Industrie : les propositions du patronat » (9°)

Le GFI – Groupe des Fédérations Industrielles - a présenté à la presse son Livre blanc pour renforcer la compétitivité des entreprises industrielles, accélérer leur montée en gamme et accroître l’attractivité du territoire France. Les industriels formulent 16 propositions...

…pour porter l’industrie manufacturière à 15% du PIB français d’ici à la fin du prochain quinquennat, en 2022.

 

 

 

Philippe DARMAYAN, Président du GFI, analyse les grands enjeux industriels à venir : après 15 ans de déclin de l’industrie en France, la chute semble enrayée, mais malgré la récente amélioration de certains indicateurs de compétitivité comme le coût du travail industriel (38.2 €/h), le taux de marge des entreprises (36.5%) ou la reprise de l’investissement industriel, il constate que le rebond est fragile. C’est pourquoi il appelle à la mutation de notre système économique et social vers un modèle plus entrepreneurial, plus responsable et durable, et plus flexible.

 

 

 

« Pour réussir cette mutation, je propose un Nouveau consensus, basé sur une vision partagée des enjeux et une mobilisation collective des acteurs économiques et sociaux. Il doit mobiliser les industriels sur la conquête des marchés, la compréhension des transitions que nous vivons et de nouvelles flexibilités, et appelle l’Etat à une forte ambition en matière de politique publique incitative. Un cap lisible doit être fixé, permettant le rétablissement d’un écosystème favorable à l’industrie, car il n’y aura pas d’économie forte et de plein emploi sans industrie forte » a déclaré Philippe DARMAYAN.

 

 

 

C’est par cette mobilisation générale que les Fédérations industrielles membres du GFI fixent l’objectif de porter l’industrie manufacturière à 15% du PIB français d’ici 2022. Pour l’atteindre, le GFI formule 16 propositions en matière de Travail & compétences, Fiscalité & investissement, d’Innovation, de Simplification, d’Environnement & d’Energie, de Politique européenne intégrée et d’Internationalisation des PMI et ETI industrielles.

 

 

 

L’industrie dispose de puissants leviers agissant sur la croissance potentielle (productivité, innovation, export), et d’une capacité d’entraînement démontrée sur l’économie nationale et sa projection sur les marchés internationaux. Son affaiblissement réduit mécaniquement le socle fondamental de la formation, de la recherche, et de l’innovation, et induit également la dégradation d’autres secteurs économiques, dont les services. « Le renforcement d’un appareil manufacturier, modernisé et à fort contenu de services, est un levier majeur dont la France dispose pour rééquilibrer sa balance commerciale, se désendetter, créer des emplois qualifiés, et redonner à sa jeunesse un projet pour l’avenir » a également déclaré Philippe DARMAYAN.

 

 

 

Nous reproduisons ici  le texte des propositions du GIF

 

 

 

Jean Armand

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici le texte des propositions du GIF

 

22 septembre 2016

 

 

 

 

 

1.     Réduire le coût du travail manufacturier.

 

 

 

Proposition 1 : Poursuivre l’allègement des charges pesant sur les salaires en visant à terme un alignement du taux de ces prélèvements sur la moyenne européenne.

 

 

 

Modalités :

 

 

 

    Convertir le CICE en baisse de cotisations sociales.

 

    Prévoir un dispositif complémentaire ciblé sur l’allègement des salaires supérieurs à 2.5 SMIC, favorisant la compétitivité, l’emploi qualifié et la montée en gamme de l’offre industrielle française.

 

 

 

 

 

2.     Dynamiser le marché de l’emploi en instaurant de nouvelles flexibilités.

 

 

 

Proposition 2 : Par un dialogue social modernisé, élargir les actuels Accords de Maintien dans l’Emploi vers des « Accords de compétitivité offensifs », permettant à toute entreprise qui le souhaite de négocier en son sein, à la fois l’organisation du travail, le niveau salarial, et l’emploi, via des accords majoritaires s’imposant aux contrats de travail.

 

 

 

Proposition 3 : Adapter la formation professionnelle initiale et continue aux besoins de l’Industrie de demain, et accroître l’efficacité du dispositif actuel en clarifiant les responsabilités respectives de ses acteurs :

 

    Entreprises, pour former leurs salariés.

 

    Etat au plan national et territorial, pour former les demandeurs d’emplois.

 

    Branches, pour former les jeunes en alternance, et réduire le décrochage scolaire qui produit en France 130.000 jeunes par an sans qualification, sans diplôme et sans emploi.

 

 

 

Modalités :

 

 

 

    Accroître l’attractivité et la valorisation des métiers de l’industrie, source d’emplois qualifiés dans les territoires, en approfondissant la réforme de la formation professionnelle, notamment en confortant l’alternance et en particulier l’apprentissage, dispositifs efficaces pour l’insertion des jeunes à tous les niveaux de compétences (de l’opérateur à l’ingénieur).

 

    Placer les entreprises au cœur du dispositif, en liaison plus étroite avec l’Education nationale, au plan national et régional, pour l’évaluation des besoins par les branches, la définition des formations et le contenu des diplômes, la modernisation de la dénomination des métiers, et avec les Régions, pour établir la carte des formations.

 

    Rapprocher Entreprises et Education nationale : faire progresser l’apprentissage, agir sur l’orientation des jeunes, viser un objectif de doublement du nombre d’apprentis.

 

    Mieux accompagner les jeunes apprentis dans leur parcours scolaire, professionnel et personnel (filières de préapprentissage, tutorat, conditions de vie matérielle notamment redéploiement des allocations transports/hébergement/restauration…).

 

    Rationaliser la gouvernance et le financement du système d’apprentissage pour favoriser l’engagement des entreprises : simplification des procédures administratives, liberté d’affectation de la taxe d’apprentissage pour mieux cibler les besoins (suppression de la fraction régionale…), extension de la prime à l’apprentissage aux entreprises de plus de 10 salariés, regroupement des aides à l’embauche d’apprentis.

 

 

 

3.     Réduire la fiscalité de production qui pénalise les moyens de production avant la création de richesse.

 

 

 

Proposition 4 : La fiscalité pesant directement sur les facteurs de production est une anomalie purement française au sein de l’UE, elle représente un différentiel de charges de 38 Mrds ¤ entre la France et l’Allemagne. Elle pèse en France selon les filières industrielles entre 6 et 10% de la valeur ajoutée totale : il faut la réduire fortement pour libérer la création de richesses et accroître ainsi l’autofinancement pour la Recherche et l’Investissement productif.

 

 

 

Modalités

 

 

 

    Viser en priorité une réduction de la fiscalité locale, qui s’est accrue bien au-delà de l’inflation entre 2011 et 2016.

 

    Réformer les règles locales d’assiette de calcul des principaux impôts locaux qui sont autant de prélèvements défavorables au foncier industriel : créer un abattement de 30% sur la taxe foncière (TF) des établissements industriels, comme il existe pour la taxe d’occupation (CFE). En effet, l’assiette de taxation qu’est la valeur d’acquisition des sites industriels ne reflète plus aujourd’hui la création de valeur de l’industrie.

 

    Encadrer la CVAE dont la forte progression reconstitue l’ex taxe professionnelle.

 

    Limiter le nombre de collectivités habilitées à lever l’impôt local.

 

    Établir à l’horizon 2022 une trajectoire de suppression des 100 « petites taxes » à très faible rendement (pointées par l’IGF en 2015).

 

    Poser un moratoire sur toutes nouvelles taxes.

 

 

 

Proposition 5 : La fiscalité environnementale française (énergétique et écologique) connaît une forte inflation depuis 10 ans, dans un contexte d’alourdissement continu de la fiscalité générale. Avec officiellement 2.1 points de PIB (dont 1.6 point pour la seule fiscalité énergétique), la France semble se classer modestement au sein des pays de l’UE (42 Mrds € pour les entreprises et les ménages). Mais son niveau réel est bien supérieur (51 Mrds ¤) et même un des plus élevés d’Europe, loin devant celui de l’Allemagne, si on ajoute à la fiscalité habituellement comptabilisée par Eurostat, les multiples redevances, taxes, éco-contributions (REP), ainsi que les coûts liés à la surrèglementation environnementale française.

 

 

 

Son effet d’affaiblissement sur la compétitivité des entreprises, notamment industrielles, fragilise l’emploi dans de nombreux sites présents sur les territoires.

 

 

 

La fiscalité environnementale est un outil de politique publique utile s’il est juste, équitable et s’il vise à verdir les décisions des entreprises, mais pas à équilibrer le budget de l’Etat.

 

 

 

Cette « fiscalité verte » doit être définie dans cet esprit, avec les fédérations industrielles qui ont largement démontré la responsabilité écologique des industries qu’elles représentent.

 

 

 

Modalités :

 

 

 

    Stabiliser le dispositif en gelant toute création de nouvelle taxe environnementale.

 

    Exempter les opérateurs efficients, notamment les sites industriels ayant atteint par leurs efforts, les « benchmarks » préconisés par l’Etat ou l’Union Européenne.

 

    La moduler spécifiquement pour les TPE-PME exposées à la concurrence internationale (par exemple via un plafonnement en pourcentage de la valeur ajoutée).

 

    Mieux en cerner les effets par des études d’impact sectorielles précises.

 

 

 

4.     Relancer l’investissement productif pour moderniser le parc industriel, accroître le nombre d’ETI, et alléger la fiscalité sur le capital.

 

 

 

Proposition 6 : Le basculement du CICE en baisse de cotisations et la réduction de la fiscalité de production sont des mesures prioritaires car elles ont un impact rapide sur la compétitivité. Ces mesures entrainent une hausse mécanique du résultat des entreprises qui libèrent ainsi une ressource favorisant l’autofinancement des entreprises.

 

 

 

Abaisser le taux d’imposition sur les sociétés (IS) à 25 % d’ici à 2020, puis poursuivre la réduction pour rejoindre à terme la moyenne de l’Union européenne (22 %), selon une trajectoire basée sur un calendrier prévisible, permettrait donc d’améliorer l’attractivité du territoire français.

 

 

 

Proposition 7 : Abaisser la fiscalité du capital pour encourager les investisseurs financiers. L’alignement de la fiscalité du capital sur la fiscalité du travail a surfiscalisé le capital et ses revenus, dissuadé l’investissement, affaibli la capacité de financement des entreprises françaises, et compliqué leur transmission entre générations.

 

 

 

Modalités

 

 

 

    Réorienter la fiscalité des ménages, trop axée sur l’investissement défensif (immobilier, fonds euro…), afin d’inciter plus fortement l’allocation de leur épargne vers l’investissement productif.

 

    Plus-values mobilières : moduler leur fiscalité via une « flat tax modérée », sans application de prélèvements sociaux (PS), en lieu et place du barème de l’impôt sur le revenu (IR) entre 2 et 8 ans de durée de détention, avec exonération complète (IR et PS) au-delà de 8 ans de détention.

 

    Dividendes : rétablir une fiscalité forfaitaire modérée rémunérant le risque, sans prélèvements sociaux ni « surtaxe ».

 

    Faciliter la transmission d’entreprises, PME et ETI :

 

        Supprimer l’impôt sur la fortune (ISF) : il freine la transmission des PME et ETI par leurs dirigeants, et vu la faiblesse actuelle des taux d’intérêts, son niveau est confiscatoire, dépassant 100% des revenus du capital,

 

        Favoriser la création de Fondations de transmission à l’instar des FamilienStiftungen allemandes : leur fiscalité adaptée protégerait le capital et la gouvernance familiale, et favoriserait le développement d’ETI à partir du tissu de PME.

 

 

 

5.     Moderniser notre outil industriel via la Recherche et l’Innovation, en alliant les technologies avancées, le numérique et les services associés.

 

 

 

Proposition 8 : Valoriser les dispositifs les plus efficaces en matière de R&D et de production d’innovation, dans les territoires.

 

 

 

Modalités :

 

 

 

    Sanctuariser le Crédit Impôt Recherche (CIR), réactiver le Crédit Impôt Innovation (C2I).

 

    Concentrer les dispositifs transversaux comme le Programme d’Investissement d’Avenir (PIA) sur des priorités nationales structurantes (via des logiques de projets organisant plus de fluidité entre Recherche publique et privée), accélérer son cycle d’exécution, simplifier ses processus pour faciliter l’appropriation par les PME-ETI, et éviter toute substitution budgétaire.

 

    Concentrer les soutiens publics de l’Etat vers les Pôles de Compétitivité alignés sur les priorités de la Nouvelle France Industrielle, recentrer ces pôles sur leur mission amont de « fabrique de projets innovants », et contractualiser leurs missions aval (mise en marché, financement, export…) avec des opérateurs spécialisés, publics et privés.

 

    Accroître le recours aux dispositifs européens (Horizon 2020, Eureka…) en simplifiant leurs processus pour les rendre plus accessibles aux PME et ETI.

 

    Établir un cadre favorable au développement des talents (scientifiques, ingénieurs de haut niveau,), de l’entrepreneuriat (soutien aux écosystèmes incubateurs de startups technologiques, au capital-risque…), et soutenir le développement des nouveaux lieux de diffusion de la technologie (fab labs,).

 

 

 

Proposition 9 : La reconnaissance de la science et de la technologie comme facteurs de progrès de nos sociétés est une garantie importante de cohésion sociale. A ce titre, il convient d’équilibrer le Principe de Précaution, constitutionnel, pour redonner à la société française une meilleure capacité d’appréciation du risque et de l’incertitude.

 

 

 

Plus que l’usage juridique de ce principe, c’est son invocation abusive par quelques-uns pour contester certaines technologies, ou son application maladroite par les autorités publiques, qui sont sources de perturbations pour les entreprises, voire un frein au progrès.

 

 

 

Innovation et Précaution sont les deux versants d’une même ambition : le développement économique responsable. Sans nier la vigilance nécessaire sur tout type de progrès, les autorités publiques pourraient garantir un principe d’Innovation comme le droit pour tout opérateur économique ou de recherche, de développer des produits, procédés, services, modes d’organisation ou usages nouveaux améliorant l’offre disponible sur le marché. Cette garantie consacrerait le rôle fondamental des créateurs dans la production de richesse.

 

 

 

Proposition 10 : Accompagner la numérisation des PMI et ETI industrielles via des approches par Projets collectifs. Pérenniser notamment le programme Industrie du Futur qui mobilise les fédérations industrielles et des organismes de Recherche et d’Enseignement supérieur. Amplifier les initiatives de l’Alliance Industrie du Futur, son outil opérationnel.

 

 

 

Modalités :

 

 

 

    Accroître la performance des PMI & ETI industrielles en déployant auprès de leurs dirigeants, dans les territoires et dans les filières, un diagnostic stratégique source d’excellence opérationnelle (sur le plan technologique, environnemental, social et organisationnel), et soutenir la mise en oeuvre de programmes d’investissements productifs pour assurer la montée en puissance et en gamme, de l’offre industrielle.

 

    Diffuser via un réseau de démonstrateurs, les technologies, les processus numériques et accroitre leur dimension « services » : digitalisation de la chaîne de valeur, automatisation/robotique, fabrication additive, monitoring/contrôles, matériaux composites, virtualisation/objets connectés, efficacité énergétique, logistique…

 

    Promouvoir l’offre technologique française à l’international (sites vitrines, salon Industrie du Futur à Paris…), et soutenir une industrie numérique « made in France ».

 

    Accélérer la normalisation internationale, notamment au plan européen.

 

    Faire évoluer les métiers et les compétences des personnels par la formation professionnelle et l’innovation sociale.

 

 

 

6.     Accélérer la simplification de la réglementation.

 

 

 

Proposition 11 : Simplifier le stock de réglementations, législations et normes ne suffit plus ; c’est désormais sur le flux de production réglementaire, qui se poursuit et s’amplifie, qu’il faut porter l’action en France, et en Europe puisque les Directives et Règlements européens font aussi l’objet de sur-applications.

 

 

 

Modalités :

 

 

 

    Limiter toute sur-transposition des textes européens en droit français.

 

    Restreindre la création de dispositions réglementaires françaises portant sur des secteurs déjà couverts par une réglementation européenne.

 

    Réformer le processus national de production réglementaire et législative :

 

        Renforcer les études d’impact préalables afin de calculer l’effet bénéfique réel sur la croissance de toute nouvelle disposition légale.

 

        Généraliser les expérimentations permettant de nouvelles formes de régulations plus innovantes et collaboratives.

 

        Favoriser de nouvelles formes de régulations (« soft Law ») associant les décideurs publics et privés : chartes d’autodiscipline, démarches volontaires, incitations, contractualisation, partenariats public-privé, expérimentation…

 

        Réduire le nombre des canaux autorisés à produire de la réglementation.

 

    Achever la décentralisation en supprimant la dualité entre administrations de l’Etat déconcentré et administrations des Territoires, sources de doublons et de complexité.

 

 

 

7.     Réussir la transition énergétique vers une « Industrie bas carbone », source de compétitivité et d’emplois industriels.

 

 

 

Proposition 12 : Compétitivité industrielle et transition écologique et énergétique sont deux enjeux indissociables et conciliables. La transition énergétique est un des leviers pour préserver la planète, elle doit être également source de croissance durable vers une économie circulaire pour laquelle les industriels apportent des solutions technologiques aux défis climatiques, énergétiques et écologiques.

 

 

 

Modalités :

 

 

 

    Bâtir une politique énergétique française intégrant les enjeux européens, mais dotée des objectifs spécifiques suivants :

 

        Viser un système énergétique français (mix, réseaux,) garantissant un prix compétitif de l’énergie,

 

        Mettre en mouvement vers l’économie bas carbone l’ensemble des secteurs productifs, aux côtés de l’industrie : bâtiment, transports et agriculture,

 

        Aménager les objectifs de transition énergétique pour les rendre soutenables pour l’économie française, et compatibles avec le développement d’un tissu industriel fort sur son territoire, porteur de croissance et d’emplois à haute valeur ajoutée.

 

    Réaliser une étude d’impact approfondie sur les conséquences de la transition énergétique, et quantifier les besoins de financement qu’elle induit.

 

    Soutenir les engagements volontaires des filières industrielles en faveur de l’économie circulaire, synonyme de progrès collectif pour la préservation des ressources naturelles. Promouvoir le développement de Projets pouvant faire l’objet d’une contractualisation entre industriels, collectivités locales, associations, et Etat. Par une réglementation sobre, lisible, concertée et stable, l’Etat doit garantir un environnement propice au développement de ces Projets répondant aux nouveaux modes de production et de consommation du XXIème siècle.

 

 

 

Proposition 13 : A l’instar du dialogue social entre partenaires sociaux, encadré en France par la Loi, structurer le dialogue environnemental sur la base de critères objectifs de représentativité (notamment pour les ONG environnementales) et articuler ses enjeux avec la politique industrielle.

 

 

 

Modalités :

 

 

 

    Établir un rapport plus équilibré entre les parties prenantes pour ne plus systématiquement stigmatiser et marginaliser les représentants des producteurs, premiers acteurs et apporteurs de solutions pour la transition environnementale (par exemple en révisant la composition du Conseil National de la Transition Ecologique).

 

    Regrouper les portefeuilles de l’Industrie et de l’Energie au sein d’un grand Ministère économique de plein exercice : la politique énergétique est un élément essentiel de la compétitivité de l’industrie française. Ce récent découplage ministériel a trop longtemps disjoint les enjeux de production industrielle, des enjeux énergétiques qui sont pourtant au cœur de la performance des filières industrielles, qu’elles soient « énergie-intensives » ou utilisatrices régulières d’énergies primaires ou secondaires.

 

 

 

8.     Promouvoir une politique européenne intégrée et compétitive assurant aux industriels un « level playing field » européen et international.

 

 

 

 L’industrie a besoin de plus d’Europe, et l’Europe a besoin de plus d’Industrie : en s’appuyant sur le moteur franco-allemand, la France doit soutenir dès 2017 un projet ambitieux pour une Europe industrielle, qui améliore la compétitivité de ses entreprises, favorise l’innovation et donne à son industrie les moyens de réussir sa transition climatique et énergétique, et sa révolution Numérique.

 

 

 

Proposition 14 : Travailler à l’échelle européenne pour apporter des réponses concrètes et une gouvernance collective aux défis majeurs des transitions Climat-énergie et Numérique.

 

 

 

Climat-énergie :

 

La politique climatique européenne doit tenir compte des efforts des grandes régions émettrices, préserver la compétitivité des industries exposées au risque de fuite de carbone et soutenir le développement de technologies bas carbone.

 

 

 

Elle doit ainsi passer par :

 

 

 

    Un système européen d’échange de quotas d’émission (ETS) lisible et prévisible, assurant un signal-prix incitant aux investissements industriels visant à réduire les émissions de CO². Ce système doit s’aligner sur l’objectif de redressement de l’Industrie européenne visant à atteindre 20% du PIB de l’UE d’ici 2025. Les installations sous ETS à hauteur de leur benchmark sectoriel, doivent avoir la garantie de recevoir 100% des allocations gratuites associées,

 

    Une coordination européenne des politiques énergétiques nationales dans un objectif de soutenabilité et de compétitivité (en particulier pour les secteurs énergie-intensifs exposés à la concurrence internationale, pour lutter contre les « fuites de carbone »), et de sécurité d’approvisionnement en matières premières et en énergie. Limiter à ce titre les engagements unilatéraux émanant d’Etats membres,

 

    Un soutien au développement des technologies bas carbone en Europe, sur le long terme.

 

 

 

Numérisation de l’industrie et de l’énergie :

 

 

 

Le développement rapide du contenu digital des secteurs de l’industrie et de l’énergie offre des possibilités nouvelles aux utilisateurs : niveau croissant d’automatisation et de contrôle dans la gestion des processus, logiciels et des analyses massives de données (big data) pour plus d’efficacité globale, capacité pour les industriels et les consommateurs de gérer leurs consommations d’énergie, d’optimiser leurs émissions carbonées et d’améliorer leur performance environnementale.

 

 

 

A l’échelle européenne, la transition technologique vers une Industrie du Futur passe par la mise en place :

 

 

 

    D’un environnement favorable en termes de connectivité, de développement des infrastructures optiques fixes et mobiles (fibre), de standards liés aux TIC, et de cybersécurité,

 

    D’une vigilance en termes de souveraineté vis-à-vis du nombre restreint de fournisseurs non européens dominant le marché actuel, et d’un soutien au déploiement d’une offre européenne de solutions numériques.

 

 

 

Proposition 15 : Promouvoir un cadre politique et réglementaire européen pour la compétitivité industrielle qui combine soutien aux investissements, volet sectoriel à dimension R&D Innovation, et politiques transversales.

 

 

 

Modalités :

 

 

 

    Soutien aux investissements : mobiliser les financements privés nécessaires à la relance de l’investissement productif en Europe : amplifier le Plan Juncker pour financer notamment des projets à forte valeur ajoutée (rénovation énergétique des bâtiments, transports durables, technologies bas carbone, déploiement de la 5G, numérique,).

 

    Mesures sectorielles : compléter la stimulation de l’offre par la concurrence en associant davantage filières et territoires : développement de Plans de soutien aux secteurs industriels stratégiques, Pôles de compétitivité européens, soutien à la R&D axée sur des priorités industrielles identifiées et plus simple d’accès, notamment les PMI.

 

 

 

 Politiques transversales :

 

 

 

        Amplifier la politique « Better Regulation » pour assurer des règles du jeu équitables au sein du marché intérieur (« level playing field »), en privilégiant un cadre normatif européen harmonisé sur la base d’études d’impact, et en prévenant toute sur-transposition dans les législations nationales,

 

        Promouvoir une politique commerciale européenne basée sur une plus grande réciprocité d’accès aux marchés des pays tiers, et accompagner la négociation d’accords internationaux d’un arsenal commercial dissuasif (IDC – Instruments de Défense Commerciale),

 

        Remettre la politique de concurrence au service de la compétitivité par des arbitrages plus favorables aux producteurs exposés à la concurrence internationale : faciliter les rapprochements entre entreprises quand ils renforcent la compétitivité, tenir compte des soutiens publics dont bénéficient, dans leurs pays, les entreprises non européennes qui concurrencent les nôtres jusque sur le marché intérieur, et alléger les contraintes procédurales.

 

 

 

9.     Accroître l’internationalisation de l’industrie française pour redresser notre balance commerciale.

 

 

 

 Proposition 16 : Accélérer le développement des PME et ETI industrielles à l’international.

 

 

 

Modalités :

 

 

 

    Soutenir leurs dirigeants à l’international par une diplomatie économique forte : dépasser le seul rétablissement du déficit du commerce extérieur pour remonter la part de marché de la France dans la zone Euro de 12% à 16 %, renforcer nos positions hors UE, et sur les marchés émergents…

 

    Poursuivre la rationalisation du dispositif de soutien public à l’international : limiter la concurrence entre les services du Trésor et ceux de la diplomatie économique du Quai d’Orsay, et rapprocher les réseaux internationaux de Business France, BPI France Export et de CCI International (cf. Rapport Bentejac 2013).

 

    Encourager la coopération interentreprises entre grands groupes industriels, ETI et PMI sous-traitantes, vers une démarche plus collaborative et collective à l’international.

 

    Soutenir les programmes d’accompagnement des dirigeants mobilisés par leurs projets de développement international, sur le long terme, à l’instar du dispositif Stratexio alliant un volet personnalisé et un volet collectif sous forme de Clubs d’entrepreneurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nos propositions

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