Le mal-logement en France

La Fondation Abbé Pierre publie cette année son 20e rapport sur « L’État du mal-logement en France ». 20 ans après, elle ne s’imaginait pas devoir dresser un aussi dur …

… constat de la situation actuelle. Une occasion de s’interroger sur les blocages structurels, sociaux ou idéologiques, qui produisent aujourd’hui une situation toujours aussi pénible pour plusieurs millions de personnes, dont plus de 3,5 millions sont mal logés ou même en errance.

 

Des dispositifs en échec

 

Ces personnes, dont on parle finalement davantage à coups de statistiques, la Fondation a voulu montrer leur quotidien  se heurtant aux manques criants de réponses à leurs besoins et à des labyrinthes institutionnels froids ou kafkaïens (malgré les nombreuses mesures mises en œuvre ces dernières années, telles la loi Dalo, le « logement d’abord », le SIAO).

 

Aujourd’hui, la crise du logement est toujours aussi criante. Et, malgré des intentions politiques qui auraient pu prêter à l’optimisme, certaines des avancées sociales annoncées ont eu bien du mal à se concrétiser quand elles n’ont pas été détricotées en chemin, alors même qu’elles semblent bénéficier d’un soutien politique et d’un relais dans l’opinion.

 

Pourquoi tant de freins ?

 

Pourquoi cette résistance ? Le manque de volonté des acteurs et des financements publics n’est pas seul en cause. En s’appuyant sur les leçons de ces vingt ans d’action et d’inaction et sur son Contrat social pour une nouvelle politique du logement qui reste en jachère malgré la signature présidentielle, la Fondation Abbé Pierre s’interroge et interpelle à nouveau les pouvoirs publics de tous niveaux. Pour la vingtième fois.

 

« Le Contrat social pour une nouvelle politique du logement  », publié par la Fondation Abbé Pierre avant la dernière élection présidentielle, proposait en 2012 une ambitieuse refonte de la politique du logement. Il avait été signé sans réserve par l’actuel président de la République. Les réformes menées depuis près de trois conduisent la Fondation à faire le bilan des engagements tenus et à actualiser ses propositions.

 

Les promesses non tenues

 

Certains points ont réellement avancé, comme le passage des quotas de logements sociaux de la loi SRU de 20 à 25 % dans les agglomérations tendues. D’autres ont été engagés mais restent au milieu du gué, comme l’encadrement des loyers. Quelques engagements, enfin, ont été tout simplement oubliés : qu’il s’agisse en particulier du doublement des aides à la pierre du logement social ou de la Garantie universelle des loyers.

 

Au final, les objectifs du Contrat social sont bien loin d’être atteints, que l’on pense aux 500 000 logements dont 150 000 logements sociaux à construire par an, au respect de la loi Dalo ou à la prévention des expulsions.

 

C’est pourquoi la Fondation Abbé Pierre  rappelle et actualise ses propositions. L’action à mener pour résorber la crise du logement nécessite, selon elle,  un volontarisme politique fort, inscrit dans la durée, à tous les niveaux du secteur du logement et de l’immobilier, et souvent des moyens financiers supplémentaires. La production de logements neufs est indispensable pour répondre au dynamisme démographique français et à la pénurie de logements. Mais il ne s’agit pas de construire pour construire : les 500 000 nouveaux logements par an doivent correspondre à la demande, d’un point de vue géographique et social, avec des logements abordables, en particulier dans les zones tendues.

 

Une action globale à l’échelle des agglomérations

 

Cet objectif doit s’accompagner d’une action pour libérer le foncier constructible et réguler les marchés immobiliers, en particulier les loyers du parc privé. Et s’appuyer sur une gouvernance locale de l’urbanisme et du logement cohérente et clarifiée, à l’échelle des agglomérations.

 

Au-delà de ces objectifs généraux, une politique du logement plus juste doit, plaide la Fondation,  se soucier en priorité des plus défavorisés, rendre impératifs le relogement des ménages prioritaires Dalo et la mise en œuvre du « logement d’abord », ainsi qu’une véritable prévention des expulsions locatives et des évacuations de terrains, squats ou bidonvilles sans solution digne.

 

J. Armand

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