Moderniser le système productif de la France : c’est l’urgence (6)

Nous nous attachons à suivre l’actualité et à contribuer au débat d’idées en vue des présidentielles sur le terrain de l’économie...

…et de l’aménagement des territoires. Dans ce cadre, le débat sur la réindustrialisation de la France doit avoir lieu, et nos précédentes publications vont dans ce sens.

 

Nous avons évoqué ces questions à plusieurs reprises.

 

Rappel de nos publications :

 

La réindustrialisation de la France en campagne (1)

Les médias ont récemment évoqué la renaissance d’une politique industrielle étatique britannique. Depuis, plus rien et alors que la campagne pour l’élection présidentielle fait émerger les premiers programmes, on peut s’étonner que la question de savoir s’il faut à la France une politique industrielle effleure à peine, de même que celle d’une politique d’aménagement du territoire.

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http://www.infrastructurefrance.fr/2016/09/09/pourquoi-une-politique-industrielle-pour-la-france/

 

Le débat sur nos filières industrielles (2)

Il nous a semblé utile de rappeler la publication d’il y a quelques semaines – avant le Brexit - par le Figaro de : Après l'euro : la fin du chômage de masse ? de Francis Journot.

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http://www.infrastructurefrance.fr/2016/09/12/le-d%C3%A9bat-sur-nos-fili%C3%A8res-industrielles-s-impose/

 

Quelle révolution industrielle pour la France ? (3)

Réformer durablement les prélèvements pour restaurer la compétitivité et l'investissement industriel, dynamiser le marché du travail français, développer l'apprentissage, renforcer l'innovation et la R&D, oser plus d'Europe, accompagner la transformation numérique et le déploiement de l'industrie du futur, Ce sont les principales orientations que fixe le Cercle de l’Industrie dans ses propositions pour « Préparer 2017 pour réussir la révolution industrielle ».

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http://www.infrastructurefrance.fr/2016/09/12/le-d%C3%A9bat-sur-nos-fili%C3%A8res-industrielles-s-impose/

 

 « Relever la France » (4)

Une contribution majeure est apportée par l’ouvrage "Relever la France" (Odile Jacob), Christian Saint-Etienne nous explique pourquoi la France a tout pour réussir, et comment elle doit s'armer pour profiter des nouvelles ruptures technologiques. Fiscalité, contrat social, institutions... nombreux éléments sont à revoir.

Dans un pays est écartelé, il faut définir un chemin pour redevenir une grande puissance. Christian Saint-Etienne pose le cadre d’une réflexion politique et philosophique et propose un diagnostic. L’objectif est de construire un « projet stratégique acceptable par toutes les forces de progrès».

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 http://www.infrastructurefrance.fr/2016/09/14/relever-la-france-%C3%A9tat-d-urgence/

 

Alstom, l’exemple (5)

L’analyse de la situation d’Alstom doit être replacée dans le cadre de la gouvernance des entreprises dont l’État est actionnaire. L’État/Actionnaire - à l’opposé d’un actionnaire privé -  poursuit des objectifs politiques et de politique publique (économique et sociale, sécurité, relations internationales…)

L’horizon de gestion d’un gouvernement est celui de son mandat, et aussi de son renouvellement. Le terme est donc plus court que celui d’un actionnaire privé qui se préoccupe également de la valorisation à long terme de l’entreprise.

Dans le passé, l’État conduisait une politique industrielle qui a connu des succès. L’objectif était de faire de l’industrie française un champion mondial. On peut citer l’espace, l’aéronautique ; le nucléaire, ou le TGV.

La mondialisation a bien changé les choses, mais le débat sur le rôle que peut conserver – ou reconquérir – l’Etat est à conduire. Quelles sont ses marges de manœuvre ? et quelles stratégies peuvent être conduites pour éviter que l’Etat ne se limite au rôle de pompier pas bien efficace d’ailleurs?

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http://www.infrastructurefrance.fr/2016/09/15/quel-avenir-industriel-pour-la-france-suite-du-d%C3%A9bat/

 

 

 

Nous reprenons ici la publication de Patrick Artus

 

« Il faut moderniser d’urgence notre appareil productif » (Patrick Artus, chef économiste, membre du comité exécutif de Natixis)

 

« Il faudrait en France s’attaquer à la racine du mal, qui est l’insuffisante modernisation du capital des entreprises, visible par exemple à la faible robotisation des entreprises françaises. 

 

Ni la baisse des coûts salariaux ni une politique de relance ne sont adaptées à la situation de la France. Le système productif français n’est pas en adéquation avec la demande. Il est grand temps de le moderniser.

 

La campagne pour l'élection présidentielle en France va certainement faire apparaître une confrontation entre deux lignes de politique économique. Pour les uns (gauche), il faudrait soutenir la demande intérieure, revenir au keynésianisme, avec une politique d'investissements publics, de hausse des bas salaires. Pour les autres (droite), il faudrait baisser les coûts salariaux. Mais aucune de ces deux politiques n'est en réalité adaptée à la situation de la France.

 

Le problème de la France est l'inadaptation de l'appareil productif à la demande et le faible niveau de gamme. Lorsque la demande intérieure augmente, ce qu'on a observé dans la période récente grâce à la baisse du prix du pétrole, qui a stimulé les salaires réels, il en résulte une augmentation considérable des importations et une augmentation très modeste de la production domestique.

 

Les importations, dans cette période récente, augmentent à peu près trois fois plus vite que la demande intérieure, ce qui est considérable. On peut aussi mesurer la sensibilité aux prix (au taux de change) des exportations. On obtient pour la France une élasticité-prix des exportations en volume très élevée : 0,8 (cela veut dire qu'une hausse de 10 % des prix de vente réduit la demande pour les biens et services exportables français de 8 %). La France ne vend ses produits que si leurs prix est bas, ce qui est la caractéristique d'une production bas de gamme, et explique la dégradation tendancielle du commerce extérieur hors énergie.

 

Trop bas niveau de gamme

 

Partons donc du constat que la France a un appareil productif inadapté à la nature de la demande et un niveau de gamme faible de sa production. Dans cette situation, soutenir la demande intérieure est très inefficace. Pourquoi prendre le risque de perte de solvabilité budgétaire en accroissant les déficits publics, ou le risque de destruction d'emplois peu qualifiés en augmentant les bas salaires, ou le risque de dégradation de la compétitivité-coût en augmentant l'ensemble des salaires, si le résultat est une forte hausse des importations ?

 

Mais baisser les coûts salariaux n'est pas non plus une bonne solution. La France a, depuis la crise, amélioré sa compétitivité-coût vis-à-vis de l'Allemagne et de l'Italie (mais pas, au contraire, par rapport à l'Espagne) grâce à la modération salariale et à la baisse des impôts des entreprises mise en place par le gouvernement. Faut-il amplifier cette politique de baisse du coût salarial, par l'allongement (sans compensation salariale) de la durée du travail, par le blocage des salaires, par de nouvelles baisses des cotisations sociales des entreprises financées par des baisses de dépenses publiques ?

 

Il s'agit de politiques dont l'efficacité est douteuse. En effet, avec le bas niveau de gamme de sa production, la France est en concurrence avec des pays où le niveau des coûts salariaux est beaucoup plus bas qu'en France : Espagne dans la zone euro, pays d'Europe centrale. Il faudrait donc en France rentrer dans une politique de recul considérable des coûts salariaux pour qu'elle devienne efficace.

 

S'attaquer à la racine du mal

 

Tout cela plaide pour une politique de modernisation de l'appareil productif. Si la France souffre de l'inadaptation de son appareil productif à la demande, de la faiblesse de son niveau de gamme, de coûts salariaux nettement plus élevés que ceux des pays ayant le même niveau de gamme, ni les politiques de soutien de la demande (qui conduisent essentiellement à la hausse des importations), ni les politiques de baisse des coûts salariaux (qui, pour être efficaces, nécessiteraient une baisse très importante des salaires ou des cotisations sociales) ne peuvent être utilisées.

 

Il faudrait en France s'attaquer à la racine du mal, qui est l'insuffisante modernisation du capital des entreprises, visible par exemple à la faible robotisation des entreprises françaises. Mais les causes de cette insuffisante modernisation des entreprises ne sont pas totalement élucidées : il peut s'agir du conservatisme et de l'aversion au risque des entrepreneurs, des mauvaises relations entre grands groupes et sous-traitants, du choix de la délocalisation pour installer les équipements modernes, de l'insuffisance des compétences de la population active. »

 

 

 

Nos propositions

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