Transition énergétique et décroissance

France Stratégie a publié récemment une note d’analyse met en évidence l’intérêt de l’utilisation des modèles macroéconomiques pour étudier l’impact de la transition énergétique et la nature des résultats que ces modèles peuvent fournir.

 

2015 aura certainement été une année charnière...

…dans la lutte contre le réchauffement climatique. Dans le cadre de l’ONU, la COP21 s’est conclue le 12 décembre par l’adoption de l’Accord de Paris sur le climat ; Le Parlement avait précédemment adopté, le 17 août, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

 

Du politique au culture, puis au juridique

 

Peu à peu se dessine un cadre culturel, politique, juridique aussi dans lequel les États prennent des engagements, créent de nouvelles obligations. Toutefois, alors que les objectifs restent peu concrets et assez peu réalistes, les « voies et moyens » restent à esquisser.

 

Comment conduire la baisse des émissions de CO2 ? quels mécanismes mettre en place, comment faciliter un changement dans les comportements ?

 

Des vœux à la faisabilité économique

 

Plus grave, la question économique – c’est à dire, pour nous au sein du Think tank la question de la prospérité avec ses trois composantes : croissance, emploi, bien être – reste peu explorée. Implicitement souvent la question de la croissance passe en arrière-plan. Nous avons traité de ce sujet dan nos publications et notamment dans :

 

 http://www.infrastructurefrance.fr/2015/12/28/concilier-climat-et-croissance/

 

 http://www.infrastructurefrance.fr/2016/02/28/energie-et-croissance-un-lien-majeur/ 

 

Nous y indiquions que La COP21 n’a pas masqué un malentendu majeur : de nombreuses parties prenantes sont sous l’emprise d’une vision économique marquée par la décroissance. Or les mesures à prendre demanderont de la création de richesses, et celles-ci seront indispensables pour réduire les inégalités.

 

Nous rappelions les travaux de la Commission mondiale sur l’économie et le climat - qui compte parmi ses membres l’économiste Nicholas Stern et l’ancien président mexicain Felipe Calderon – qui formule 10 propositions "garanties bonnes pour le climat et la croissance", au sein du rapport intitulé "Seizing the global opportunity".

 

Une taxe CO2 de 1 % réduit la croissance de 1 %

 

Comment, en particulier, articuler les dispositifs requis par la réduction des émissions de CO2 avec le redressement économique et la croissance ? France Stratégie a choisi de participer à ce débat en réunissant en 2015 un groupe de travail qui, à l’aide des modèles macroéconomiques, a évalué quel serait, dans le cas de la France, l’impact de certaines mesures requises par la transition énergétique — par exemple d’une taxe carbone — sur le système économique pris dans sa globalité.

 

Quelles conclusions peut-on tirer de l’exercice de modélisation macro-économique ?

 

En premier lieu, pour France Stratégie, les modèles convergent pour indiquer qu'une taxation du carbone est efficace pour réduire les émissions mais que, même à long terme, elle a un coût en termes de PIB et d'emploi : une taxe carbone d'un montant de 1% du PIB réduit le PIB de 1% environ.

 

Il conviendrait, selon France Stratégie, de recycler les recettes correspondantes pour soutenir l'activité, notamment l’innovation et le marché́ du travail. De tels correctifs conjoncturels seraient-ils suffisants ? on ne peut en faire l’hypothèse.

 

Quels effets sur l’intensité énergétique ?

 

En second lieu, les mécanismes conduisant à la réduction des émissions divergent fortement entre les modèles : certains projettent une baisse de l'intensité énergétique, d'autres des substitutions entre énergies. Les raisons de ces différences doivent être tirées au clair, car les conséquences des deux types d'effets pour les politiques publiques ne sont pas du tout les mêmes.

 

Or la corrélation entre croissance et énergie reste fondamentale, même si ce sujet est trop rarement développé, ou plu simplement remis dans l’actualité des débats.

 

Les « accompagnements conjoncturels sont-ils suffisants ?

 

Troisièmement, l’ampleur de l’effet récessif de court terme que pourrait induire la transition énergétique diffère selon les modèles. Pour France Stratégie, La question des politiques conjoncturelles d'accompagnement reste donc ouverte. Mais est-ce suffisant ? Non la croissance doit être soutenue et confortée par des mesures qui ne sont pas que conjoncturelles (budgétaires, par exemple).

 

Ce ne sont d’ailleurs pas des mesures qui sont nécessaires devant de telles conséquences : ce sont des reformes touchant les fondamentaux de l’économie qui doivent être mises en œuvre. Ces actions devraient précéder les initiatives de baisse de CO2 : souplesse du marché du travail, assouplissement des normes et règlements, assouplissement des modalités de financement des investissements (en particulier, pour les relancer et les faire porter en partie par le financement privé et l’usager).

 

Et, en parallèle, une véritable politique énergétique doit être définie garantissant à l’appareil économique, moteur de croissance et d’emploi, les ressources énergies accessibles et indispensables.  Voir à ce sujet notre publication :

 

Les modèles macro-économiques doivent inciter à la prudence

 

Les modèles macro-économiques doivent conduire à des réflexions économiques complexes et non pas à entrainer les décideurs publics vers des actions d’ « accompagnement », souvent vaines. Les décideurs publics sont trop habitués à reconduire de vieux schémas (conjoncturels) et à se fonder sur de vieilles croyances (l’efficacité des décisions technocratiques dans la sphère publique).

 

Agir à court terme (conjoncturel) ou à moyen/long terme (structurel) ?

 

Les conclusions de la note de France Stratégie sont à cet égard significatives, même si on sent une hésitation forte entre mesures conjoncturelles (de court terme) et actions structurelles (de moyen et long terme) et finalement une préférence pour le conjoncturel :

 

« L’analyse de la transition énergétique est complexe de par la multiplicité des objectifs, des instruments à mettre en œuvre et des interactions avec le système économique.

 

Dans ce contexte, les modèles macroéconomiques sectoriels constituent des outils précieux pour éclairer cette analyse en complément d’autres approches centrées davantage sur la technologie.

 

Bien entendu, les résultats issus de ces modèles doivent être interprétés avec précaution car ils sont sujets à de nombreuses incertitudes, notamment en ce qui concerne les possibilités de progrès technique et de substitution entre sources d’énergie. De ce point du vue, d’une part l’utilisation de plusieurs modèles macroéconomiques permet de définir un champ des possibles et une évaluation de l’incertitude. D’autre part, la réalisation d’une série de tests simples permet d’isoler les différents mécanismes en œuvre dans la politique étudiée et de guider les recommandations potentielles.

 

Les modèles utilisés dans cette note d’analyse montrent notamment l’importance à accorder aux politiques d’accompagnement, notamment celles de redistribution des montants levés par la fiscalité sur l’énergie, ainsi qu’au rôle clé du fonctionnement du marché du travail. La plupart des résultats tend à recommander des politiques de soutien structurel mais certaines dynamiques peuvent aussi appeler à mettre en œuvre des politiques conjoncturelles pour amortir un trop fort effet récessif à court terme. » 

 

 

T.L.

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