Fonds d'infrastructures : moteurs de compétitivité

« Si vous prenez l'ensemble du secteur de l'assurance, tout l'argent qu'il est en mesure d'investir, et si vous prenez le besoin en infrastructures de la planète,...

…alors il y a une parfaite adéquation. » C'est ce que Michel Liès, le PDG de Swiss Re, a déclaré à Davos.

Il évoquait la création d'une classe d'actifs dédiée aux infrastructures pour permettre aux assureurs de la planète d'investir dans des ponts, routes et autres infrastructures.

 

Une semaine auparavant, la Commission européenne présentait les outils tels que le Efsi, qui seraient mis en œuvre pour faire entrer dans son mode opératoire le plan d'investissement de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission. Ce plan prévoit  plus de 300 milliards d'euros de projets en trois ans en ne mobilisant  qu'une vingtaine de milliards de fonds publics.

 

Voir notre article relatif au plan Juncker :

 

http://www.infrastructurefrance.fr/2015/01/01/les-investissements-strat%C3%A9giques-du-plan-juncker-pour-la-france/

 

Les fonds d’infrastructures sont en plein essor

 

Face aux besoins financiers de plus en plus importants des grands projets d’infrastructures, les sources de financement tendent à se diversifier.

 

Après les fonds publics, les partenariats publics privés (PPP), il est apparu, au début des années 2000 en Europe, les fonds d’infrastructures. Ces derniers ont commencé à se développer en Australie et ils essaiment aujourd’hui partout dans le monde. D’après l’OCDE, le besoin en infrastructures dans le monde est estimé à environ 50 000 milliards de dollars d’ici 2030.

 

Définition de la notion d’infrastructures

 

Les infrastructures regroupent les biens d’utilité publique offrant des services indispensables à la collectivité et à son développement économique et social. Cette classe d’actifs partage certaines caractéristiques avec le capital-investissement ou l’immobilier tout en restant indépendante.

 

En terme financiers, il s’agit d’actifs de longue durée générant des cash-flows stables et prévisibles indexés sur l’inflation et decorrélés du marché financier ainsi que des cycles économiques. Les infrastructures bénéficient de fortes barrières à l’entrée, de nature économique et financière d’une part et de nature légale ou règlementaire d’autre part. De ce fait, ce marché est marqué par une faible concurrence avec quelques acteurs majeurs en position d’oligopoles.

 

Les 5 grandes catégories du marché des infrastructures

 

Les financiers classent en général ainsi les principales familles du très vaste marché des infrastructures :

 

-       l’énergie
-       les infrastructures sociales
-       les transports
-       les utilities (services publics)
-       les télécoms

 

Une nouvelle source de financement

 

Le financement des infrastructures, qu’il soit public ou privé, subit une double pression. D’une part, les pressions budgétaires des gouvernements réduisent les projets publics. D’autre part, les pressions liées à la réduction de l’effet de levier à la suite de la crise et des nouvelles règlementations bancaires réduisent les prêts bancaires. Ainsi, face à cette double pression, les industriels se tournent vers les investisseurs en infrastructures pour financer leurs projets.

 

Les fonds d’infrastructures représentent environ les 2/3 des investisseurs. Les autres moyens sont : l’investissement en direct, les fonds de fonds ou les actions cotées. Ces derniers permettent aux investisseurs de s’ouvrir à une nouvelle classe d’actifs peu risquée avec des revenus certes faibles mais récurrents et prévisibles sur le long terme. Investir dans ces produits permet d’avoir une ligne de fond de portefeuille stable et mieux rémunérée que les produits monétaires tout en offrant des garanties équivalentes.

 

Les caractéristiques du marché des fonds d’infrastructures

 

Le marché des fonds d’infrastructures est très concentré et il est dominé par les trois acteurs historiques du secteur (les 10 premiers acteurs concentrent 50% des encours).

 

En ce qui concerne la répartition des transactions d’infrastructures par pays, l’Europe et l’Amérique du Nord arrivent en tête et représentent chacun 42% des transactions. En ce qui concerne la levée de fonds, l’Europe est la zone géographique la plus active et elle compte 59 fonds spécialisés avec une taille moyenne de 600 M$. L’Amérique du Nord compte seulement 39 fonds mais la taille moyenne de ces fonds dépasse 1 Mds$.

 

La plupart des fonds d’infrastructures investissent dans les pays développés : 47% des opérations sont réalisées en Europe et 36% en Amérique du Nord, mais les investisseurs s’orientent de plus en plus vers les pays en développement.

 

Les investissements dans les infrastructures peuvent être de deux types :

 

-       « Brown Field » (renouvellement d’infrastructures) représentant 73% des investissements : regroupe les actifs déjà construits, ce qui permet d’avoir une meilleure visibilité sur l’activité et les coûts d’exploitation.

-       « Green Field » (investissement dans de nouvelles structures) représentant 27% des investissements : regroupe la phase de construction qui comporte le risque le plus élevé mais en contrepartie un rendement plus attractif.

 

Au regard de leurs besoins, les investisseurs préfèrent investir dans le « Brown Field » en raison de leur aversion au risque et de leur recherche de rendement régulier : le risque de construction est remplacé par des risques non systématiques, tels que le risque de contrepartie (Etat ou collectivité locale), le risque politique ou le risque réglementaire.

 

Un avenir prometteur

 

Le financement privé des infrastructures, en plus de la forte demande de la part des pays en développement, font présager un volume important de transactions dans les prochaines années. Cette niche de marché est actuellement au même niveau que celui du Private Equity il y a 15 ans. Dans les prochaines années, le marché des fonds d’infrastructures devrait ainsi se développer de manière croissante afin de financer les nouveaux projets qui demandent de plus en plus de ressources. Il est fort à parier que les secteurs de l’énergie, du transport et des télécoms vont accaparer le devant de la scène dans leur quête de financement. Cette classe d’actifs restera bien évidemment restreinte mais elle tend à devenir incontournable dans les portefeuilles des grands investisseurs.

 

Une opportunité majeure

 

Les questions clefs sur ce secteur plus que prometteur La mobilisation devrait être générale, et pourtant on semble manquer d’outils juridiques en France et en Europe. On estime que ce sont  près de 800 milliards de dollars qui pourraient être mobilisés par les fonds privés d'ici à 2023.

 

En France, beaucoup a été fait pour libéraliser ce secteur, que les banques ou l'Etat peuvent moins bien financer. Démarré d'abord plutôt via les fonds en capital, le marché s'est beaucoup plus orienté ces dernières années vers les fonds de dette, notamment depuis que les assureurs sont autorisés à investir en direct.

 

Les projets semblent manquer

 

CNP Assurances, Axa ou encore Allianz ont annoncé plusieurs milliards d'euros d'investissements dans les infrastructures ces prochaines années. Pour y parvenir, chacun fait appel à des filiales de gestion internes et parfois à des gérants externes pour repérer les investissements à réaliser (Antin, Meridiam, Ardian, Omnes Capital).

 

Et la prochaine vague d'investissements devrait concerner les mutuelles et les institutions de prévoyance puisqu'un décret a été publié fin 2014 pour les autoriser à investir dans les fonds de prêts à l'économie, y compris le financement des infrastructures. Pour la plupart des gérants cependant, les tickets d'investissement devraient être globalement moins importants, les projets semblant manquer.

 

Quel risque et quelle rentabilité ?

 

Pour limiter le risque, les investisseurs abordent souvent les infrastructures dans leur partie « brownfield », c'est-à-dire une fois que les actifs sont opérationnels et que des ressources sont générées. Ils considèrent en effet souvent que le « greenfield », la phase avant la construction, est trop risquée. Concernant la rentabilité, la plupart des investisseurs exigent  un taux de rentabilité interne de 10  à 13 %.

 

J. Armand

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