L’économie routière sacrifiée

Le chiffre d’affaires de l’économie de la route de décembre 2014 est inférieur de 14,2 % par rapport à celui de décembre 2013…

…Ce sont les chiffres alarmants que l’USIRF a publié récemment. Son Président, Jacques Tavernier, et la Commission Économique de l’union  des professionnels de la route indiquent que le chiffre d’affaires cumulé sur une période d’un an allant de janvier 2014 à décembre 2014 est inférieur de 11 % par rapport à celui mesuré sur la période de janvier 2013 à décembre 2013.

 

Une économie en récession ?

 

Le carnet de commandes à fin décembre 2014 est inférieur de 14,6 % par rapport à celui enregistré à fin décembre 2013. A fin décembre 2014 représente 5 mois d’activité (référence période d’un an, allant de janvier 2014 à décembre 2014).

 

La somme des carnets en fin de mois sur la période de janvier 2014 à décembre 2014 est inférieure de 12,4 % par rapport à celle mesurée sur la période de janvier 2013 à décembre 2013.

 

Des effets considérables sur l’emploi

 

L’économie de la route, c’est : 1500 entreprises travaux, 90000 salariés dont une très grande part d’emplois locaux sur les territoires et non délocalisables. C’est aussi 88% des voyageurs et 84% du fret.

 

Les effectifs globaux ont diminué de 4,5 % au mois de décembre 2014 par rapport au mois de décembre 2013. La diminution est de 4,9 % pour les ouvriers et la diminution est de 3,9 % pour l’encadrement.

 

Prévisions d’activité 2015 : nouvelles baisses 

 

La Commission Économique de l’USIRF prévoit de nouvelles baisses, de l’ordre de – 6 ,5 %. La baisse en deux ans à la fin 2015 avoisinera les -17,5 %, ce qui est considérable après une baisse de 20 % de 2007 à 2013.

 

Des effets considérables sur la sécurité et les dépenses futures

 

Si l’entretien préventif  n’est pas réalisé cela augmente considérablement  l’entretien curatif, puis ce sont les gros investissements de restructuration qui sont à leur tour accrus. Selon l’USIRF, le cout est alors multiplié par un facteur qui varie entre 5 et 10.

 

Il convient ici de rappeler que l’entretien curatif pèse sur la section de fonctionnement de la collectivité, département ou commune. Soit il réduit l’autofinancement qui de ce fait n’est plus un levier pour les investissements (préventif et structurant)  soit il est réduit  pour faire face aux contraintes de fonctionnement.

 

L’Usirf rappelle une donnée bien étonnante  en ce qui concerne l’usure de la route : un poids lourd chargé use autant que  1million de voitures.

 

En attendant les transferts, tout s’arrête

 

Aujourd’hui c’est effectivement ce qui se passe. Les deux phénomènes se cumulent et par ailleurs les investissements baissent eux aussi de manière considérable, notamment dans les budgets départementaux, pour ceux qui sont adoptés avant les élections départementales, à la fois en raison des contraintes sur les emprunts et la quasi disparition de l’autofinancement, et en raison d’un futur transfert des routes vers la Région. En effet comment dans ces circonstances expliquer une dette nouvelle, alors que par ailleurs les départements devront transférer aux régions les crédits qu’ils ont consacrés aux routes

 

La route, un éco système fragile

 

La valeur patrimoniale du réseau routier est de 2000 milliard d’ € dont 1 750 milliards d’euros pour les réseaux départementaux et communaux.

 

Tributaires du trafic et du climat, les routes et les rues se détériorent avec le temps. Au début silencieuse, cette usure peut se révéler et s’accélérer fortement dès l’apparition des premières fissures. Seul un entretien adapté et régulier permet de prolonger la durée de vie du réseau, de dépenser moins et d’offrir aux usagers de bonnes conditions de sécurité et de confort de conduite.

 

Rénover, entretenir  sont incontournable. Cela est d’une banalité apparente et pourtant la réalité est riche d’innovations et de défis.

 

La route première réseau social

 

Premier réseau social avant l’heure, la route relie les hommes et les femmes  et « facilite leur quotidien, favorise les échanges économiques et l’accès aux services, lutte contre la désertification rurale et participe au bien vivre ensemble », comme le déclare Jacques Tavernier.

 

Un atout majeur pour la compétitivité du pays mise à mal

 

Assumant près de 85 % des échanges de biens et de personnes et représentant, rappelons-le  un patrimoine cumulé de 2000 milliards d’euros, le réseau routier français est l’un des plus remarquables d’Europe.

 

« Un réseau qui, hélas, se dégrade au fil des années, face à l’agression du trafic et des intempéries, et souvent par manque d’entretien. Il y a les signaux d’alerte, il y a aussi les progrès techniques. Avec l’arrivée d’équipements durables et d’infrastructures intelligentes, le renforcement des obligations de sécurité routière et de signalisation, la mise en place d’indicateurs de qualité, la route a de l’ambition » rappelle J. Tavernier.

 

Un guide d’entretien de la route

 

Pour accompagner les maitres d’ouvrages face à ces enjeux majeurs et  pour  alerter sur l’urgence de la situation,  fournir les clés pour comprendre,  rappeler le savoir-faire des experts techniques et  présenter la gamme des solutions adaptées, l’USIRF a publié un livret  conçu comme un guide pratique pour répondre à ces deux questions de base : qu’est-ce qu’une route et comment l’entretenir.

 

L’innovation toujours,  pour la sécurité, l’environnement, la durabilité

 

Ces dernières années, les innovations techniques sont arrivées en force sur le bitume des routes et des rues, apportant des améliorations notables pour les usagers et les riverains pour rendre la route plus sûre, plus respectueuse de l’environnement, plus agréable et plus durable.

 

Beaucoup d’innovations permettent aujourd’hui d’améliorer les conditions de sécurité des usagers. Afin de réduire l’empreinte environnementale de son activité, grâce aux directions « recherche et développement » de ses entreprises et en lien étroit avec les donneurs d’ordre, l’industrie routière a développé de nouveaux produits et procédés, dont le recyclage des matériaux.

 

Modèle d’économie circulaire, les routes se recyclent dans les matériaux bitumineux neufs mis en œuvre pour l’entretien des chaussées. Parmi les produits innovants, citons les enrobés tièdes, les enrobés capteur d’oxydes d’azote, l’éco-comparateur SEVE qui permet de trouver la meilleure variante technique du point de vue environnemental.

 

Rareté des crédits, reforme territoriale interminable et incertaine, frilosité devant l’investissement routier, méfiance devant les financements « intelligents » (aujourd’hui la mode est à l’intelligence : villes, voitures, organisations…intelligentes, pourquoi pas les financements ?) sont autant de conséquences d’un déficit de lucidité des acteurs, d’ « intelligence publique » ?

 

Jean Armand et Thierry Lidolff

Nos propositions

proposition Think Tank DIFF 12-10 .pdf
Document Adobe Acrobat 1.1 MB

Présidentielles:       "ADRESSE AUX CANDIDATS" Version 2

adresse aux candidats 23 12 16 2.pdf
Document Adobe Acrobat 1.1 MB

Actualité

jeu.

13

juil.

2017

Notre actualité

Lire la suite

sam.

27

mai

2017

TGV « inOui » !

Lire la suite