Chômage: une « entourloupe » ? 

C’est le terme utilisé dans le titre de l’article de Christine Kerdellant, publié dans l’Express. Et l’entourloupe est attribuée  au Président de la République. Au-delà du titre choc,…


… la réalité du chômage s’avère en effet humainement dramatique et la posture politique inédite. Comme notre Think Tank a pu l’écrire une des questions n’est-elle pas : « l’emploi, le guetter ou le construire ? », cette question s’appliquant également à la croissance.

La situation économique si dégradée et le niveau d’emploi si bas, que par l’effet de contre cycle ce dernier finira bien par progresser. D’autant que cet  été, le gouvernement décide de changer la nomenclature et supprime 10 000 chômeurs désormais placés dans la catégorie de ceux qui sont considérés comme n'étant pas à la recherche d'un emploi, et le ministre du Travail parle de  stabilisation malgré une hausse de 1300 chômeurs, qui seraient 11300 sans les changements évoqués.

J.A.

 

Nous reprenons ici l’article de l’Express.


 « François Hollande ne cesse de lier son destin au taux de chômage. La France est le seul pays d'Europe où le chômage a augmenté depuis la fin de la crise financière. Il est chez nous deux fois plus élevé que chez les autres grands occidentaux.

A priori, François Hollande n'a rien d'un kamikaze. Pourtant, il ne cesse de lier son destin à cet indicateur qui le nargue depuis le début de son mandat: le taux de chômage. Le chiffre n'a en effet pas cessé d'augmenter depuis mai 2012, quand l'Hexagone comptait 2,9 millions de chômeurs. Le cap des 3 millions est franchi dès septembre 2012 et le nouveau président fait alors la promesse d'inverser la courbe avant la fin de 2013. Il le répète en juillet 2013 et, en fin d'année, est démenti par les faits. Pourtant, en avril 2014, chez Michelin, le président surprend tout le monde en durcissant son discours: il annonce qu'il ne sera pas candidat en 2017 si le chômage n'a pas diminué. 

 

Excellent calcul politique

Les faits continuent de le contredire et, il y a quelques jours, à 3,55 millions de chômeurs, il réitère son engagement. Il devra s'agir, précise-t-il, d'une baisse "crédible, longue et répétée". Et certains de s'étonner de cette obsession masochiste. Ils ont bien tort: elle relève d'un excellent calcul politique.

Car le chômage va baisser. C'est obligatoire: la croissance a redémarré par la grâce d'une conjoncture internationale miraculeuse (baisse du pétrole, de l'euro, des taux d'intérêt) et, sauf accident, nous serons probablement en rythme annuel autour de 1,5% de croissance pendant les derniers mois de l'année et au début de l'an prochain; à ce niveau, le chômage doit régresser en France, compte tenu de notre démographie et des conditions du marché. Tous les économistes le disent, ainsi que l'Insee, l'Unedic et l'OCDE. La seule question est la date exacte du retournement: septembre, décembre, janvier? Et son importance aussi: Hollande s'est bien gardé de dire que la baisse devrait être "rapide" ou "massive"...

Quoi qu'il en soit, cette diminution se sera bien fait attendre: la France est le seul pays d'Europe où le chômage n'a pas régressé depuis la fin de la crise financière! Il est chez nous deux fois plus élevé que chez les autres grands occidentaux: 10,3% en France, contre 4,7% en Allemagne, 5,6% au Royaume-Uni et 5,5% aux Etats-Unis. 

 

Les incantations ne suffisent pas

Et pour cause: le gouvernement n'a cessé de prendre des mesures qui ont cassé la croissance et enrayé la reprise qui démarrait ailleurs: mis à part le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), devenu pacte de responsabilité - la seule mesure favorable aux entreprises... que les socialistes voudraient maintenant détricoter -, la liste des "freins" est interminable : sur l'emploi à domicile (pénalisation des particuliers-employeurs), l'emploi dans le bâtiment (loi Alur), l'emploi à temps partiel (24 heures par semaine au minimum), l'apprentissage (suppression de certaines aides), etc. 

Sur le chômage, le gouvernement raisonne de manière macroéconomique (dépenses publiques pour le traitement social du chômage, confiance aveugle aux cycles économiques...) quand il faudrait raisonner en termes microéconomiques (partir du terrain, examiner les emplois non occupés, créer les écoles correspondantes, inciter vraiment les entreprises à recruter des apprentis, etc.). Les incantations ne suffisent pas.

 

Le choix des armes

François Hollande sait qu'aucun président ayant échoué sur le front du chômage n'a jamais été réélu (sauf Mitterrand en 1988, mais il sortait d'une cohabitation, et c'est son Premier ministre Jacques Chirac qui a été puni). Il ne prend donc aucun risque à enfoncer le clou: si la courbe ne s'inverse pas, il ne sera pas réélu de toute façon. Mais par chance, malgré ses erreurs économiques, elle va s'inverser, au moins pendant quelques mois, et sauf accident. 

Hollande pose donc les conditions de sa réélection. Il se donne le choix des armes. La tactique est habile! Pour le contrer, ses opposants devront montrer que la France a été le pire élève européen depuis 2012 et rappeler que le président s'était engagé à faire baisser le chômage dès le début de son mandat: seul un retour au-dessous de 2,9 millions de chômeurs pourrait donc être considéré comme un succès. »

Nos propositions

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