Mobilité : principal moteur de l’emploi 

« Vers une mobilité enfin accessible à tous ? », c’est le titre de la tribune publiée par le collectif « Laboratoire de la mobilité inclusive ». 

Nous avions publié un article sur le même sujet il y a quelques mois :

 

http://www.infrastructurefrance.fr/2014/06/08/la-mobilit%C3%A9-pour-les-personnes-en-insertion-par-l-emploi/ 

 

6 à 8 millions de personnes freinées dans leur mobilité

 

Nous indiquions, qu’en France, de 6 à 8 millions de personnes à faible ressources rencontrent des difficultés graves et quotidiennes à se déplacer.

 

Les difficultés d’accès à l’emploi qui en résultent handicapent notre économie, sa compétitivité et sa capacité à répondre à des besoins de recrutement, et donc à favoriser l’emploi. Ils ne possèdent ni voiture, ni permis de conduire. Il s’agit de ménages pauvres qui peinent à se déplacer tous les jours. Dans une étude réalisée en 2013, le cabinet de conseil Auxilia décrivait la situation de ces 6 à 8 millions de personnes.

 

L’étude, titrée "Mobilité inclusive » et réalisée à la demande de l’association Wimoov (ex Voiture & Co) et du groupe pétrolier Total, se base sur trois enquêtes concomitantes, menées respectivement auprès de "personnes en insertion" vivant dans 48 départements différents, d’"accompagnateurs", missions locales, structures d’insertion et diverses associations, et d’"employeurs" d’une cinquantaine de secteurs.

 

Ils n’ont ni voiture, ni abonnement à un réseau de transport, ni vélo, pour un quart d’entre eux, et sont chômeurs ou travailleurs à temps partiel qui vivent dans des territoires isolés, petites villes, campagne reculée ou quartier périurbain mal desservi. "La moitié des publics ayant répondu à l’enquête n’ont pas le permis de conduire, et seuls un tiers disposent d’un véhicule", peut-on lire. Ils n'ont jamais pris ni l'avion, ni le TGV, ni le taxi.

 

Les grands dangers du confinement

 

Nous avions fait un article relatif aux analyse de Georges Bensoussan :

 

http://www.infrastructurefrance.fr/2015/08/21/le-plus-grand-danger-le-confinement-g%C3%A9ographique-et-social/  

                                   

On y parlait du phénomène de « déliquescence de la nation que des politiques, conscients mais impuissants, ne réussissent pas à endiguer ».

 

 « Confinement » et « relégation géographiques »

 

L’auteur parle, s’agissant des quartiers, de « confinement géographique » et de « relégation géographique », car le phénomène n’est pas que social et culturel, et en tous cas l’isolement spatial renforce et rend toutes solutions extrêmement difficiles.

 

Notre Think Tank définit une priorité d’action pour les quartiers, les zones interurbaines, les territoires périphériques moins bien desservis que les zones urbaines en particulier et pour lesquels les projets ont de la peine à émerger et à être portés.

 

Les efforts de développement de la mobilité doivent se concentrer sur ces espaces délaissés et se concrétiser, en particulier, par les infrastructures de déplacement quotidien, l’accessibilité aux services, la mobilité résidentielle.

 

Jean Armand

 

 

Nous reprenons ici la tribune récemment publiée 

 

« 7 millions de personnes en âge de travailler (20 % de la population concernée) rencontrent des difficultés de mobilité soit pour des raisons financières soit pour des raisons cognitives.

En septembre 2015, le président de la République a reconnu la nécessité de développer le concept de « plateforme de mobilité » en zone rurale (discours prononcé à la suite du comité interministériel sur la ruralité, à Vesoul, le 15 septembre 2015).

 

Dans la foulée, le premier ministre demandait à l’Inspection générale des finances (« Evaluation de la mobilité géographique des travailleurs », note du premier ministre à l’Inspection générale des finances, 16 juin 2015) de fournir un rapport sur les liens entre mobilité quotidienne et accès à l’emploi et de proposer ses recommandations. La société civile n’est pas en reste : dans son rapport statistique annuel publié en novembre 2015, le Secours catholique pointe du doigt la « fracture mobilité ».

 

Un défi majeur pour 7 millions de personnes

 

Comme le montrent les études du Laboratoire de la mobilité inclusive, ce ne sont pas moins de 7 millions de personnes en âge de travailler (20 % de la population concernée) qui rencontrent des difficultés de mobilité soit pour des raisons financières soit pour des raisons cognitives ; 41 % des employeurs avouent faire face à des obstacles sérieux dans le recrutement de leur personnel pour des raisons de mobilité entre le domicile et le lieu de travail. 50 % des personnes en insertion ont déjà dû refuser un emploi ou une formation pour des raisons de mobilité.

 

Aujourd’hui encore, il n’est pas toujours évident de partir à la recherche ou d’accepter un emploi en horaires décalés, en intérim ou encore comprenant des changements fréquents de lieu de travail lorsque l’on se trouve dans une situation économique fragile, lorsque l’on est isolé en zone rurale ou que l’on ne possède pas de véhicule.

 

Une force de proposition

 

Et pourtant, de nombreux acteurs agissent, certains depuis très longtemps, avec des taux de retour à l’emploi de 50 %, et nous montrent la voie à emprunter pour remettre des milliers de personnes sur le marché de l’emploi et permettre à d’autres une insertion sociale. Sont en jeu non seulement ne le bien-être de personnes exclues mais aussi les finances du contribuable : mieux vaut accompagner avec succès un chômeur vers l’emploi que de se résigner à lui payer ses indemnités.

 

Le Laboratoire de la mobilité inclusive, qui rassemble plus de quinze acteurs issus des mondes du public, de l’économie sociale et solidaire et du secteur privé, est force de proposition au travers des travaux qu’il réalise depuis trois ans : reconnaissance des métiers d’accompagnement de la mobilité, développement des services numériques pour les personnes en précarité, coopération entre acteurs du transport et acteurs de l’accompagnement, amélioration de la qualité des services par le service civique… »

 

 

Les signataires

 

Créé à l’initiative de Wimoov (anciennement Voiture & co) et de Total, le Laboratoire de la mobilité inclusive - qui organise le 28 janvier à Paris les 3e rencontres de la mobilité inclusive - a pour objectif d’associer les grands acteurs de la mobilité - privés, publics, société civile - afin d’analyser les difficultés quotidiennes rencontrées par les publics les plus fragiles et de proposer des solutions innovantes et adaptées à leurs besoins.

 

Il réunit quinze acteurs majeurs de la mobilité du transport et l’insertion socioprofessionnelle : Ademe, AG2R La Mondiale, CNML (Conseil National des Missions Locales), FACE (Fondation Agir Contre l’Exclusion), FARE, FASTT (Fonds d’Action Sociale pour le Travail Temporaire), Keolis, MACIF, Michelin, Pôle Emploi, Fondation PSA Peugeot Citroën, Secours Catholique, Total, Transdev, Wimoov.

 

 

La dernière étape reste toutefois à franchir : décréter un plan national en faveur de la mobilité inclusive pour rendre la mobilité quotidienne plus accessible car, ainsi que l’a reconnu une instruction interministérielle de mars 2015, « le soutien à la mobilité conditionne l’efficacité du soutien des autres politiques publiques en direction des habitants des quartiers populaires, qu’il s’agisse de l’accès à l’emploi, l’insertion sociale et professionnelle, la santé, la culture, l’éducation, etc. ».

Nos propositions

proposition Think Tank DIFF 12-10 .pdf
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Présidentielles:       "ADRESSE AUX CANDIDATS" Version 2

adresse aux candidats 23 12 16 2.pdf
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