EuropaCity: la controverse

La région parisienne doit-elle vitaliser ses terres agricoles ou privilégier le développement d’une consommation de masse tournée vers l’international ?

Le projet EuropaCity, à mi-chemin entre le parc de loisirs et le centre commercial, se concrtisera-t-il et l’Ile-de-France aura-t-elle sa piste de ski artificielle dans dix ans, dans le triangle de Gonesse ?

 

La commission du débat public sur EuropaCity a été rendu son avis.  Le groupe Mulliez et le chinois Wanda ont trois mois pour finaliser leur projet  d’immobilier commercial, de loisirs et d’affaires. Un article,  dans l’Opinion,  de Cyrille Lachèvre, « La région parisienne doit-elle vitaliser ses terres agricoles ou privilégier le développement d’une consommation de masse tournée vers l’international ? » est repris ici.  

     

 

La région parisienne doit-elle vitaliser ses terres agricoles ou privilégier le développement d’une consommation de masse tournée vers l’international ? (Cyrille Lachèvre)

 

 

« Le débat a mis face à face deux visions de la société aux antipodes l’une de l’autre : en forçant un peu le trait, d’un côté une société qui s’affranchirait de la course à la consommation pour aller vers davantage de sobriété et s’engagerait vers une transition écologique et énergétique ; de l’autre, une société attachée aux modes de vie urbains ou aspirant à y avoir accès mais taraudée par le chômage et pour laquelle seul un modèle plus classique de croissance et de développement économique permet d’apporter des solutions durables ». Ces propos ne visent pas l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou un barrage du côté de Sivens mais un projet à quelques kilomètres de Paris. Ils figurent en conclusion du rapport de la commission du débat public, rendu public lundi après les multiples concertations ayant eu lieu, en Ile-de-France, au sujet de la création du projet EuropaCity.

 

La commission présente encore les choses de cette façon : « deux visions très éloignées des priorités devant dicter les choix politiques en matière de développement. Pour les uns, la priorité est aux réponses aux besoins issus du niveau local, à l’optimisation des atouts territoriaux et en particulier du potentiel agricole à la recherche d’un “vivre ensemble” axé sur la qualité de vie quotidienne. A l’inverse, pour d’autres et en particulier les milieux économiques et la majorité des élus (...), l’avenir de leur territoire est d’abord soumis aux contraintes de la concurrence internationale entre métropoles et il est essentiel de valoriser chaque potentiel à même de les placer dans une situation favorable dans cette compétition ».

 

De quoi s’agit-il ? D’un parc de loisirs presque aussi grand, en surface, que le Parc Astérix, mélangeant montagnes russes, jeux aquatiques et autres pistes de ski ; d’un centre culturel plus étendu que Beaubourg doublé d’un centre de congrès hôtelier ; d’un centre commercial réunissant les plus grandes marques internationales. Le tout sur un domaine vaste comme le parc de Versailles. Un « projet non identifiable » prévu pour ouvrir d’ici dix ans sur le triangle de Gonesse, en bout de piste du Bourget, cofinancé par le groupe Mulliez (Auchan) et le chinois Wanda, leader des parcs d’attractions dans son pays.

 

Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’émergence du Grand Paris et répond clairement à une problématique du territoire nord-francilien : redynamiser la zone en friche située entre l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle et Paris, en s’appuyant sur l’émergence de nouveaux nœuds de connexion qui seront proposés par le futur réseau de transport du Grand Paris Express.

 

Mais EuropaCity se heurte à une farouche opposition des écologistes qui dénoncent la suppression des rares terres agricoles autour de Paris ainsi que de plusieurs centres commerciaux qui s’inquiètent de l’émergence d’une nouvelle concurrence. « Nous avons connu un débat particulièrement animé qui a rassemblé près de 2000 personnes avec presque autant d’opposants que de défenseurs, ce qui est plutôt rare car normalement nous entendons davantage les opposants », reconnaît Claude Brevan, présidente de la commission particulière du débat public sur EuropaCity. Cette dernière recommande donc au maître d’ouvrage d’EuropaCity de préciser ces points, au cours des trois prochains mois, en mettant un accent particulier sur l’intégration territoriale.

 

Un « oui, mais » dont on promet de tenir compte du côté d’EuropaCity pour finaliser le dossier. Mais qui résume parfaitement les clivages qui scindent la société française incapable de trancher entre un développement local et une ambition internationale. »

 

 

 

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