Notre inadaptation au monde moderne est patente

Éric Scherer  a publié – évoquant Jean Sérisé -  dans Meta Media de  France tv info un article « Un geek de 95 ans : notre inadaptation au monde moderne est patente » ou il met en valeur des extraits de l’ouvrage  de cet acteur public et économiste de 95 ans : «  La France n’est pas seule au monde, sous-titre : »l’apprentissage de la réalité ». Nous reprenons ce papier à lire.

 

« Décidément, les jeunes ne sont pas les seuls à entrevoir le monde qui vient, « à entendre venir le contemporain », comme dit l’académicien-philosophe Michel Serres, 86 ans.


Au tour de l’ancien haut-fonctionnaire Jean Sérisé, 95 ans, de nous montrer que, même issu de la 1ère promo de l'ENA (1946) et ayant travaillé de longues années aux côtés de Pierre Mendès France et de Valéry Giscard d’Estaing, on peut éviter d'être un fossile analogique.


Né en Béarn, d’une famille de paysans, implantés là-bas depuis mille ans ou peut être beaucoup plus », Sérisé fustige, dans « La France n’est plus seule au monde », essai publié au printemps, l’incapacité des classes dirigeantes, des institutions et des médias français à embrasser les défis d’aujourd’hui, notamment ceux nés de la révolution numérique et d’Internet.


Celui qui fut un des fondateurs de la macro-économie française, les exhorte à "l'apprentissage de la réalité".

 

Extraits :

Notre inadaptation au monde moderne – car en fin de compte c’est de cela qu’il s’agit-- est patente. Elle est, nous l’avons vu, quasiment génétique. Il faudra plusieurs générations pour nous remettre à niveau, car l’éducation est d’une inertie fantastique ». (…) Le plus étonnant est que nous sommes plus ou moins conscients de ce qui nous arrive et que, cependant, nous ne fassions rien pour réagir. Nos institutions – c’est une constante – sont en retard sur la technique.  

 

Le smart phone fait un moment oublier aux hommes la médiocrité de leur condition »

C’est un immense progrès, salué par des milliards de consommateurs.

Les anciens habitués à l’écriture (une technique qui semblait éternelle) contemplent, incrédules, ces processions urbaines parlant dans le vide. Ils comprennent qu’ils n’ont plus tout à fait leur place dans le monde d’aujourd’hui ».

 

Démocratie directe : réseaux sociaux, "nouvelle manière de vivre en collectivité"   

Les réseaux sociaux sont le dernier avatar de la mutation démocratique engendrée par la technique. (…) C’est une autre façon de vivre ensemble entièrement nouvelle, qui ignore les hiérarchies, les classes sociales, les tabous, et qui sonne g-finalement plus juste et plus authentique que ce qui est dit ou écrit dans les médias.


Comme « le téléphone a transformé les ambassadeurs en êtres inutiles et mélancoliques », « les techniques d’informations ont totalement modifié le fonctionnement de la démocratie.


Le numérique et ses applications foisonnantes ont fait surgir les réseaux sociaux, nouvelle manière de vivre en collectivité, parallèles aux institutions mais infiniment plus réactifs, très impressionnants par ce qu’ils laissent pressentir : une autre démocratie.


Il faudra quelque temps pour remettre en concordance le temps des internautes et celui des décideurs et adapter les institutions aux techniques modernes d’information. Pour l’instant, il est clair qu’on ne sait pas ». 

 

Le plus révolutionnaire est à venir

La révolution numérique en cours est une mine de productivité (…) le seul vrai facteur révolutionnaire.

Le progrès technique est révolutionnaire. Nul ne peut le contester.

Mais la question intéressante n’est plus là.


La vraie question est : existe-t-il, en pratique, un autre facteur révolutionnaire ?

La réponse raisonnable et dépassionnée est : non.


L’homme politique véritable est celui qui prend conscience très tôt des évolutions en profondeur, qui devine les convections souterraines, qui pressent les séismes et les évite en proposant à temps les réformes qui réduisent les tensions sociales. Le véritable politique n’est pas un devin. C’est un visionnaire du présent (alors que les politiciens ordinaires avancent l’œil fixé sur le rétroviseur).


La politique n’est pas la victoire des idées les plus généreuses sur l’injuste réalité. C’est autre chose. C’est la perception par des esprits concrets, puis la traduction en règles sociales des mutations inattendues de la société technicienne.

La conclusion est rude.

Le révolutionnaire n’est pas celui qu’on croit.


C’est l’inventeur du feu, c’est le premier semeur, c’est celui qui découvre l’imprimerie. De manière plus générale, c’est celui qui produit un peu plus avec un peu moins de peine.



Le monde évolue en profondeur parce que d’obscurs et anonymes acteurs, plutôt astucieux, plutôt malins, réussissent à faire leur petit boulot un peu mieux en moins de temps.



On a trouvé bien avant de comprendre.


Une évolution intéressante est qu’aujourd’hui théoriciens et expérimentateurs travaillent en équipe. L’un guide l’autre et réciproquement. Cela n’a l’air de rien mais c’est une vraie révolution dans l’art d’acquérir des connaissances.

C’est pourquoi, en peu de temps, nos façons de vivre, nos institutions, nos morales d’aujourd’hui apparaîtront à nos descendants aussi dépassées que le sont pour nous celles de nos grands-parents. Le plus révolutionnaire est à venir parce qu’il reste beaucoup à inventer.

 

La mémoire artificielle "dominera bientôt la planète"

 Le temps de l’information n’est pas celui de l’homme, infiniment trop lent. C’est pourquoi celui-ci est éjecté des processus de décision. Ce sont des machines qui gèrent les circuits de sécurité, des ordinateurs qui achètent ou vendent en Bourse, et qui décideront bientôt de l’emploi des armes atomiques.


Par l’écriture, l’imprimerie, les archives, Internet, l’homme ajoute à sa mémoire naturelle des mémoires artificielles d’une taille illimitée.

Nous passons le tiers de notre vie (et peut être davantage) à apprendre, c’est-à-dire à transférer dans nos propres circuits neuronaux les informations détenues par d’autres cerveaux. Travail ingrat et qui devient inutile ou dérisoire puisque simultanément se développe une gigantesque mémoire artificielle, une mémoire qui s’accroît chaque seconde, monstrueuse et inhumaine. Ce cerveau là (ou ceux qui le gèrent) dominera bientôt la planète. « 

 

 

 

 

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