Eviter la fracture industrielle

« Après la fracture numérique, évitons la fracture industrielle », c’est le titre du billet publié par Louis Gallois et Denis Ranque dans  les Echos. Ils observent les métamorphoses…

… qui s’opèrent, l’extraordinaire potentiel qui en découle, une nouvelle approche de la valeur travail qui s’impose. Ils rappellent le consensus qui existe désormais, selon eux, sur la nécessité de nous mobiliser afin de faire accomplir un saut de compétitivité à notre économie, et en particulier à notre industrie.

 

Ils concluent sur l’impérative valorisation de la riche histoire et des  talents de notre pays, de nos entreprises et de nos compatriotes. Ils nous  invitent à  tirer profit des formidables opportunités du XXIe siècle, afin d’y trouver notre juste place.

 

J.A.

 

Voici l’intégralité de ce billet :

 

« Les diverses familles politiques et syndicales sont maintenant d'accord : nous devons faire accomplir un saut de compétitivité à notre économie et en particulier à notre industrie. Les partenaires sociaux se sont mobilisés et nous observons enfin certains signes conjoncturels encourageants. Ce mouvement, encore fragile, doit se prolonger, s'amplifier. Car l'industrie reste le lieu capital de l'innovation et de la croissance, la principale source d'amélioration de notre espérance de vie et de notre confort. Loin de disparaître au profit d'une économie purement immatérielle, elle se métamorphose sous nos yeux et rend caduque l'opposition entre services et industrie.

 

Certains, comme Pierre Veltz, considèrent que nous sommes en train de basculer vers « l'hyper-industrie » : agencement de collaborations ingénieuses mêlant produits et ressources immatérielles pour offrir des solutions innovantes adaptées à la variété des besoins, tout en prenant garde à leur impact social et écologique. L'avenir des activités productives s'inscrit donc aujourd'hui dans les territoires dynamiques et dans les lieux de création et de collaboration ouverte : écoles, universités, openlabs, pôles, laboratoires de pointe...

 

Ensuite, l'industrie se numérise à grande vitesse. C'est vrai des sites de production, qu'il faut continuer à automatiser, robotiser, interconnecter. Cela n'est pas au détriment de l'emploi, car la compétitivité permet de mieux vendre nos produits, condition de l'emploi. De même la numérisation, loin d'écarter l'homme, permet de le remettre au centre en démultipliant son pouvoir et en favorisant les échanges. Elle impacte aussi les modèles d'affaires : les géants américains du numérique ont acquis une longueur d'avance dans l'exploitation des potentialités liées au traitement des énormes flux de données (Big Data). Les acteurs industriels établis ont un intérêt vital à se mobiliser autour de cet enjeu s'ils ne veulent pas voir leur modèle d'affaires leur échapper, et pour en exploiter, au contraire, l'extraordinaire potentiel.

 

Enfin, le travail industriel se transforme lui aussi. A nous focaliser uniquement sur la jauge de l'emploi, nous en avons délaissé la question du travail. Or la valeur du travail, l'engagement des salariés, leur compétence et la qualité du management sont des éléments essentiels de la réussite des entreprises et de leur compétitivité. C'est tout particulièrement vrai dans les entreprises qui veulent monter en gamme et recherchent des niches à haute valeur ajoutée. La formation initiale et, plus encore, la formation tout au long de la vie doivent permettre à chacun d'acquérir les compétences, des savoir-faire et des savoir-être nécessaires.

 

En résumé, l'industrie ne s'efface pas, mais elle se transforme, au gré des besoins que nous lui exprimons et des contraintes avec lesquelles nos économies doivent composer.

 

Et pourtant, n'importe quel moteur de recherche continue d'associer le mot « industrie » au Charlot des « Temps modernes ». L'écart n'a peut-être jamais été si grand entre l'image que nous nous faisons de l'industrie et ce qu'elle est réellement. Cela peut devenir un vrai handicap, au moment où l'industrie a justement besoin d'attirer les meilleurs talents et de satisfaire toutes les parties prenantes pour asseoir sa compétitivité.

 

Nous ne devons pas laisser s'ouvrir une « fracture industrielle », comme il y eut jadis une fracture numérique. La conception de solutions innovantes, la recherche des opportunités à l'exportation, la poursuite des gains de productivité ne doivent pas être seulement la préoccupation d'une fraction minoritaire de notre population. Si la majorité des Français n'aspirait à vivre que de métiers de proximité, de professions réglementées, ou de la fonction publique, aussi utiles soient-ils, avec ce que cela pourrait entraîner de choix politiques, normatifs et sociaux, notre pays, nos entreprises et nos compatriotes ne tireraient pas profit des formidables opportunités du XXIe siècle et ne pourraient y tenir la place que justifient leur riche histoire et leurs talents. »

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