Schiste : un débat réouvert et aussitôt refermé

Un rapport d'experts, propose l'expérimentation en France d'une technologie d'exploitation à base de fluoropropane, une alternative à la controversée fracturation hydraulique...

…Ce rapport est resté lettre morte dans un environnement où les craintes souvent partagées entre opposition et majorité empêchent un vrai débat en France, comme notre Think Tank l’a regretté.

 

Refus et craintes dominent

 

Le rapport a été publié par le figaro et La Ministre compétente a clôturé le débat par un Tweet : le débat a donc été relancé mais a aussitôt été  stoppé par la Ministre en charge de l’écologie.

 

Dépasser les peurs : http://www.infrastructurefrance.fr/2015/01/02/gaz-de-schiste-d%C3%A9passer-les-peurs/

 

Le rapport sur «les nouvelles technologies d'exploration et d'exploitation» des gaz et huiles de schiste en France commandé par l’ancien ministre  Arnaud Montebourg, semble n’avoir été tiré qu'en sept exemplaires.

 

Des experts de haut niveau

 

Le secret qui a entouré sa rédaction souligne qu'en France, le gaz de schiste reste un tabou absolu. Pourtant les  experts de Bercy - ceux du CGEIET (Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie, et des technologies) y ont travaillé, comme ceux de la DGCIS (direction générale de l'industrie), du Trésor, ceux  de l'IFP (Institut français du pétrole), et ceux encore de l'OFCE ou du cabinet Roland Berger.

 

Conclusion : il est faisable d'exploiter des gaz de schiste sans recourir à la fracturation hydraulique, controversée et interdite en France depuis la loi Jacob de 2011. Il détaille comment  la France peut en tirer parti, en termes de croissance, d'emplois, de compétitivité industrielle, d'indépendance énergétique.

 

Une technologie légère

 

Le rapport préconise une première phase d'expérimentation. La technologie s'accommoderait de micro-forages moins destructeurs de l'environnement et des paysages : un parking de 15 places.

 

Cela viendrait donner tort  à bien des objections qui empêchent depuis cinq ans la France de traiter le sujet des gaz et des huiles de schiste, qui a pourtant donné  outre-Atlantique dopé la croissance.

 

Une gestion politique du dossier, un  veto absolu opposé par les Verts et le ministère de l'Écologie, la prudence de l'Élysée et de Matignon, les réticences de l’opposition ou encore le silence discret – jusqu’à ce jour - d’opérateurs français qui pourtant travaillent sur le sujet à l’étranger…tout concourt à l’enterrement du dossier.

 

000 emplois et près de 300 milliards de richesse créée

 

Faisant cela, la France  se prive – t –elle  d'une rente comprise entre 103 et 294 milliards d'euros sur trente ans, ainsi que de 120 000 à 225 000 emplois sur la même période, soit 1,5 à 2 points de chômage en moins. C'est en tous cas ce qui ressort d'un rapport commandé en 2012 par Arnaud Montebourg.

 

Début 2014, déjà, Le Canard enchaîné avait révélé l'existence du rapport et  il resurgit dans un contexte où les industriels du secteur s'activent pour rouvrir le dossier des hydrocarbures non conventionnels en France.

 

Une fausse alternative à la fracturation hydraulique ?

 

La seule technique aujourd'hui disponible pour extraire les huiles et gaz de schiste de la roche-mère – la roche profonde (entre 1 500 et 3 000 mètres) et compacte où ils sont confinés – est la fracturation hydraulique. Celle-ci consiste à fissurer la roche en y injectant, à très forte pression, un fluide composé principalement d'eau, mais aussi de sable et d'un cocktail d'additifs chimiques toxiques.

 

Du fait des risques pour l'environnement, cette technique, par ailleurs très gourmande en eau et susceptible de provoquer des fuites de méthane, a été prohibée en France par la loi du 13 juillet 2011, votée à l'initiative de Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Une interdiction plusieurs fois réaffirmée par François Hollande et par ses ministres de l'écologie successifs.

 

La préservation de l’environnement assurée ?

 

Le rapport affirme que « les progrès technologiques spectaculaires permettent désormais de concilier l'exploitation des gaz de schiste avec le respect scrupuleux de l'environnement et de marier les hydrocarbures non conventionnels avec l'écologie ». Il préconise une autre méthode, dite « stimulation au propane pur ou au propane non inflammable ». En réalité, il s'agit toujours de fracturer la roche-mère, non plus avec de l'eau, mais avec du propane liquéfié ou un dérivé fluoré. L'avantage est de ne pas consommer d'eau et de ne pas nécessiter d'additifs chimiques.

 

Mais le propane pur est un gaz inflammable, ce qui entraine d’autres difficultés.

 

Ce n'est pas tout. Le NFP est un gaz à puissant effet de serre : son potentiel de réchauffement climatique est environ 3 000 fois supérieur à celui du CO2, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Les industriels du secteur considèrent eux-mêmes que son « empreinte écologique » est « très importante ». Au final, l'heptafluoropropane est loin d'être la panacée décrite par le rapport Montebourg et, à ce jour, il n'existe pas d'alternative « propre » à la fracturation hydraulique.

 

Seules des études des sous-sols permettront de connaitre l’ampleur de la ressource

 

Le rapport parlementaire avait souligné des « gisements incertains dans le sous-sol français », pourtant le présent  rapport indique qu’il «  existe de bonnes raisons  de considérer la présence de ressources très significatives en France, notamment de pétrole de schiste dans le Bassin parisien et de gaz de schiste dans le bassin du Sud-est », affirme le rapport remis à Arnaud Montebourg. Dans le même paragraphe, il poursuit pourtant : « L'ampleur précise des ressources ne peut néanmoins être confirmée – ou infirmée – que par un programme de recherche et d'exploration. »

 

En fait, il n’y a pas de  certitude  sur le potentiel réel du sous-sol français, d’où l’impératif selon nous de faire des études. Les seuls chiffres disponibles au niveau mondial sont ceux de l'agence américaine d'information sur l'énergie (U.S. EIA), dont les dernières données datent de juin 2013. Elle estimait à un peu moins de 3 900 milliards de m3 les réserves « techniquement récupérables » de gaz de schiste en France (3 600 milliards dans le Bassin parisien et 200 milliards dans le Sud-est).

 

La seule façon est  de procéder à des forages exploratoires, qui nécessiteraient, eux aussi, de recourir à la fracturation hydraulique.

 

Le gouvernement clôt un débat à peine entamé

 

Pour le gouvernement en tout cas, le débat reste clos. La ministre de l'écologie l'a rappelé lundi soir sur son compte Twitter : « Les gaz de schiste ne sont plus d'actualité (...) Faisons la transition énergétique. Investissons ENR (énergies renouvelables). »

 

Le débat lui-même est refusé

 

Mardi 7 avril, Ségolène Royal a précisé dans un communiqué : « Relancer le débat sur les gaz de schiste pourrait déstabiliser l'effet de relance économique créé par la transition énergétique. A l'heure où l'on cherche à mobiliser les acteurs des filières industrielles sur les économies d'énergie et les énergies décarbonées, il faut de la stabilité et de la cohérence dans les priorités.»

 

Par ailleurs, on relève la déclaration de Matthieu Orphelin, le porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot: « L'abandon définitif par le gouvernement de la recherche et développement sur toutes les techniques d'extraction de gaz de schiste est une bonne nouvelle pour le climat », confirme. C'est dans les énergies renouvelables et la maîtrise de l'énergie qu'il faut investir. »

 

A suivre et à débattre ?

 

Jean Armand

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