La faiblesse de l'investissement empêche la prospérité en France et dans la zone euro

La faiblesse de l’investissement handicape très lourdement la croissance de la zone euro et ne permet pas d’esquisser des perspectives positives pour l’avenir. La zone euro n’a pas retrouvé...

…son niveau d’investissement d'avant la crise de 2007. Les solutions « françaises » tardant à émerger, regardons donc du côté de l’Europe et du Plan Junker qui – même s’il comporte ses propres limites – n’a pas été mis en œuvre en France avec la transparence et l’efficacité que l’on était en droit d’attendre d’institutions nationales par ailleurs peu occupées par les plans d’investissement nationaux en souffrance.

 

Rappel de certains  besoins nationaux

 

Selon le rapport sur la compétitivité de 2014 du Forum économique mondial, la qualité de nos infrastructures de base a régressé de façon spectaculaire depuis 2008 : en six ans, la France est passée de la 4e place mondiale à la 10e ! Par secteur, ce déclassement est le suivant : autoroutes, de la 1e à la 7e place ; ferroviaire, de la 2e à la 6e ; ports, de la 10e à la 26e ; aéroports, de la 5e à la 15e ; fourniture d’électricité, de la 4e à la 14e.

 

Secteur par secteur, le constat est grave :

 

·       Routes. Baisse de 33 % de l’entretien des routes départementales entre 2009 et 2015. Les couches de surface des routes ont une durée de vie optimale de 8 à 15 ans. Or, leur taux de renouvellement annuel actuel est de 20 à 25 ans!

 

·       Ponts. 72 000 ponts étaient menacés par la corrosion des armatures, selon le rapport de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) de 2014. Résultat : un pont de fermé chaque jour dans l’Hexagone ! Avec des conséquences souvent fâcheuses : la fermeture du pont reliant Carcassonne à Narbonne, en décembre 2014, oblige chaque jour 26 000 voitures à faire un détour.

 

·       Réseau ferroviaire. Comme l’explique le rapport de la Cour des comptes sur les transports ferroviaires en Ile-de-France (février 2016), l’âge moyen des voies s’est allongé de 30 % entre 2003 et 2014. Sur les 3700 km du réseau Transilien (10 % du réseau national), 40 % des voies et 30 % des aiguillages ont plus de 30 ans, alors qu’ils doivent être refaits à neuf au bout de 25 ans. Environ 15 % des caténaires ont plus de 80 ans, et même 5 % plus de 100 ans. Pour la ligne C du RER, par exemple, leur âge est supérieur à 90 ans ! Pour éviter que de nouveaux « Brétigny » ne se produisent, la vitesse maximale autorisée a dû être réduite sur un nombre croissant de tronçons.

 

·     Ports maritimes. Conséquence de la crise, et faute d’infrastructures modernes, la quantité de marchandises débarquées ou embarquées dans les 7 ports maritimes français est passée de 340 millions de tonnes en 2008 à 292 millions de tonnes en 2014.

 

·     Distribution d’eau. 20 % de l’eau potable se perd à cause de fuites. Au rythme actuel d’investissement dans les infrastructures d’eau, le taux de remplacement est de 167 ans, alors qu’il faudrait le ramener entre 40 et 50 ans.

 

·       Distribution d’électricité. Les coupures d’électricité (97 min. par habitant en 2013) ont tendance à augmenter.

 

·       Voies navigables…

 

·       Réseaux très Haut débit…

 

·       Energies…

 

·       Aéroports…

 

·      

 

La Commission fait un bilan positif du Plan Junker et veut poursuivre les efforts pour l’investissement

 

Il est opérationnel depuis une année et vise à relancer les investissements et la croissance en Europe.  15 projets ont été financés en France sur un total de 64 en Europe.

 

Rappelons que le Plan d’Investissement pour l’Europe (ou Plan Juncker) est né en juillet 2014. Il vise à redonner confiance aux investisseurs publics et privés à relancer l’industrie en Europe, en supprimant les obstacles à l’investissement. Il comporte deux volets principaux : un premier juridique adaptant les règles européennes ; un second financier mobilisant - via la création d’un Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) - 315 milliards d’euros en trois ans (2015-2017) sur des projets dits risqués

 

Pour la France , on peut citer les projets suivants :  la construction d’une autoroute près de Strasbourg, la réhabilitation d’anciens sites industriels entre la France et la Belgique, la création de logements sociaux, l’amélioration énergétique de bâtiments résidentiels ou encore la mise en place d’installations haut débit en Picardie et en Alsace, ( ils répondent aux domaines prévus par le plan : connaissance et économie numérique, infrastructures sociales, union de l’énergie, ressources et environnement ainsi que les transports).

 

La Commission européenne se montre satisfaite de son plan d’investissement de 315 milliards d’euros sur trois ans et présentera à la fin de l’année des propositions législatives pour prolonger au-delà de 2018 le Fonds européen pour les investissements stratégiques et en améliorer le fonctionnement. Près de 100 milliards d’euros d’investissements ont déjà été mobilisés.

 

Un investissement insuffisant

 

On peut toutefois regretter que le plan Juncker, n’ait pas le niveau espéré correspondant aux nombreux projets en infrastructures (réseaux, transition énergétique, très haut débit, mobilité…) n’a pas su mettre en œuvre un effet de levier, se limitant à un « amorçage » par les pouvoirs public et est par ailleurs handicapé par la technostructure européenne

 

Les 115,7 milliards d’euros revendiqués par le plan Juncker représentent 4 % de l’ensemble des investissements réalisés dans l’Union européenne sur les quatre trimestres allant d’avril 2015 à mars 2016 (soit 2.886,24 milliards d’euros).

 

À titre de comparaison, sur ces douze mois, l’investissement a progressé de 139,5 milliards d’euros par rapport à la même période de 2014-2015. À condition que ces projets financés par l’UE soient réellement nouveaux et n’ait été débloqués que grâce à ces fonds, l’impact pourrait donc, sans être majeur, ne pas être négligeable. Sauf qu’ils ne semblent absolument pas à la hauteur du problème de l’UE et de la zone euro.

 

Depuis le début de la crise financière en 2007, l’investissement a été le parent pauvre de la croissance européenne. Malgré une reprise en 2015, il reste très inférieur non seulement à son rythme d’avant la crise, mais à ce qui serait nécessaire pour permettre de relancer la productivité et faire face aux transformations de l’économie.

 

Des difficultés et des incohérences dans la mise en place

 

Par ailleurs, la banque Natixis indique que la mobilisation du FEIS ne se fait pas sans difficultés, en pointant du doigt l’inégale répartition des bénéficiaires de ce programme. En effet, le Royaume-Uni et l’Italie mobilisent près de la moitié du FEIS (44,3 % à eux deux dont 27,1 % pour le premier et 17,2 % pour le second) alors que la Grèce, qui aurait davantage besoin du dispositif, n’en touche que 0,1 % et Chypre et Malte n’en bénéficient même pas. Une répartition inexplicable.

 

En ce qui concerne le volet PME, le Royaume-Uni est le quatrième (avec l'Espagne) bénéficiaire des accords de garantie de la BEI, selon les données de mars, citées par Natixis. L'Italie (18,3 %), l'Allemagne (12,8 %) et la France (8,7 %) sont devant.

 

En tenant compte des deux volets du plan Juncker, les trois pays les plus avantagés sont le Royaume-Uni (numéro un), l'Italie et l'Allemagne. La France est 5eme, derrière l'Espagne.

 

Le think tank Bruegel critique également le plan et souligne que le nombre d’investissements réalisés dans le cadre du FEIS reste insuffisant. Il manquerait entre 270 et 330 milliards d’euros par an. Il nuance aussi la prise de risque, voire le caractère novateur des projets approuvés par la Banque européenne d’Investissement (BEI) dans le cadre du FEIS: sur 55 projets analysés, 42 avaient une forte ressemblance avec des projets financés par la BEI auparavant, 11 une faible ressemblance et un seul (une usine de recyclage du titane) semblait réellement innovant.

 

Une suggestion Hulot : 300 milliards par an

 

La Fondation Hulot propose un plan d'investissement européen de 300 milliards annuels financés par une réorientation du QE de la BCE. Le secteur public aurait l’initiative de ces investissements. Il ne s'agit toutefois plus d’une simple bonification d’investissements privés par un apports de fonds publics, mais d’une initiative publique forte. (Reste à convaincre que ce mécanisme à préciser serait plus efficace que l’amorçage).

 

Dans ce cadre, la BCE prêterait aux banques publiques européennes et nationales à taux zéro et à très long terme pour assurer le financement de ces investissements (base : article 123-2 du traité de l'UE ; A charge pour les banques publiques de financer des projets mis en œuvre par les Etats et répondant à des critères d'éligibilité stricts et prédéfinis. Ces investissements ne seraient pas comptabilisés dans critères de Maastricht en matière de dettes et de déficits (c’est déjà le cas pour le plan Juncker). Les dépenses concerneraient les infrastructures de transports, l’énergie, en particulier., permettent d'irriguer l'ensemble du tissu économique.

 

Formons le vœu que, partant des insuffisances du plan Junker et des propositions comme celles de la Fondation Hulot, du Medef dans son rapport consacré aux infrastructures – ou encore les propositions de notre Think Tank – les débats à venir facilités (?) par l’approche des échéances électorales, des propositions concrètes émergent.

 

 

 Jean Armand

 

 

 

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