Rationaliser l’offre de  transport public et générer de l’investissement

C’est à l’occasion  des rencontres nationales du transport public que  le président de l’UTP, Jean-Pierre Farandou, a annoncé…

… que la baisse de l’offre de transport public  a entraîné un tassement du trafic conduisant à revoir l’offre.

 

Réduire les couts de fonctionnement et investir

Des  économies de fonctionnement sont réalisables et permettent de dégager, en retour, une capacité nouvelle d’investissement si toutes les parties prenantes s’impliquent - opérateurs, élus, pouvoirs publics, usagers.

Notre Think tank a retenu - dans ses propositions -  cette nécessité de définir de nouveaux écosystèmes des transports.

 

Les Priorités de l’action

L’une des Actions  (Agir sur la productivité et l’efficacité des transports) préconisées au sein de l’une des 16  Priorités (Agir sur la productivité et l’efficacité des infrastructures) consiste en particulier à :


o    Engager  l’accroissement de la productivité des infrastructures - comme le décrit l’Initiative sur les infrastructures mondiales de McKinsey -  à l’étape de la planification. Cela  permet une économie – à l’échelle  mondiale -  de 200 milliards/an par la généralisation d’une méthode plus pragmatique de sélection des projets d’infrastructures (évaluation systématique des coûts et des bénéfices sur la base de critères précis qui tiennent compte d’objectifs économiques et sociaux élargis ; le Royaume-Uni a ainsi pu réduire les dépenses d’infrastructures de 15 % pour atteindre le même résultat)


o    Développer une meilleure ingénierie des projets, avec une gestion plus serrée des opérations d’infrastructures, permettant notamment d’accélérer les autorisations et les achats de terrain, de structurer des contrats favorisant l’innovation et instituant une collaboration entre les sous-traitants


o   Accroitre la productivité des infrastructures existantes…


o  Favoriser pour les réseaux la gestion par des systèmes intelligents qui peuvent doubler, voire tripler le taux d’utilisation des actifs (le système de transport routier intelligent sur l’autoroute M42 a réduit de 25 % les temps de déplacement, de 50 % les accidents, de 10 % la pollution et de 4 % la consommation de carburant)


o   Favoriser – pour atteindre des progrès substantiels - une démarche moins fragmentée du processus de décision publique et davantage de coopération entre les secteurs public et privé ( le département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication de la Suisse intègre des objectifs nationaux, établi par le conseil fédéral, dans une stratégie unifiée des infrastructures qui tient compte des besoins de chaque secteur)

 

Une autre priorité consiste à mettre en œuvre les réformes des écosystèmes  en privilégiant la qualité de service ; et cela passe par la suppression des freins aux échanges et à la croissance et par  l’achèvement de  la modernisation et de la libéralisation de certains secteurs, et en particulier dans  les transports publics.


Enfin, et sans reprendre l’ensemble des propositions, cela passe aussi par une réforme la politique du logement et de l’habitat afin de rétablir la mobilité indispensable à l’emploi et à la croissance et la reconstruction de la  mobilité résidentielle (parcours résidentiel).


 Il convient aussi, pour donner cohérence aux décisions en matière d’habitat et de mobilité  de redistribuer les responsabilités afin de mettre en œuvre un pilotage public cohérent et de reconnaitre l’échelon du bassin de vie et d’emploi pour le pilotage local en partenariat avec l’Etat et les opérateurs privés.


Jean Armand

 


Nous reprenons ici l’article de Florence Guernalec paru dans  Mobilicités.

 

L’UTP esquisse des pistes pour enrayer le tassement du trafic dans les transports publics.

« L’offre kilométrique a baissé de 2,4%, selon les chiffres de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) collectés sur les cinq premiers mois de l’année 2015. Un phénomène jamais vu, selon son président, Jean-Pierre Farandou qui tenait une conférence de presse lors des Rencontres nationales du transport public à Lyon.

 

Une spirale infernale

D’où une incidence sur le trafic qui connaît un tassement dans toutes les tailles d’agglomération : +0,2% en tendance en 2015 contre +3% les deux dernières années. Un tassement qui pourrait amener les autorités organisatrices à revoir leur offre… "Nous sommes face à une spirale qu’il vaut mieux arrêter au début, a déclaré Jean-Pierre Farandou. Et il appartient à l’ensemble des acteurs d’enrayer cette spirale."

 

Des solutions à portée de main

A l’origine de cette baisse de l’offre, et donc du tassement du trafic, la baisse des dotations globales de fonctionnement de l’État aux collectivités locales. Face à un financement public qui se raréfie, le président de l’UTP s’est employé à démontrer qu’il existe des solutions pragmatiques qui permettraient de réinjecter 1,5 milliard à 2 milliards par an dans les transports publics si chacune des parties prenantes s’implique. Voici les principaux leviers qu’il a esquissés.

 

Les opérateurs

L’UTP estime que les transporteurs peuvent réaliser 1 à 1,5% de productivité par an. Sur 4,2 milliards de dépenses annuelles, une augmentation de la productivité de 5% permettrait ainsi de réaliser 200 millions d’euros d’économies en quelques années.

 

Les élus

La tarification est le principal levier d’action, selon Jean-Pierre Farandou en présence du président du Gart, Louis Nègre qui défend la même ligne. Si les transports publics revenaient au ratio R/D (recettes/dépenses) constaté voici 20 ans ou tel qu’il existe actuellement dans certains réseaux comme Strasbourg et Lyon, soit 50% au lieu de 31%, les recettes seraient de 2,1 milliards d’euros contre 1,3 milliard aujourd’hui, soit 800 millions supplémentaires.

 

En outre, augmenter la vitesse commerciale des bus représente une source non négligeable d’économies. En effet, créer des voies réservées permet d’augmenter cette vitesse commerciale de 30%, de 17 à 22 km/h. Une meilleure attractivité qui permettrait, selon lui, d’augmenter le trafic de 15% (et les recettes) et de baisser les dépenses : des bus plus rapides impliquent que l’opérateur a besoin de moins de véhicules et de conducteurs pour assurer le même service. Jean-Pierre Farandou a calculé que l’ensemble permettrait un gain de 100 à  200 millions d’euros par an.

 

Les pouvoirs publics

L’UTP demande à l’exécutif de passer à l’action dans la lutte contre la fraude comme il l’a promis voici déjà plusieurs mois. En clair, il s’agit de durcir l’arsenal législatif afin de mettre en place une répression efficace contre les fraudeurs d’habitude. Jean-Pierre Farandou a estimé que les opérateurs pourraient ainsi récupérer 200 millions d’euros par an de recettes supplémentaires sur un total de 500 millions d’euros de manque à gagner (ferroviaire compris).

 

Idem sur le stationnement. La lutte contre la fraude pourrait rapporter, selon lui, 400 millions d’euros par an, une somme qui pourrait être fléchée vers les transports. L’UTP s’impatiente ainsi de voir que la dépénalisation du stationnement votée dans la loi de décentralisation n’est toujours pas mise en œuvre et déplore les "obstacles administratifs et manœuvres" qui ne permettent pas aux collectivités de l’intégrer dans leur politique de mobilité.

 

Les usagers

Jean-Pierre Farandou a mis en lumière en plusieurs leviers d’action : faire accepter aux voyageurs de prendre en charge une part plus importante du coût des transports publics, mais aussi les inciter à ne pas frauder et convaincre les citoyens de prendre davantage les transports en commun.

 

Le président de l’UTP a reconnu que la profession devait faire un effort important de pédagogie : en effet, alors que l’usager en France paie, en moyenne, moins d’un tiers du coût réel des transports et acquitte d'un prix plus faible que dans les pays européens comparables, celui-ci continue à répondre, enquête après enquête, que les transports coûtent cher comme l’a encore montré une étude récente de la CLCV. "Nous devons faire prendre conscience aux usagers de la valeur des transports publics, et notamment des coûts de fonctionnement et d’infrastructures", a déclaré Jean-Pierre Farandou.

 

TVA, le combat continue

 

Enfin, Jean-Pierre Farandou a conclu sa conférence de presse sur la TVA. L’UTP n’abandonne pas l’idée de convaincre le gouvernement de revenir à une TVA à taux réduit dans les transports du quotidien (5,5% contre 10% actuellement) : "C’est une cause juste, nos arguments sont indiscutables, la mobilité est un service de première nécessité. Nous continuerons à mener ce combat." »

 

 

Nos propositions

proposition Think Tank DIFF 12-10 .pdf
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Présidentielles:       "ADRESSE AUX CANDIDATS" Version 2

adresse aux candidats 23 12 16 2.pdf
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