Logement : les conditions d’une mobilité génératrice d’emploi.

La mobilité est le principal facteur de la croissance  et de l’emploi. Il s’agit d’une part de la mobilité quotidienne…

… traditionnellement appelée « domicile travail » qui avec le « nomadisme » prend une dimension nouvelle. Cette première mobilité est assurée par les modes de déplacements.

                                                      

Le logement,  un déterminant essentiel de mobilité géographique

 

Mais il s’agit aussi, d’autre part,  de ce que l’on appelle la « mobilité géographique  ou résidentielle», c’est-à-dire du changement de résidence pour aller habiter dans un nouveau  bassin d’emploi, en particulier pour y exercer une nouvelle activité économique. Ainsi l’accessibilité du logement à proximité des emplois, en termes de qualité, de prix et de rapidité est un facteur de croissance considérable puisqu’elle permet aux offres d’emploi d’être pourvues d’une part, et aux candidats à de nouveaux postes de se déplacer pour s’en rapprocher. C’est ce que les économistes appellent l’appariement entre la compétence et l’emploi. La mobilité favorise,  conditionne même,  cet appariement.

 

La bonne réponse au besoin de logement est un facteur majeur de croissance

 

On le conçoit aisément, le logement  conditionne la capacité pour une personne à se rapprocher de son lieu futur de travail ; et par l’appariement ainsi créé, il est facteur de croissance et d’emploi. Les théories économiques de Mac Faden, mises en lumière et en pratique par Jean Poulit, démontrent cela. C’est pour cette raison que notre Think tank classe l’habitat dans l’infrastructure d’un pays, et le considère comme  source vitale  de richesse et de développement humain et familial, à tous les âges de la vie.

 

Le logement, en cela qu’il facilite la bonne localisation des emplois pourvus, est un facteur structurant majeur pour une économie en prospérité.

 

Et il s’agit là de la conséquence majeure en terme de croissance induite d’une politique du logement qui permet une accessibilité, rapide, de qualité et bon marché. C’est l’une des conditions essentielles de la compétitivité des entreprises, puisque ces dernières trouveront plus facilement les compétences attendues dans la mesure où celles-ci peuvent changer de lieu de résidence.

 

Bien entendu, le logement - sa construction, son exploitation, sa gestion - constitue un secteur économique à part entière et génère très directement un écosystème créateur de richesses et d’emplois.

 

On l’aura compris notre Think Tank privilégie le premier aspect compte tenu de son influence sur la « prospérité et la mobilité » qui est notre slogan en quelques sortes. Les aspects relatifs au secteur du logement proprement dit ne sont toutefois pas à négliger, car son bon fonctionnement, outre qu’il crée des emplois directs,  rejaillit directement sur la mobilité.

 

Une situation française originale et grave

 

Les comparaisons européennes montrent, qu’en France,  par la rareté de l’offre, son  déséquilibre géographique, son  prix et le  caractère « captif » du logement social, le logement est un frein considérable à la croissance. Les besoins sont considérables et un consensus politique existe pour construire 500 000 logements par an.

 

Et pourtant on ne construit et ne rénove toujours pas suffisamment en France au regard des besoins des territoires, malgré qu’il s’agisse d’un secteur non « délocalisable ». Pourtant, la production de logements contribue fortement à l’emploi, à la croissance et à l’équilibre des comptes publics.

 

Cette pénurie d’offre maintient des prix élevés, contraint nombre de salariés à de longs déplacements entre domicile et travail, et, pour les entreprises, rend certains recrutements plus difficiles. C’est donc un enjeu de compétitivité pour notre économie.

 

Clarifier et libérer

 

Pour cela, il convient à la fois de simplifier et de libérer les contraintes pesant sur la construction et d’accélérer la rénovation du parc existant.

 

Il convient aussi de s’interroger sur le système français du logement social qui privilégie l’aide à la pierre, même si les aides à la personne existent également, le logement spécifiquement réservé aux populations qui remplissent les critères de revenu. Ce système public est très massivement aidé par les fonds publics et connait ses propres limites « internes » car, malgré son caractère protégé, il ne produit pas l’objectif assigné en  nombre et en juste localisation de logements.

 

Le caractère « captif » de l’aide à la pierre est très rarement analysé, et il est pourtant flagrant. En effet, l’aide à la pierre étant privilégiée par rapport à la personne. La mobilité est réduite d’autant puisque le bénéficiaire d’un logement social ne le quittera pas facilement pour un logement sur le marché libre, même avec le bénéfice d’une aide à la personne améliorant sa solvabilité, et s’il veut candidater pour un logement social dans un autre bassin de vie il devra patienter des mois voire des années.

 

Sans que nous voulions ici caricaturer, il est important de rappeler les mécanismes induits par l’aide publique au financement de la production de logement sociaux réservés aux moins solvables qui de ce fait seront plus que les autres éloignés du travail.

 

Ce mécanisme, s’il n’est pas régulé et compensé par les aides à la personne constitue un frein considérable à l‘appariement entre emploi disponible et compétence disponible sur un territoire.

 

Comment revivifier ce secteur économique ?

 

Récemment, le Medef, conscient des nouveaux enjeux qui se posent désormais (mixité sociale, aménagement du territoire, notamment en prenant en compte le fait métropolitain, dépendance…) a décidé d’élaborer des propositions  pour tenir compte de ces enjeux.

 

Pour Pierre Gattaz, président du Medef, il est impératif de  relancer une filière d’excellence française et de répondre à une préoccupation croissante des entreprises.

 

« C’est à la fois une exigence républicaine et sociale qui doit mobiliser l’ensemble des acteurs, et un enjeu économique fondamental. »  Mais le Medef  décide aussi d‘améliorer le dispositif qui dépend de lui, Action Logement,  pour le rendre plus proche des attentes des TPE et PME.

 

Les orientations proposées par le Medef

 

1.     Libérer du foncier constructible à des conditions abordables dans les secteurs où sont localisés les besoins.
 
2.     Maîtriser l’élaboration des réglementations et des normes de construction pour contenir les coûts.
 
3.     Rendre plus incitatifs et performants les dispositifs publics en faveur du logement
 
4.     Favoriser la rénovation énergétique du parc existant.
 
5.     Rééquilibrer les rapports locatifs et créer un véritable statut de bailleur privé.
 
6.     Rendre la réponse du logement social plus efficiente, dans un contexte budgétaire contraint.
 
7.     Recentrer la participation des employeurs à l’effort de construction sur sa vocation d’origine : « faciliter l’accès au logement pour favoriser l’accès à l’emploi ».

 

Un demi-point de croissance en moins en 2014, 100 000 emplois directs perdus

 

Le besoin est souvent estimé à  500 000 logements à construire par an. Année après année, les indicateurs se dégradent avec un recul des mises en chantier de 133 000 logements entre 2007 et 2014. La pénurie d’offre qui maintient des prix élevés, des salariés contraints aux longs déplacements et moins productifs, parfois même des entreprises qui ont des difficultés à recruter.

 

Mais c’est aussi, selon les chiffres des professionnels de la  construction ,0,4 point de croissance en moins en 2014, plus de 100 000 emplois – directs sans compter les emplois indirects générés par la mobilité des personnes - détruits depuis 2007, et des milliards d’euros de manque à gagner pour l’Etat  ainsi que pour les collectivités locales.

 

Les solutions sont multiples et l’essentiel repose  sur la confiance des ménages et des opérateurs.

 

 Les ménages peuvent investir dans un environnement règlementaire stable, sécurisé, porteur d’avenir à long terme. Les entreprises du secteur sont prêtes à construire davantage si les mêmes conditions sont respectées. Une relance de  la construction et de la réhabilitation de logements créerait par ses effets directs sur la mobilité des compétences de la richesse et du bien-être collectif.

 

Une réforme des processus et des esprits

 

Les solutions d’il y a 20 ans sont dépassées et créent des effets pervers. L’Etat comme  les collectivités territoriales doivent reformer leurs interventions, dans le sens de la création des conditions de fonctionnement plus libre et plus motivant d’un secteur économique à part entière.

 

La nécessité d’offrir des conditions de logement à tous reste un objectif mais l’attention aux plus démunis ne doit pas rendre ceux-ci dépendants, nous disions plus haut captif, et donc éloigné - parfois durablement - de l’emploi.

 

Assouplir le travail et faciliter la mobilité

 

L’action publique doit découler d’une vision qui tient compte en priorité des conditions de l’emploi, donc des mutations du travail.

 

Les contrastes  démographiques doivent eux aussi être davantage intégrés dans des politiques territoriales cohérentes.

 

L’assouplissement du marché du travail doit accompagner une fluidification du marché du logement,  tous deux facteurs de mobilité: il y a là un effet direct et massif sur la croissance et l’emploi.

 

Gilles de Landene

Nos propositions

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