LGV Bordeaux Toulouse : nouveau projet menacé

Un front commun s’est organisé pour demander de ne pas suspendre ce projet de TGV - après bien d’autres annulations que le Think tank a eu l’occasion de regretter. Juppé- Malvy-Moudenc-Rousset « Le Sud-Ouest ne doit pas être pris en otage ». Les élus rappellent  que « le grand Sud-Ouest de la France est sous-équipé au niveau ferroviaire »…

… et contestent  les « arguments d’opportunité qui fondent pour l’essentiel les conclusions de ce rapport et prendraient en otage le Sud-Ouest de la France »

 

Un front commun

 

Dans un communiqué commun, mardi 30 mars 2015, Martin Malvy (président PS de la Région Midi-Pyrénées), Alain Rousset (président PS de la Région Aquitaine), Alain Juppé (maire UMP de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole) et Jean-Luc Moudenc (maire UMP de Toulouse et président de Toulouse Métropole) ont dénoncé cet « avis dans l’air du temps défavorable aux grands projets d’investissement ».

 

Les rédacteurs ajoutent : « L’actuel gouvernement ayant inscrit la poursuite du projet comme unique perspective nationale à compter de 2018, nous nous refusons d’envisager que l’avis de la commission signifie la remise en cause du projet.

 

Les arguments d’Europe Écologie-Les Verts semblent  validés par l’enquête publique

 

Pour les écologistes de Toulouse et Midi-Pyrénées, l’avis défavorable est  une victoire idéologique à retardement.

 

Sur la LGV Bordeaux-Toulouse, le constat semble  « implacable » : « impact environnemental et effets sur les terres agricoles sous-évalués voire non pris en compte, montage financier incertain et sur lequel la visibilité est largement entamée, une fréquentation faible due à l’augmentation certaine du prix du billet qui interroge donc sur la rentabilité socio-économique du projet, un renforcement des métropoles au détriment d’un développement équilibré du territoire ».

 

Le rapport d’enquête souligne par ailleurs : « il n’y a pas «l’expression d’un véritable besoin de LGV dans le Sud-Ouest » ! Et l’avis de la commission ne devrait pas lier le Gouvernement qui a déjà bloqué grand nombre de projets d’infrastructures pourtant essentielles pour les territoires concernés comme pour la prospérité du pays tout entier

 

Un nouveau foyer pour les zadistes

 

Les zaydites ouvrent un nouveau foyer de lutte dans la région d'Agen pour s'opposer au projet ferroviaire qui rognera selon eux de nombreuses terres agricoles.

 

La «Zad» c’est, rappelons-le, la  «Zone à défendre», en novlangue écologiste. Agen rejoint Notre-Dame-des-Landes, Sivens ou encore Roybon pour tuer dans l'œuf ouvrages, aéroports, barrages, et Center Parcs.

 

Cette fois, il s'agit du projet de construction d'une ligne à grande vitesse (LAV) entre Bordeaux et Toulouse, passant à Agen, et nécessitant des centaines d'expropriations étalées sur 3.500 hectares de terres agricoles et de vignobles. Un projet soutenu par l'État et les régions Midi-Pyrénées et Aquitaine, qui remonte à 2005, mais dont l'enquête d'utilité publique vient seulement de se terminer.

 

Un recours contre l'enquête publique est actuellement en cours. Selon le calendrier officiel, les travaux commenceraient en 2017 pour une mise en service en 2024.

 

Le projet et ses avantages pour l’économie et les habitants

 

Le trajet Toulouse-Paris en train est actuellement d'environ 5 heures et demie. Avec l'entrée en service de la LGV Tours-Bordeaux, prévue fin juillet 2017, ce trajet ne serait raccourci que d'environ une heure. Pour refuser le prolongement de la LGV jusqu'à Toulouse, "on nous oppose le fait que la ligne Tours-Bordeaux serait déficitaire de 200 millions d'euros", a relevé Martin Malvy. Mais c'est Toulouse-Paris qui doit justement conforter Bordeaux-Paris, a-t-il dit, citant un argument développé selon lui par les différents présidents successifs de la SNCF.

 

La commission chargée de l'enquête publique vient d'émettre un avis défavorable aux projets de LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Une décision qui suscite l'incompréhension des élus du Grand Sud.

 

Le dernier combat des élus

 

Les élus du Grand Sud vont devoir encore batailler pour que l'État prenne une décision contraire à cet avis. En effet, c'est le gouvernement, après avis du Conseil d'État, qui devra se prononcer en dernier lieu sur la déclaration d'utilité publique du projet dans un délai de 18 mois, soit avant le 8 juin 2016.

 

Cela va encore repousser les délais de mise en service de cette ligne qui devait placer, en 2023, Toulouse à 3 heures de Paris.

 

Le seul  rescapé de « Mobilité 21 » désormais mis à mal

 

La détermination des élus n'a cessé d'être mise à rude épreuve depuis que le TGV en France n'est plus la priorité absolue. En 2013, le projet Bordeaux-Toulouse fut l'unique rescapé de la commission Mobilité 21 sur les infrastructures de transport (rapport Duron). Un sauvetage in extremis qui a fait comprendre que la partie n'était peut-être pas tout à fait gagnée.

 

Prudences ou manque d’audace ?

 

Le rapport prônait l'amélioration des réseaux existants plutôt que la création de LGV. Le 23 octobre, la Cour des Comptes estimait que les LGV devaient être «entourées de plus de garanties de pertinence et de rentabilité.» La commission d'enquête publique semble s'en inspirer largement.

 

Il est vrai que l'exemple tout proche de la ligne Tours-Bordeaux en cours de chantier a de quoi faire réfléchir (ouverture en juillet 2017). Le plus gros chantier européen concédé à Lisea (groupe Vinci) voit son financement remis en cause par des collectivités mécontentes des dessertes annoncées par la SNCF. Quand elle-même s'interroge sur le poids des redevances de péages qu'elle devra reverser à Lisea…

 

Rappel de l’historique du dossier : fin des travaux  prévue pour 2024…

 

Le projet d'une ligne à grande vitesse reliant Toulouse à Paris date des années 80. Au début des années 90, le choix a été fait de privilégier une ligne passant par Bordeaux, plutôt que par Limoges. Une ligne Bordeaux-Toulouse-Narbonne est donc programmée.

 

Depuis près de 25 ans, donc, les TGV circulent entre Toulouse et la capitale, en bénéficiant de la LGV entre Paris et Tours.

 

Au début des années 2000, le projet prévoit des arrêts sur les gares historiques de Bordeaux Saint-Jean et Toulouse Matabiau avec deux arrêts intermédiaires à Agen et Montauban.

 

En 2007, les collectivités se mettent d'accord sur un financement entre région, ville de Toulouse et les conseils généraux.

 

Le tracé définitif est dévoilé en 2013. Le projet final prévoit la construction d'un tronc commun depuis Bordeaux jusqu'au sud de la Gironde, d'où s'embrancheraient la LGV Bordeaux - Espagne, et la LGV Bordeaux- Toulouse proprement dite qui comporterait deux gares nouvelles placées au plus près des villes d'Agen et de Montauban, et se raccorderait à la ligne classique à Saint-Jory, quelques kilomètres seulement au nord de Toulouse.

 

Il faut relancer la croissance par les investissements. Renoncer ce serait accentuer le chômage

 

Les élus ne sont pas les seuls à réagir. Pour le président du Ceser, Jean-Louis Chauzy : «un véritable combat doit être mené jusqu'à cette décision ultime. Des milliers d'emplois sont en jeu dans notre région. Le renoncement serait catastrophique en termes d'image et de compétitivité pour les territoires concernés. Il a déclaré : Il faut relancer la croissance par les investissements. Renoncer ce serait accentuer le chômage.


Jean Armand

Nos propositions

proposition Think Tank DIFF 12-10 .pdf
Document Adobe Acrobat 1.1 MB

Présidentielles:       "ADRESSE AUX CANDIDATS" Version 2

adresse aux candidats 23 12 16 2.pdf
Document Adobe Acrobat 1.1 MB

Actualité

jeu.

13

juil.

2017

Notre actualité

Lire la suite

sam.

27

mai

2017

TGV « inOui » !

Lire la suite