Comment favoriser la création d’emplois ?

L’emploi devrait - ou devra – être au cœur des débats préparant l’élection présidentielle. France Stratégie, organe gouvernemental...

...publie régulièrement des études contribuant à la réflexion sur le développement économique de la France. Celles-ci alimentent les débats, même si on peut s’étonner que leurs conclusions ou préconisations ne s’adressent pas d’abord au Gouvernement et que celui-ci ne les prenne pas en compte.

 

Et on peut lire - à contrario - dans les études de France Stratégie l’avertissement suivant : « Aucun des documents publiés dans ce cadre n'a vocation à refléter la position du gouvernement ».

 

Croissance et fiscalité

 

Récemment, France Stratégie précisait dans l’une de ses études que la fiscalité, trop lourde et complexe, serait la cause de la faible croissance et du chômage élevé en France. Sur quoi repose ce constat ? Que faut-il en penser ? Qui dit croissance, dit investissement et production. Or, d'après l'étude, le système fiscal français ne les privilégie aucunement. Autre constat, la France marche à contre-courant. L'Hexagone est l'un des seuls pays qui préfèrent taxer la consommation plutôt que de taxer la production et l'investissement.

 

Croissance et répartition des revenus

 

Nous reprenons par ailleurs ici un extrait d'une Note d'analyse de France Stratégie traitant de la croissance et des revenus, de la  

 

« La croissance a longtemps rassemblé les Français. Aujourd’hui elle risque de les diviser. Certains continuent à voir en elle une condition indispensable à la prospérité de notre société. D’autres considèrent qu’elle est porteuse d’inégalités sociales et territoriales et qu’elle est néfaste pour l’environnement.

 

Pourtant, les ressources supplémentaires dégagées par la croissance sont autant de moyens qui peuvent être affectés aux dépenses d’avenir et au bien-être de la population. C’est donc davantage le contenu de la croissance que la croissance elle-même qu’il convient de remettre en cause. Dans les dix ans qui viennent, les fruits de la croissance doivent permettre de financer de l’ordre de deux points de PIB d’investissements annuels dans l’éducation, la formation tout au long de la vie et la transition énergétique.

 

Même si les inégalités ont progressé en France depuis la fin des années 1990, les fruits de la croissance y ont été mieux répartis que dans beaucoup d’autres pays depuis le début des années 1980.

 

Le contexte d’une croissance potentielle française relativement faible et d’une hausse modérée des inégalités conduit à s’interroger sur les leviers d’action permettant d’accroître l’efficacité de notre modèle social et de renforcer notre modèle productif. Plusieurs pistes méritent d’être explorées. Certaines permettent de gagner sur les deux tableaux : améliorer l’éducation et la formation tout au long de la vie, lutter contre les discriminations sur le marché du travail. D’autres, comme le maniement de l’outil fiscal ou le soutien à l’innovation, supposent de procéder à certains arbitrages.

 

En vue d'éclairer les choix collectifs par des travaux d'étude et de prospective, France Stratégie a engagé le projet « 2017-2027 » visant à analyser les enjeux de la décennie qui suivra la prochaine élection présidentielle. Des documents thématiques produits par les experts de France Stratégie sont publiés sur un site web spécifique qui accueille aussi des contributions d'experts et d'acteurs de la société civile. Aucun des documents publiés dans ce cadre n'a vocation à refléter la position du gouvernement. »

 

Et si la croissance n'était pas l'antidote au chômage ?

 

Croissance et Emploi: On lie souvent les deux, y compris au sommet de l'État. Pourtant, selon une étude de France Stratégie publiée il y a quelques semaines, la croissance et l'emploi n'ont aucun lien mécanique. Marion L'Hour , Olivier Bénis ont évoqué cette étude sur France Inter. Nous reprenons ici leur exposé.

 

« Alors que les chiffres du chômage de Pôle emploi pour juillet sont en demi-teinte (baisse de 0,1 % pour les chômeurs de catégorie A sur trois mois, de 0,5 % sur un mois, mais augmentation du nombre de chômeurs ayant un peu travaillé), le président de la République veut y voir une tendance. Il l'attribue à la politique économique du gouvernement et ses baisses de cotisations sociales.

 

Là-dessus, il n'a pas tort, car si l'on en croit une étude de France Stratégie publiée ce jeudi, ce n'est pas la croissance qui fait baisser le chômage, contrairement aux idées reçues. L'organisme, indépendant mais rattaché à Matignon, bat en brèche cette idée qu'on retrouve souvent en économie.

 

Beaucoup estiment qu'il faut 2 % de hausse annuelle de la richesse nationale produite pour que le chômage baisse enfin de façon durable. Mais si la croissance ralentit à cause d'un progrès technique moins dynamique, ça n'a pas de conséquence sur l'emploi selon France Stratégie, pour peu que les salaires et les dépenses publiques s'adaptent....

 

La croissance ne favorise pas (forcément) l'emploi

 

En France, le rythme de création d'emploi est généralement indépendant du rythme de croissance. Même si, selon l'étude, "une partie significative du chômage français est d'ordre conjoncturel" et aura donc besoin de croissance pour baisser. (Source : France Stratégie)

 

Selon les chiffres, le rythme de création d'emplois depuis les années 80 est bien indépendant en moyenne du rythme de croissance. En revanche pour les économistes, une petite fraction du taux de chômage actuel (entre 0,6 point et 2,5 points sur les 10 %) reste conjoncturelle. Et pour la réduire, il faudrait un tout petit supplément de croissance.

 

Par ailleurs, les auteurs ne se font pas non plus défenseurs de la décroissance. Sans la richesse supplémentaire produite par le pays, impossible disent-ils de financer la réduction des gaz à effet de serre. Une croissance faible ne serait donc pas synonyme d'environnement préservé. »

 

...Autant de contributions à la réflexion, mais l'emploi ne résulte-t-il pas  de facteurs multiples mis en perspective dans la durée ?

 

Au total, l'emploi est bien la résultante d'une économie prospère qui se fonde sur des atouts et des grands équilibres durables. Il ne peut résulter que des politiques structurelles à effets lents  reposant sur une Vision. Il ne peut s’accommoder des perspectives et effets conjoncturels s'appuyant sur une lecture médiatique et des échéances politiques.

 

 Jean Armand

 

 

 

 

 

 

 

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