France Stratégie : La politique européenne des transports 

« La qualité des infrastructures de transports est un atout compétitif capital pour l’Europe, qui doit être préservé dans toutes…

… ses dimensions - technologiques, sociales, environnementales, énergétiques, sécuritaires ». C’est ce qu’indique France Stratégie, à l’occasion de la publication d’une note d’analyse intitulée » La politique européenne des transports : quels enjeux pour la nouvelle mandature ? »

 

 Les auteurs, Christine Raynard et François Vielliard considèrent que » la politique européenne des transports est à la croisée d’enjeux économiques, sociaux, technologiques et environnementaux qui nécessitent une approche transversale, afin d’assurer une mobilité optimale des citoyens et des marchandises au sein du marché unique.

 

Les transports au cœur de la stratégie européenne

 

Ils rappellent qu’en 2011, un livre blanc de la Commission européenne prévoyait des trafics fortement en hausse à l’horizon 2050, jusqu’à 50 % pour les voyageurs et 80 % pour le fret.

 

Si les données récentes indiquent un fléchissement du secteur, dû pour l’essentiel à la crise économique, il n’en demeure pas moins que la qualité des infrastructures de transports est un atout compétitif capital pour l’Europe, qui doit être préservé dans toutes ses dimensions - technologiques, sociales, environnementales, énergétiques, sécuritaires, etc. Dès lors, quatre enjeux pourraient guider l’action de la nouvelle mandature de la Commission européenne sur la période 2014-2019.

 

La nécessité d’une véritable stratégie industrielle

 

L’ouverture à la concurrence suppose la mise en place d’un socle social commun dans les différents  modes de transport et d’une véritable stratégie industrielle prenant en compte la pérennité des entreprises de transport de l’Union.

 

Le découplage entre croissance économique et émissions de gaz à eet de serre repose prioritairement sur l’instauration d’un signal-prix carbone crédible dans le temps, sur le renforcement de la recherche sur les motorisations et enfin sur un soutien accru aux véhicules propres en milieu urbain.

 

La réduction drastique du nombre d’accidents sur les routes européennes suppose un engagement politique fort : déploiement massif de radars, sanctions exemplaires contre l’alcool et les stupéfiants, création d’une agence européenne du transport et de la sécurité routière chargée de la coordination.

 

La construction d’infrastructures à forte valeur ajoutée doit être poursuivie, à l’aide de subventions mais aussi d’instruments financiers innovants ».

 

Sommaire de la Note d'analyse :

 

-       Premier enjeu : Ouvrir les marchés à la concurrence en veillant à la réciprocité et à l'équité sociale

-       Deuxième enjeu : Accélérer la transition énergétique dans les transports

-       Troisième enjeu : Poursuivre l'amélioration de la sécurité routière

-       Quatrième enjeu : Répondre à la demande de transport et de mobilité

-        

« La politique européenne des transports: des enjeux bien au-delà des transports »

 

Christine Raynard  et François Vielliard, Chargés de mission à France Stratégie (Département développement durable) ont publié dans le Huffington Post un billet « la politique européenne des transports: des enjeux bien au-delà des transports » repris ici.

 

 « Le rapport de France Stratégie sur la politique européenne des transports propose quatre enjeux pour la nouvelle mandature. Les questions soulevées n'intéressent pas exclusivement les spécialistes des transports, mais concernent chacun, comme l'illustrent deux des questions abordées, celle des infrastructures et celle des réglementations sociales.

 

Poursuivre la construction du RET-T

 

Commençons par les infrastructures. Le rapport suggère de poursuivre les efforts pour la constitution du RET-T, réseau transeuropéen de transport. La liberté de circuler est essentielle pour toute civilisation qui veut progresser dans son développement et son bien-être. La construction européenne trouve donc sa légitimité dans la définition d'un réseau permettant les échanges entre ses pays-membres.

 

Cette légitimité est même un devoir, compte-tenu de l'idéal qui fonde son action : rapprocher les peuples. Une fois acquise la conviction que la réalisation d'infrastructures de transport relève d'une mission régalienne, sa mise en œuvre doit répondre à de multiples questions. Ce sont ces interrogations qu'il est intéressant d'examiner.

 

Neuf corridors européens dont cinq concernent la France

 

Quels sont les grands axes à tracer pour satisfaire aux besoins révélés par les flux tels qu'ils se dessinent naturellement depuis qu'est apparue la notion de continent européen et pour répondre à la volonté de mettre en relation des territoires afin de les souder dans une Europe unie ? Une carte des corridors a été dressée par les instances européennes. Des neuf corridors, cinq concernent localement la France. Nous sommes donc fortement impliqués.

 

Cependant, la nature des infrastructures pour qu'un corridor devienne réalité s'avère bien plus complexe. Des sections de lignes existent déjà, tandis que d'autres sont à moderniser, voire à construire ex nihilo. Cette diversité des travaux se traduit par une panoplie complète des débats que soulèvent les infrastructures de transport. D'abord, pour les lignes qui sont déjà en service, il n'y a plus de débat car on en bénéficie et il n'est plus question de discuter du tracé.

 

Construire, mais aussi moderniser

 

Est-ce à dire que les discussions sur un réseau de transport se limitent aux craintes des nuisances à venir lorsqu'il s'agit de construire de nouvelles infrastructures ? Une autre étape est la modernisation des lignes qui sont déjà en service. Il y a un consensus général sur l'opportunité d'entretenir et de faire évoluer ce qui existe déjà, notamment dans le cas des nœuds ferroviaires à dé saturer. Le coût de l'investissement semble raisonnable pour un résultat garanti par un trafic déjà là et qui ne demande qu'à être plus fluide.

 

Le troisième cas d'investissement porte sur la construction d'une infrastructure nouvelle : la décision devient plus difficile à prendre, à cause de l'impact sur les terres qui seront traversées et des sommes en jeu, là où rien n'est visible.

 

Le fer est prioritaire, l’intermodalité s’impose avec les ports et aeroports

 

Ces corridors se bâtissent fondamentalement sur le chemin de fer, perçu comme le meilleur moyen de transport capable de répondre aux défis environnementaux. C'est un acte courageux de la part de l'Union européenne, alors que la route est dominante. Mais c'est aussi une vision ouverte, raisonnable, car elle n'ignore pas l'intermodalité, en desservant de grands ports maritimes et des aéroports à vocation intercontinentale.

 

 Le réseau routier n'aura pas été négligé pour autant et la voie d'eau est appelée à jouer son rôle dans son espace de pertinence. La France, grand pays ferroviaire, aurait tort de ne pas saisir la perche que tend l'Union européenne avec les projets de corridors.

 

Les grands enjeux liés aux transports, sociaux et environnementaux par exemple

 

Ainsi, un réseau de transport aborde des politiques bien au-delà des seuls transports : construction d'une unité européenne, égalité des territoires, protection de l'environnement, transition énergétique, priorité d'investissement, attractivité économique.

 

Un autre aspect d'une nouvelle politique des transports est la question sociale, avec la mise en place d'un socle social commun dans les différents modes de transport. Traditionnellement, la liberté des échanges telle que l'ont conçue les fondateurs de l'Europe devait bénéficier aux citoyens en tant que consommateurs. La multiplication des offres et la démocratisation de la consommation sont indubitablement un succès marquant de l'Union européenne.

 

Priorité à la compétitivité et au bien être

 

Le rapport le rappelle et nous n'y reviendrons pas ici. L'environnement économique a considérablement changé depuis les origines de l'Union européenne, juste après la période de pénurie et de reconstruction d'après-guerre. La concurrence n'est plus une affaire interne à l'Europe : elle est devenue mondiale et c'est ainsi que la perçoivent à juste titre les Européens. Il ne s'agit plus de lutter contre des monopoles dans un espace homogène, mais d'apporter un bien-être à l'ensemble des citoyens des différents pays-membres, non seulement entre eux, mais aussi vis-à-vis du monde extra européen.

 

Une vigilance sur les concurrences propres à la route ou aux aéroports

 

C'est en ces termes que doit être compris le rapport visant à une nouvelle politique européenne, au travers des exemples du transport routier de marchandises et des compagnies aériennes européennes. L'Europe perd son sens si elle dresse les chauffeurs routiers les uns contre les autres selon leur pays d'origine alors qu'elle vise à l'inverse à rapprocher les peuples. Elle court à sa ruine si elle livre ses grandes compagnies aériennes à une concurrence mondiale avec des Etats qui ne jouent pas le jeu à armes égales.

 

Tenir davantage compte de l’emploi dans  la citoyenneté ?

 

La construction européenne doit se poursuivre dans l'intérêt de ses citoyens dorénavant en tant que travailleurs, grâce à des entreprises solides et respectueuses de ses employés. Exactement à l'opposé d'un protectionnisme, retour en arrière qui appauvrit le citoyen consommateur, la consolidation sociale doit être la ligne directrice de l'Union européenne pour affirmer son bien-fondé ».

 

(Les sous  titres sont de la rédaction)

Nos propositions

proposition Think Tank DIFF 12-10 .pdf
Document Adobe Acrobat 1.1 MB

Présidentielles:       "ADRESSE AUX CANDIDATS" Version 2

adresse aux candidats 23 12 16 2.pdf
Document Adobe Acrobat 1.1 MB

Actualité

jeu.

13

juil.

2017

Notre actualité

Lire la suite

sam.

27

mai

2017

TGV « inOui » !

Lire la suite