Pourquoi une politique industrielle pour la France ? 2

Les médias ont récemment évoqué la renaissance d’une politique industrielle étatique britannique. Depuis, plus rien et alors que la campagne...

...pour l’élection présidentielle fait émerger les premiers programmes, on peut s’étonner que la question de savoir s’il faut à la France une politique industrielle effleure à peine, de même que celle d’une politique d’aménagement du territoire.

 

Les deux grands oubliés de l’action publique : l’Industrie et l’Aménagement du Territoire

 

Peu de propositions des partis et des think tank sur ces sujets pourtant majeurs, même si la question d’un renouveau des investissements structurants – qui concernent ces deux politiques nationales – a plus de succès. Succès dont nous nous réjouissons au sein du Think tank INFRASTRUCTURE France. En attendant que les autres candidats s’expriment sur ces sujets, citons quelques prises de position.

 

Arnaud Montebourg propose une relance de l'investissement par les infrastructures dans les transports et le haut débit à hauteur de 20 milliards d'euros et la mise en place d'une " banque d'encouragement au risque, pour faire ce que la BPI ne fait qu'au compte-gouttes ". Il plaide aussi pour un investissement massif, de l'ordre de 100 milliards d'euros sur cinq ans, dans les économies d'énergie sur les bâtiments publics et privés.

 

Marine Le Pen prévoit également la mise en place d'une " Planification Stratégique de la Réindustrialisation, directement rattachée au Premier ministre, associant établissements universitaires et grandes écoles, filières industrielles et représentants de l'Etat, qui organisera la réindustrialisation de la France ".

 

Nicolas Dupont-Aignan propose de " débrider le moteur de l'économie française ", il plaide pour la renaissance du Plan, le développement de champions mondiaux " sur le modèle de ce qui a été fait dans l'aéronautique, le nucléaire, les trains à grande vitesse ou l'aérospatiale dans les années 60 par l'association des industriels, de la recherche et de l'enseignement supérieur ".

 

On peut citer Nicolas Hulot, également, qui propose un plan européen de relance des investissements dans des secteurs économiquement stratégiques. Nous avons évoqué ce sujet la semaine dernière dans l'une de nos publications.

 

Pour les trois candidats cités,  il y a une dose plus ou moins forte de protectionnisme.

 

Il convient, en revanche,  de noter que pour les candidats déclarés de la droite et du centre, la baisse de la fiscalité sur les entreprises, l'assouplissement du marché du travail, ou encore l'allègement des normes et procédures, constituent les conditions d'un redémarrage globale de l'appareil économique. En effet, ces mesures indispensables conditionnent toute politique industrielle ou sectorielle nouvelle.

 

Le Royaume Uni se lance

 

Le Royaume-Uni parle de politique industrielle, un renforcement du rôle de l’Etat. Ce pays a créé durant ces 6 dernières années 500.000 emplois par an. Alors que la France en crée moins de 100.000 et n’assure plus le renouvellement du secteur de l’industrie. Durant cette période, le Royaume Uni a supprimé 500 000 postes de fonctionnaires et a amélioré la compétitivité des entreprises.

 

Le Royaume-Uni a mené une politique volontariste de formation des apprentis indispensable au développement des industries de fabrication,

Il n’est pas attendu de l’Etat de renouer avec tous les désastres du plan calcul, du plan machine-outil, etc. mais de redéfinir des écosystèmes dans les principaux secteurs où ils sont en échec : les transports et la mobilité, les réseaux, l’énergie, le logement et le bâtiment, la santé, le tourisme…

 

Il revient à l’Etat de forger avec les acteurs concernés les nouveaux équilibres et enjeux. Et de donner, sur la base de ces Visions, l’initiative et la sécurité aux acteurs privés chargés de mettre œuvre – en partenariat arc l’Etat – les investissements et services d’avenir.

 

Dépasser le court-termisme de l’Etat

 

La définition d'un « État stratège » implique que les fonctions de long terme de l'État soient clairement sécurisées ou déconnectées par rapport aux impératifs de court terme.

La redéfinition de politiques publiques ne sera possible qui si les fonctions de long terme de l'État sont clairement déconnectées par rapport aux impératifs de court terme.

 

Depuis des années, on a renoncé à construire des perspectives stratégiques dans les différents secteurs de l'économie, comme dans l’aménagement du territoire.

 

Les rythmes de la production et du développement des activités sont des rythmes lents et longs, en particulier dans les secteurs où les externalités sont positives Par ailleurs les effets induits et indirects de ces activités ne sont pas visibles alors qu’ils sont les plus importants. C’est ainsi que nous en sommes venus à oublier les effets de croissance de secteurs majeurs comme ceux de la mobilité.

 

Dans les transports, comme dans la transition énergétique ou le développement d'un véritable aménagement du territoire, il faut regarder à 10 20 ans.

 

Retour sur l’exemple britannique

 

Le gouvernement britannique veut créer un « environnement favorable » pour l’économie nationale dans un monde post-Brexit : soutien de son industrie traditionnelle, mais aussi des entreprises de nouvelles technologies.

 

« La Première ministre a souligné que l’objectif de la nouvelle stratégie industrielle devait être de mettre sur pied une économie qui fonctionne pour tout le monde »

 

Pour son gouvernement, le défi consiste à enrayer le long déclin du secteur industriel en portant secours aux entreprises mises à mal par la mondialisation, sans pour autant menacer la compétitivité britannique et « créer une économie ouverte aux nouvelles industries, en particulier celles qui vont avoir une influence sur nos vies à l’avenir », selon le porte-parole du gouvernement.

 

Le volontarisme affiché pourrait donc être destiné à des fleurons historiques de l’industrie britannique, comme le constructeur automobile Jaguar Land Rover ou le groupe aéronautique BAE Systems, mais aussi à des entreprises de nouvelles technologies.

 

Extraits :

 

« Il ne s’agit pas de sélectionner quelques gagnants, mais plutôt de créer un environnement favorable "

 

« Il nous faut une véritable stratégie industrielle qui se concentre sur une amélioration de la productivité, qui récompense ceux qui travaillent dur par de plus hauts salaires, et crée plus d’opportunités pour que les jeunes gens, quel que soit le milieu dont ils sont issus, aillent aussi loin que là où leur talent les porte »

 

Les entreprises associées

 

L’Association britannique des fabricants (EEF), la principale fédération patronale de l’industrie britannique, a salué l’initiative de Theresa May, qui a pris la relève de David Cameron il y a moins d’un mois, dans la foulée du référendum. « Le simple fait que la nouvelle Première ministre préside ce comité, je crois, est un début de réponse à la faiblesse des deux précédents gouvernements, à savoir le manque de concertation et d’approche trans ministérielle », a réagi le dirigeant de l’EEF, Terry Scuoler.

 

A suivre, dans les prochains mois...

 

Jean Armand

 

Nos propositions

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Présidentielles:       "ADRESSE AUX CANDIDATS" Version 2

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