Inquiet, le régulateur du rail quitte son poste

A quelques jours de son départ, le président de l'autorité de régulation du secteur ferroviaire sort enfin de sa réserve et exprime publiquement son inquiétude sur l'état du réseau ferré.

 

Une alerte de fin de mandat

 

 

Le président de l'autorité de régulation du secteur ferroviaire, Pierre Cardo, dont le mandat expire très prochainement, a déclaré lundi être "inquiet pour l'avenir du réseau" ferré français et "pas persuadé" que la SNCF soit capable d'en améliorer rapidement l'état.

 

 

 

"En mauvais état". "Le réseau est en mauvais état et le retard ne va pas se rattraper en peu de temps", a observé Pierre Cardo lors d'une conférence de presse, la dernière avant son départ de l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) le 19 juillet, au terme d'un mandat de six ans. Il a pointé "un problème de savoir-faire sur la maintenance et l'entretien des voies", révélé par la catastrophe de Brétigny-sur-Orge en juillet 2013 - le déraillement d'un train Intercités avait tué sept personnes et blessé 70 autres.

 

 

 

Ça ne va pas s'améliorer. Cette situation, liée à la fois au départ en retraite d'ingénieurs chevronnés et à des contraintes budgétaires, "ne va pas s'améliorer avant quelques années", a-t-il prédit. "Je ne suis pas persuadé que SNCF Réseau ait les moyens humains et financiers d'y faire face", a-t-il ajouté, malgré la promesse du gouvernement de porter le budget de "régénération" du réseau de 2,5 à 3 milliards d'euros par an d'ici 2020.

 

 

 

"Un problème de matière grise". Pierre Cardo a également dénoncé "la schizophrénie de l'Etat", qui mobilise constamment le gestionnaire public du réseau ferré sur des projets de nouvelles lignes à grande vitesse (LGV), tout en exigeant plus de sécurité et de fiabilité. "L'urgence, ce sont les nœuds ferroviaires autour de Paris, Lyon et Bordeaux. On ne peut pas en même temps lancer des études sur de nouvelles LGV. Il y a un problème de matière grise", a-t-il affirmé.

 

 

 

Un appel à la raison. Redoutant que le financement des nouvelles LGV repose sur la circulation de "trains vides pour payer des péages à SNCF Réseau", le président sortant de l'Arafer a estimé que "ces projets donnent l'impression qu'on n'a pas une stratégie très claire au niveau de l'Etat". "Tout cela me rend un peu inquiet pour l'avenir du réseau", a-t-il poursuivi, souhaitant "que l'on soit un peu plus rationnel dans la façon d'aborder le ferroviaire".

 

 

 

 

 

Une alternance ?

 

 

 

C'est l'alternance à l'Arafer où un député PS du Nord, Bernard Roman va remplacer Pierre Cardo, ex-député UMP dont le mandat de six ans arrive à échéance le 19 juillet. L'Élysée a officialisé son choix le11 juillet qui doit être soumis au Parlement.

 

 

 

L'Élysée et le gouvernement avaient le choix entre un élu ou un haut-fonctionnaire, finalement c'est le premier profil qui a été retenu par François Hollande.

 

 

 

“Le président de la République envisage de nommer M. Bernard Roman – dont la presse indique qu’il ne connait rien au sujet -  comme président de l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières", a annoncé l'Élysée dans un communiqué diffusé dans la soirée du 11 juillet 2016.

 

 

 

Né à Lille voici bientôt 64 ans, Bernard Roman est député PS de Lille sud depuis 1997. Comme l'ex-ministre des Transports Frédéric Cuvillier, il est membre de la commission des lois, qu'il a présidé à l'époque où Lionel Jospin était à Matignon. Il a également siégé au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais de 2004 à 2015. Jusqu'en 2012, il en a été vice-président en charge des finances. Autrement dit, il est sensibilisé à la problématique de la hausse de la facture du TER.

 

 

 

Cet avocat de formation a surtout été un très proche de Pierre Mauroy, en tant que directeur de cabinet et adjoint au maire de Lille dont il était le dauphin avant de s'effacer au profit de Martine Aubry, qui est loin d’être son amie. “C'est un homme honnête, ce qui n'est pas une qualité évidente chez les hommes politiques du nord, estime un grand connaisseur de la vie politique locale, il est rigoureux et bosseur “. De quoi rassurer. Il ne devrait pas aborder la fonction de président du régulateur comme une sinécure.

 

 

 

Sa nomination qui l'installera pour six ans à la tête du régulateur doit être encore être validée par chacune des commissions du développement durable des deux assemblées.

 

 

 

 Jean Armand

 

 

 

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