Industrie et CICE : quel bilan ? (suite 7)

Infrastructure France poursuit ses publications sur le thème de l’industrie...

…et de son déclin. Les réseaux et équipements qui forment l’infrastructure du Pays ont une place majeure dans plusieurs filières industrielles, il convient de le rappeler. L’effondrement de la dynamique d’investissement dans ce secteur, qu’il soit public ou privé (favorisé par le public) a contribué pour une grande part au recul de ce secteur, mais la politique économique d’ensemble influe également très largement ce secteur économique.

 

Le déclin inéluctable ?

 

L’Insee donne ses chiffres : en juillet 2016, la production manufacturière a reculé de 0,3 % après un effondrement de 1,1 % en juin. Depuis 2012 la production manufacturière a perdu environ 2 % de ses capacités. Et deux fois plus en termes d’emplois puisqu’en quatre ans, le nombre d’emplois industriels est passé de 3,26 millions à 3,11 millions, soit 150 000 pertes nettes (-4,5 %).

 

L'un des engagements présidentiels majeurs

 

La réindustrialisation figurait dans les 60 promesses de l’actuel Président de la République : « engager avec les grandes entreprises françaises un mouvement de relocalisation de leurs usines dans le cadre d’un contrat spécifique »

 

Le CICE, quant à lui, ne semble pas – mais peut-être est-il trop tôt pour en évaluer les effets -  avoir réussi à redresser l’industrie. Il a coûté 20 milliards d’euros à l’Etat, soit près du tiers des recettes de l’impôt sur les sociétés, mais il a visé deux objectifs, peut être peu compatibles : soutenir l’industrie en la rendant plus compétitive à l’export, mais aussi soutenir l’emploi peu qualifié.

 

J.A.

 

 

 

Nous reproduisons ici le billet « Le grand combat de la réindustrialisation en France ? Un échec » de Cyrille Lachèvre pour l’Opinion, qui évoque ces sujets.

 

 

« La production industrielle a reculé de près de 2% depuis le début du quinquennat.

 

Ce devait être le grand combat économique de François Hollande : la réindustrialisation de la France a échoué, malgré 20 milliards d’euros de baisse de charges grâce au CICE. Mais dans ce domaine, comme dans tous les autres, le chef de l’Etat n’a pas voulu trancher et a donc instauré un dispositif bancal qui rate partiellement sa cible.

 

Il n’y a pas que sur les questions fiscales que le quinquennat de François Hollande aura été marqué par des hésitations, des revirements et au final de coûteuses erreurs économiques. La situation de l’industrie offre aussi l’exemple d’une politique ratée par manque de décisions clairement assumées. Le bilan industriel d’un Président qui avait promis dans ses 60 promesses de campagne en 2012 « d’engager avec les grandes entreprises françaises un mouvement de relocalisation de leurs usines dans le cadre d’un contrat spécifique » (contrat que l’on n’a jamais vu, soit dit en passant) est largement négatif.

 

L’Insee l’a rappelé une fois encore vendredi : en juillet 2016, la production manufacturière a reculé de 0,3 % après un effondrement de 1,1 % en juin. Aucune amélioration en vue, donc. Depuis 2012 la production manufacturière a perdu environ 2 % de ses capacités. Et deux fois plus en termes d’emplois puisqu’en quatre ans, le nombre d’emplois industriels est passé de 3,26 millions à 3,11 millions, soit 150 000 pertes nettes (-4,5 %).

 

Cheval de bataille

 

Pourtant, le chef de l’État n’a pas ménagé ses efforts en faveur de ce secteur dont il a d’entrée fait son cheval de bataille. Plutôt que de créer un poste « classique » de ministre de l’Industrie, le premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault sera même constitué d’un très volontariste « ministère du Redressement productif » incarné par l’impétueux Arnaud Montebourg, chargé d’un objectif : « la reconquête de l’outil industriel français ». Ayant heureusement compris que les bons mots et les « tours de France des usines qui ferment » ne suffiraient pas à redresser la situation, François Hollande a donné les clefs de la réindustrialisation à Louis Gallois. Principal acte économique du quinquennat, son rapport, fin 2012, a donné naissance au Crédit Impôt Compétitivité Emploi, le CICE.

 

Dans les prochaines semaines, les grands instituts économiques français (France Stratégie, OFCE) feront le bilan détaillé de l’impact du CICE. Ils devraient se montrer circonspects. Un rapport d’information au vitriol du Sénat, publié au cœur de l’été, résume le sentiment général à l’égard d’un instrument ayant coûté 20 milliards d’euros à l’Etat, soit près du tiers des recettes de l’impôt sur les sociétés : « Un dispositif visant deux objectifs ». Manière de rappeler que ce crédit d’impôt court deux lièvres à la fois, voulant soutenir l’industrie en la rendant plus compétitive à l’export, mais également l’emploi peu qualifié.

 

Or, l’industrie affiche un niveau de salaire et de qualification globalement plus élevé que celui des services, mais l’Elysée a limité la baisse des charges accordées par le CICE aux salaires inférieurs à 2,5 smic. Résultat : les deux principaux secteurs d’activité ayant profité du CICE sont les industries manufacturières et le commerce, avec 19 % chacun. « Un tel crédit a-t-il vocation à soutenir tous les secteurs de manière égale ? s’interrogent les élus. Il est très significatif en termes d’évaluation de noter que l’industrie, cible initiale du dispositif, objet du rapport Gallois et justification de l’exposé des motifs, ne soit que péniblement le premier secteur concerné avec à peine 19,4 % de la créance. Moins d’un cinquième seulement de la créance est donc destiné à la cible du CICE ».

 

Le CICE a certes permis de redresser les marges des entreprises, laissant augurer d’une amélioration à terme de leur situation économique. Mais en voulant satisfaire tout le monde, François Hollande n’a pas soutenu l’industrie autant que promis. Et fait beaucoup de déçus chez les patrons. »

 

 

 

 

 

 

 

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