Réinventer l’action publique ?

« L’injonction au changement », titre le Csa dans sa denier étude. C’est un désir de changement puissant et radical qui ressort de l’enquête : pour 87% des sondés…

… voici un titre fort, interpellatif, pour une étude. Mais ne faut-il pas émettre des injonctions pour réveiller les consciences ?

 

Le changement est une notion positive pour 87% des français sondés (la reforme pour 75%, la révolution pour 57%) Analyser les désirs de  changement des français,  c’est ce que propose l’atelier CSA dans son étude : « Français, si vous réinventiez la France ? ».

 

L’action économique prioritaire

 

Le développement économique, la fiscalité, les impôts et la gestion des finances publiques sont les trois domaines  dans lesquels les choix français sont les plus mal appréciés, avec respectivement  82, 85, 89% de mauvaise opinion.

 

1 français  sur 4 se dit prêt à quitter le pays s’il le pouvait, ce taux est de plus d’un sur trois chez les 18 24. (36 %)

 

Le rejet des dogmes, partis et religions est  très majoritaire. Dans la liste suivante, gaullisme, libéralisme, socialisme, capitalisme, communisme, partis politique, seuls les deux premiers jugés positifs, et les suivants sont jugés négatifs (respectivement : 57, 65, 77, 81%

 

Rénover profondément l’action publique

 

Changer le personnel politique constitue la  priorité des Français ! Comment cette défiance s'est-elle instaurée ? Comment ne pas en faire une fatalité? Notre Think tank aura l’occasion de revenir sur ces sujets superbement étudiés par le Cevipof et Pascal Perrineau.

 

Dans les qualités des personnels politiques, « avoir eu une longue expérience dans le secteur privé » arrive en premier ; les autres, Avoir déjà été ministre, Être issu de la société civile (association, syndicat,) Être diplômé d’une grande école, Avoir été élu plusieurs fois, Avoir travaillé dans une administration, arrivent bien derrière avec des pourcentages allant de 63% à 33%

 

Concernant l’organisation de l’action publique, ils souhaitent à la fois un Etat interventionniste (78%) et un Etat  décentralisé (546%)

 

Un attachement très fort au pilotage public des investissements structurants

 

Les Français veulent à 60% que des entreprises publiques gèrent les transports, les services postaux, les télécommunications ou l'énergie. N’est-ce pas là pour notre Think Tank un signe de l’attachement des français aux investissements structurants pour lesquels le public doit conserver selon eux une initiative forte.

 

Cela rejoint la priorité qu’ils donnent au développement économique placé au premier rang des domaines  à mieux gérer. Cet attachement n’est pas en contradiction avec le libéralisme qui recueille plus de la moitié d’opinions favorables. La voie est donc dans l’équilibre entre privé et public.

 

Adapter et fluidifier, y compris le marché de l’emploi

 

L’étude montre la volonté d’adapter et fluidifier le modèle français pour le rendre plus agile et plus juste, avec 3 axes pour adapter le modèle: 1. Libérer les énergies, 2. Valoriser le travail et reconnaître le mérite, 3. Plus d’équité et de responsabilisation.

 

Près d’un Français sur deux souhaite assouplir le marché de l’emploi et 53% sont  favorables à faire évoluer le contrat de travail.   69% sont  pour la suppression de la durée légale  ou son allongement (respectivement 10 et 49%) L’ouverture des magasins le  dimanche recueille 72% d’opinions favorables.

 

Un souffle de créativité et d’innovation

 

La réhabilitation de l’entreprise est jugée de manière positive par 78% des français

 

Libérer les énergies est devenu une condition indispensable. La créativité (94%) et l’innovation (91%) sont, avec la famille (94%) et la liberté (94%), le quatuor de tête des mots qui évoquent quelque chose de positif pour les Français.

 

Priorité au développement économique

 

Les choix de la France sont  jugés très sévèrement, 89% des sondés désapprouvent la gestion des finances publiques, 82% à mettent  en cause le développement économique. Le logement, avec 74 % d'opinion négative, est lui aussi beaucoup critiqué. En revanche,  le système de santé avec 57% de bonne opinion et les affaires étrangères (54%) sont jugés positivement

 

Au total, et sans développer les autres aspects de l’étude – plus difficiles à objectiver et notamment l’établissement de 5 profils types que le CSA assimile à des « rêves » qui renvoient en fait à des modèles sociaux politiques, au moment où ce sont certainement des modes pragmatiques d’action éloignés des modèles qu’il faut inventer -  la priorité des priorités est de changer l’élite politique (25%). Vient immédiatement  derrière  la vie économique (20%), puis l’emploi (15%) et la fiscalité (9%).

 

Quelles responsabilités  pour les  parties prenantes ?

 

Cette étude qui dans sa forme et les analyses des résultats est tout à fait innovante, est une occasion renouvelée de nous interroger sur les contributions des acteurs de la vie publique comme de la vie économique.

 

Pour 63%, il faut désormais gérer l’action publique  comme une entreprise. Dans un article du Monde, cela est repris comme un « bon pied de nez aux énarques, énormément décriés et qui sont surtout formés pour mettre de l’huile dans la machine, donc entretenir un système plutôt que de le changer ». Peut-être, mais n’est pas se tromper de cible ? Designer un ou quelques boucs émissaires, c’est au fond renoncer à un travail plus approfondi qui concerne l’ensemble des acteurs et des responsables.

 

Un travail aussi sur soi-même : « du gouvernement de  soi  et des autres » titrait Michel Foucault dans ses derniers écrits où il auscultait les rapports de force et de pouvoir ; et où il réhabilitait la « parrêsia », pratique des présocratiques, du « courage de la vérité » et du « parler vrai » qui engagent dans l’action  celui qui s’exprime.

 

C’est l’ensemble des responsables de l’action publique, sphère publique ou sphère privée, qui doivent se remettre en cause, y compris ceux qui parfois sont surtout observateurs,  medias, universitaires et chercheurs. Il s’agit aussi des  syndicats patronaux ou salariés, des citoyens eux-mêmes, des hommes politiques, des enseignants des collèges et lycées, et aussi des fonctionnaires de l’Etat comme des collectivités territoriales.

 

Cette étude montre-t-elle  aussi le souhait que la société civile s’implique davantage et autrement  dans l’action publique ? Peut-être est-ce là le « rêve » qui peut nous éclairer dans l’action ? Un rêve à réaliser pour redonner espérance et confiance.

 

Thierry Lidolff

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