Les détaillants d'essence devraient réfléchir à la façon de monétiser davantage les actifs actuels et à la façon de saisir la valeur future grâce à de nouvelles initiatives concernant la vente au détail, la voiture connectée, les services de flotte et la tarification électrique.

 

Pour les entreprises de technologie, les trois modèles de mobilité offrent un monde d'opportunités. Comme l'utilisation de la connectivité et l'autonomie augmente, il en va de même pour les capteurs et les logiciels. Les données générées pourraient être très précieuses en soi.

 

Vers l'avenir

 

Dans les villes de Tokyo à Vancouver, la réalité de la mobilité changeante est déjà apparente. D'autres changements sont à venir. Ces changements permettront aux gens de voyager plus efficacement, à moindre coût, plus souvent et de façon différente. Mais l'avenir n'est pas fixé, et les secteurs public et privé ont un rôle important à jouer pour éviter les pièges associés à une congestion accrue, à des problèmes de qualité de l'air et à d'autres résultats négatifs potentiels.

 

Des partenariats public/privé

 

Pour mieux tirer parti des avantages, le secteur public et le secteur privé - au niveau local et mondial - doivent se préparer à l'avenir et non pas attendre. Les gouvernements peuvent vouloir anticiper ces nouveaux modèles de mobilité en élaborant des règlements conformes aux développements technologiques conviviaux qui favorisent aussi les objectifs publics plus larges, tels que l'air pur et la congestion réduite. Ils doivent réfléchir à l'avenir, à la fois pour remplacer la perte éventuelle de recettes provenant de la taxe sur les carburants et pour revoir leur lien avec le secteur privé. Des partenariats solides qui facilitent le mélange du transport en commun et de la mobilité privée produiront vraisemblablement les meilleures solutions.

 

Pourquoi est-ce important ? Parce que la mobilité pourrait être un avantage concurrentiel significatif pour les villes. Ce changement peut aider à dégager l'air de la pollution et de réduire les morts de la circulation. C'est l'occasion d'améliorer la qualité de la vie quotidienne pour des milliards de personnes.

 

Jean Armand

 

 

 

QUELQUES FAITS ET PERSPECTIVES;

 

 

D’après les résultats de cette enquête, la densité de la population au sein des villes devait augmenter de 30 % d’ici une quinzaine d’années. En 2030, les métropoles vont donc accueillir 60% de la population mondiale. Cette situation place la mobilité comme l’un des enjeux majeurs auxquels les cités devront faire face.

 

Traditionnellement, le transport et l’énergie sont tributaires du marché du pétrole, et ce dernier fragilise la stabilité économique. Consciente du risque de la dépendance pétrolière, l’industrie de l’automobile s’est tournée depuis quelques années vers des énergies alternatives.

 

Actuellement, les voitures électriques connaissent un succès encourageant : la vente de ces véhicules a été multipliée par huit en cinq ans pour atteindre les 448 000 unités vendues en 2015. Les voitures hybrides ont parfaitement joué leur rôle de transition vers les énergies alternatives. À l’heure actuelle, plusieurs constructeurs automobiles se sont spécialisés dans les véhicules électriques. C’est notamment le cas de Tesla qui fait figure de proue, mais Renault a lui aussi investi massivement dans ce secteur avec la Twizy et la ZOE. Nissan a préféré pour sa part capitaliser sur les moteurs hybrides en les étendant à l’ensemble de sa gamme.

 

La démocratisation des technologies nomades a favorisé l’émergence de plusieurs services axés sur la mobilité. Les plus représentatifs d’entre eux sont Uber, Blablacar ou encore Zipcar. Ils rencontrent un franc succès depuis leur lancement et ils sont également parvenus à s’attirer la confiance des investisseurs. Preuve en est, depuis le début de l’année, plus de 20 milliards de dollars ont été investis dans ces solutions. Selon l’étude, cette tendance forte devrait se poursuivre dans les années à venir.

 

Les géants IT s’intéressent de plus en plus aux véhicules autonomes. Tesla a récemment présenté une nouvelle version de son Autopilot, mais il n’est pas le seul à avoir investi dans ce secteur. Google compte lui aussi se faire une place sur le marché et Uber lui-même a manifesté son intérêt pour ces technologies. L’étude de Bloomberg et McKinsey insiste lourdement sur ce point. D’après elle, combinés aux services de mobilité, les véhicules autonomes devraient redéfinir le paysage du transport urbain en 2030. Mieux, en 2020, leur coût d’utilisation partagé devrait rejoindre celui des transports en commun.

 

Cette migration vers les énergies alternatives va nécessairement amener des changements. Le paysage urbain s’en trouvera d’une manière ou d’une autre affecté : multiplication de bornes de recharge, création d’aires de stationnement dédiées, construction d’infrastructures réservées. Si ce n’est pas encore flagrant, certains pays ont déjà entamé le changement notamment avec l’installation de bornes de recharge. La France en compte actuellement 13 000, mais ce nombre devrait atteindre les 50 000 d’ici 2020.

 

J.A.

 

LE RAPPORT
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