Un nouvel avenir pour les trains Intercités ?

Disparition de trois trains de nuit sur quatre, suppression de certaines dessertes au profit de lignes d'autocars, diminution de la fréquence sur des axes déficitaires, c’est ainsi qu’est résumé…

… le rapport de la commission parlementaire sur le sujet présidée par le Député  Philippe Duron, ancien Maire de Caen. Les élus locaux étaient très inquiets à l’approche de la publication du rapport, ils redoutaient un scénario noir pour les dessertes ferroviaires interurbaines.

 

Le constat fait par le rapport est sans concession et emporte des conséquences à court terme. Le rapport devrait  toutefois faciliter des décisions qui, si elles sont prises,  ouvriront des perspectives de modernisation d’un réseau de mobilité majeur pour les territoires.

 

Un constat très sévère

 

Le rapport remis au gouvernement  dresse un constat sévère de l’état du réseau Intercités qui concerne 100.000 voyageurs: “une qualité de l’offre continuellement dégradée, des temps de parcours sensiblement augmentés, une régularité qui a régressé”.

 

La Cour des comptes avait déjà fait en février dernier un plaidoyer pour une réduction du réseau des trains Intercités afin de le sortir de l’impasse financière. Les 320 trains qui circulent sur les 35 lignes Intercités (35 lignes : 23 de jour et 12 de nuit) transportent en effet quotidiennement quelque 100.000 voyageurs.

 

Ce rapport dresse un constat sévère de l'état du réseau: «une qualité de l'offre continuellement dégradée, des temps de parcours sensiblement augmentés, une régularité qui a régressé»… L'infrastructure est vieillissante, tout comme le matériel roulant datant des années 80.

Résultat: les 325 trains quotidiens «n'apportent pas le niveau de qualité de service requis». Les Intercités souffrent de la concurrence des TGV et TER ou encore de la route (car et covoiturage).

 

Même si 31,3 millions de passagers les ont empruntés l'an dernier, le taux de remplissage moyen stagne autour de 50%. La gouvernance,  entre l'État et la SNCF, ne permet pas d'améliorer la situation. Financièrement la SNCF creuse un  déficit sur cette offre qui devrait avoisiner les 400 millions d'euros cette année.

 

«Il faut revisiter complètement l'offre, dynamiser le réseau et offrir des solutions adaptées à la demande», a confié Philippe Duron. «Quand vous voyez qu'un train Intercités, pour faire Bordeaux-Lyon, met plus de six heures, là où une compagnie aérienne low-cost met une heure, ça n'a pas de pertinence», souligne-t-il.

 

Suppressions et substitutions

 

Les Intercités pourraient  être supprimés sur  cinq tronçons de lignes sur lesquelles  existent par ailleurs  des dessertes TGV ou TER : Toulouse-Cerbère, Quimper-Nantes, Bordeaux-Toulouse, Marseille-Nice et Saint-Quentin-Cambrai – et sur lesquels, estime la commission. Les lignes Toulouse-Hendaye et Clermont-Ferrand-Béziers pourraient quant à elles être transférées sur route et assurées par autocars.

 

Le rapport préconise de ne conserver que quatre des douze lignes de trains Intercités de nuit, entre Paris et Briançon, Rodez, Toulouse et Latour-de-Carol.

 

Concernant les trains de nuit, le rapporteur souligne que "le modèle économique n'est plus viable" et acte notamment la suprématie du car sur les trains de nuit. Rappelons que la loi Macron entend libérer le transport par autocar, ce qui pourrait encore affaiblir le rail. 

 

Renforcement de l’offre ferroviaire

 

Le rapport plaide pour  « un renforcement de l’offre ferroviaire  associé à une meilleure utilisation du matériel roulant, sur des « les lignes dont le résultat économique est aujourd’hui en-deçà de leur potentiel réel »  (en particulier : Paris-Clermont-Ferrand, Paris-Amiens, Nantes-Lyon, Paris-Limoges, Paris-Caen ou encore Bordeaux-Marseille. Par ailleurs, les lignes pendulaires, entre l’Ile-de-France et les régions limitrophes, la « grande banlieue », pourraient être transférées aux régions, dans le cadre d’un accord avec l’Etat.

 

Le rapport affirme la nécessité de poursuivre les investissements pour renouveler le parc de trains Intercités, et offrir des services conformes aux attentes des voyageurs.

 

Une ouverture à la concurrence des Intercités

 

L’ouverture à la concurrence, prévue par l'Europe pour 2019 et déjà réalisée dans bien des pays devient enfin une perspective.

 

Le rapport propose des, dans le cadre de délégations de service public,  sur les lignes de nuit et sur certaines lignes de jour. Philippe Duron parle d’un processus « inéluctable : « Quand vous voyez qu'un train Intercités, pour faire Bordeaux-Lyon, met plus de six heures, là où une compagnie aérienne low cost met une heure, ça n'a pas de pertinence » alors qu’il « coûte 137 euros, et est subventionné, en plus, à hauteur de 281 euros. Face à cela, le même trajet avec une compagnie aérienne low cost coûte 96 euros ».

 

Beaucoup reste à faire

 

Alain Vidalies, le secrétaire d’Etat aux Transports, rappelle que « ce rapport, qui n’engage en l’état pas le gouvernement, va désormais être présenté aux commissions compétentes du Parlement ». Il ajoute que le gouvernement « présentera fin juin une feuille de route, en plusieurs étapes, comprenant l’indispensable concertation avec les Régions ». En effet, il y a là un déficit de gouvernance, les Régions étant peu associées à ces réflexions et aux scenarios envisagés. La SNCF, elle-même, est en attente.

 

Une fois encore davantage de cohérence eût été souhaitable sur ces sujets, quand on rappelle, par ailleurs, qu’il y a quelques semaines seulement la Loi Macron prévoyait un dispositif de libéralisation des transports par autocar.

 

A.J.

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