Quelle révolution industrielle pour la France ? 3

Réformer durablement les prélèvements pour restaurer la compétitivité et l'investissement industriel, dynamiser le marché du travail français, développer l'apprentissage, renforcer l'innovation et la R&D, oser...

…plus d'Europe, accompagner la transformation numérique et le déploiement de l'industrie du futur, Ce sont les principales orientations que fixe le Cercle de l’Industrie dans ses propositions pour « Préparer 2017 pour réussir la révolution industrielle »

 

Nous reprenons ici l’intéressante publication de Pierre-André de Chalendar Pierre, Président-Directeur Général du Groupe Saint-Gobain, celle de de Philippe Varin, Président du Cercle de l’Industrie, ainsi qu’une présentation synthétique des propositions.

 

J.A.

 

 

 

Le texte de Pierre-André de Chalendar Pierre, Président-Directeur Général du Groupe Saint-Gobain

 

« Mesdames et Messieurs les candidats, et si on parlait de l’industrie ?

 

« Bientôt la fin du mandat de François Hollande et une nouvelle campagne présidentielle. C'est donc l'heure des bilans et des débats. Après les zigs-zags hésitants des débuts, je donne acte au président de la République et au gouvernement de Manuel Valls d'avoir fixé un cap plus clair en termes de politique économique, tenu un discours courageux sur la compétitivité et proposé des outils - le CICE et le pacte de responsabilité - qui ont profité à de nombreuses entreprises françaises. Mais au cœur du dispositif CICE, et ce qui fait que cet outil n'a pas atteint pleinement ses objectifs, il y a un choix de base erroné de nos gouvernants : celui d'avoir placé le curseur pour le déclenchement de la baisse des charges à un niveau trop bas. En limitant la baisse des charges à 2, 5 SMIC, le CICE a clairement visé le soutien ou la création d'emplois peu qualifiés. C'est comme cela qu'on a favorisé des entreprises comme La Poste ou Carrefour qui sont devenus les premiers bénéficiaires du CICE.

 

 Or, ce qui compte aujourd'hui pour notre compétitivité, ce ne sont pas ces emplois dans le secteur « abrité », qui desservent une demande intérieure, mais les emplois « exposés », c'est-à-dire ceux qui sont localisés principalement dans les entreprises exposées à la concurrence internationale.

 

Et ceci, pour au moins trois raisons. D'abord, parce que ces emplois qualifiés (donc au-delà de 2,5 SMIC) sont ceux qui ont le plus diminué sur la période récente : 200 000 postes perdus entre 1999 et 2013. Secundo, parce que la productivité du secteur exposé est plus élevée que dans le secteur abrité, ce qui est vital pour le dynamisme de notre économie. Enfin, ce sont ces postes dans les grandes entreprises concurrentielles qui tirent littéralement la création de l'emploi « abrité ».  Ainsi, les études des économistes montrent que pour 100 emplois créés dans une zone exposée, 64 sont créés dans le secteur abrité ! Ce qui prouve, une fois de plus, la grande imbrication qui existe aujourd'hui du fait de la mondialisation, entre tous les secteurs de notre économie.

 

Le CICE avait donc des objectifs ambivalents et son curseur était manifestement mal placé pour qu'il remplisse tous ses objectifs.

 

Comme va le demander le Cercle de l'Industrie aux candidats à la présidentielle, il faut maintenant regarder les choses en face et se doter d'une politique économique mieux ciblée pour faire la différence en matière de compétitivité.

 

Pour le Cercle, il s'agit d'opérer de vraies ruptures en agissant sur des leviers forts : baisser les prélèvements obligatoires pesant sur les entreprises et qui plombent notre économie en les réduisant de l'ordre de 50 Mds € ; redynamiser notre marché du travail ; revoir complètement notre apprentissage, un système à bout de souffle qui ne marche pas. Voilà pour la fluidité de notre économie. Enfin, nous devons savoir saisir toutes les chances que nous donne la révolution industrielle, qui s'appellent numérique, biotechnologies, intelligence artificielle etc. Autant de secteurs où la France peut exceller grâce au savoir-faire de ses chercheurs, de ses ingénieurs et de ses techniciens.

 

Nous sommes face à un état d'urgence. L'industrie qui innove, exporte et crée des emplois, reste un formidable levier de croissance. C'est notre chance de rebond. Ne ratons pas le prochain tournant de notre politique économique."

 

 

 

Le texte de Philippe Varin, Président du Cercle de l’Industrie

 

« La restauration d’une croissance fondée sur la compétitivité de l’industrie est la condition de la création durable de richesse pour notre pays. Condition du redressement de notre balance commerciale car nous devons cesser de vivre à crédit.  Condition de la création d’emplois, en particulier pour les jeunes, car nous devons cesser d’exclure. Condition d’un investissement soutenu en recherche et développement, car nous devons préparer l’avenir plutôt que privilégier la satisfaction immédiate.

 

Nous devons virer de bord.  Pour nous éloigner du mirage de l’économie de la demande, ou de l’économie de services. Pour nous orienter vers l’économie de l’offre et vers l’investissement.

 

Cette feuille de route vaut pour la France. Elle vaut aussi pour l’Europe, dont l’industrie a été le creuset, avec la création en 1950 de la Communauté du charbon et de l’acier. Depuis, le marché unique, l’union monétaire, l’harmonisation des règles de la concurrence ont constitué autant d’étapes clés que nous devons consolider. Mais face à l’émergence de la Chine, face à la réindustrialisation des Etats Unis, l’Europe doit faire des choix et soutenir ses secteurs prioritaires. Grâce à des programmes de R&D focalisés et intégrant l’innovation, grâce au développement d’infrastructures, grâce à des règlementations sélectives, grâce au développement d’accords de libre-échange fondés sur la réciprocité.  L’industrie a besoin de « plus et mieux » d’Europe.

 

Le Cercle de l’Industrie construit son action autour de cet enjeu national, une industrie compétitive pour restaurer une croissance durable, et de cet enjeu européen, une feuille de route pour une véritable politique industrielle. Depuis vingt ans, le Cercle s’engage à sensibiliser, à dialoguer, à convaincre. Sensibiliser les décideurs politiques nationaux et européens aux enjeux du développement des entreprises industrielles, et promouvoir l’industrie et la culture industrielle. Dialoguer avec les responsables politiques de familles différentes, tant français qu’européens, en engageant les présidents des grands groupes industriels français, privés et publics. Convaincre car l’heure est à la mobilisation générale pour créer un écosystème favorable à la compétitivité de l’industrie.

Le temps presse. »

 

 

 

 

Synthèse des propositions du Cercle de l’Industrie

 

« Préparer 2017 - Propositions du Cercle de l'Industrie pour 2017-2022 : réussir la révolution industrielle »

 

Alors que l'élection présidentielle se rapproche à grands pas, le Cercle de l'Industrie souhaite contribuer au débat national portant sur les défis et enjeux de l'industrie et de l'économie française.

 

Pendant plusieurs mois, les dirigeants des grandes entreprises membres, avec le soutien des meilleurs experts de leurs sociétés, se sont personnellement impliqué pour identifier, formuler et rédiger les propositions du Cercle de l'Industrie qui permettront à la France de relever avec succès le défi de la révolution industrielle.

 

Le Cercle de l'Industrie a identifié six leviers prioritaires à actionner par les pouvoirs publics pour faciliter et accélérer la relance de la compétitivité de l'industrie française, et in fine de la croissance et de la création d'emplois. Chaque levier fait l'objet d'une note détaillée de propositions concrètes et pragmatiques, prêtes à être mises en oeuvre dès les premiers mois de la prochaine mandature :

 

- Réformer durablement les prélèvements obligatoires : redonner de l'oxygène à la compétitivité et à l'investissement industriel;

- Dynamiser le marché du travail français : faire le choix de la compétitivité et de l'emploi pour tous ;

- Développer l'apprentissage, une solution concrète pour l'emploi des jeunes;

- Renforcer l'avantage français pour l'innovation et la R&D;

- Oser plus d'Europe pour redresser la compétitivité industrielle de la France;

- Accompagner la transformation numérique et le déploiement de l'industrie du futur.

Nos propositions

proposition Think Tank DIFF 12-10 .pdf
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Présidentielles:       "ADRESSE AUX CANDIDATS" Version 2

adresse aux candidats 23 12 16 2.pdf
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