Les infrastructures facteur de croissance : la démonstration de Jean Poulit

Pourquoi investir massivement dans les infrastructures de mobilité peut nous faire gagner un point de croissance,  Jean POULIT le démontre. Une convergence…

… d’analyse : des  économistes s’accordent à penser que ce sont trois points de croissance qui sont nécessaires pour préserver le modèle économique et social français.

 

47 milliards d’investissement sans argent public ?

 

Jean POULIT, membre fondateur du Cercle des Ingénieurs économistes, ancien préfet, directeur régional de l'équipement d'Île de France, ancien directeur général de l'Institut géographique national, s’est attaché à démonter comment créer de la richesse économique et du bien-être environnemental sans augmenter la dette publique. La priorité doit être donnée à des solutions performantes qui créent de la richesse sans avoir d'impact sur l'endettement public.

 

Il considère que 47 milliards d'euros d'investissements d'infrastructures de transport peuvent être engagés sans un euro d'argent public. Un tel programme induirait 23 milliards d'euros de richesse économique et de bien-être environnemental supplémentaires par an, représentant un point de croissance. C’est possible : c'est toute la vertu de l'approche de l'économie réelle qui analyse objectivement les faits et évite l’a priori.

 

Les quatre facteurs de création de richesses

 

Rappelant que La création de richesse économique provient de quatre facteurs : « des cerveaux, bien formés, qui travaillent, en synergie ». C’est sur  des territoires desservis par des réseaux de transport performants que se réalise  cet appariement. Dans un pays avancé comme la France, l'appariement est à l'origine de 45 % du produit intérieur brut. Il s'agit là d'un levier de croissance essentiel.

 

Et c’est sans compter les autres effets que génèrent les infrastructures de mobilité sur la croissance économique. C’est sans compter aussi les autres facteurs majeurs  de mobilité, le logement, par exemple. Ou également les autres réseaux et services, l’énergie, l’eau, le très haut débit.

 

L’appariement, une notion à redécouvrir ?

 

Un actif a de grandes chances de trouver un emploi correspondant à sa spécialité si, dans un temps de transport donné, dont toutes les enquêtes montrent qu'il ne varie pas depuis des décennies, il peut accéder à un vaste marché d'emplois potentiels.

 

Réciproquement, un employeur a toutes les chances de trouver un actif dont la formation corresponde à l'emploi à développer s'il peut, dans ce temps de transport invariant, accéder à un vaste marché d'actifs potentiels.

 

L’emploi est directement lié à la mobilité

 

Dans les deux cas, il y a appariement et amplification de la productivité de l'actif sur son poste de travail, sans effort supplémentaire, du seul fait de la bonne adéquation entre les compétences de l'actif et les caractéristiques de l'emploi qu'il occupe. Cela se traduit par un accroissement de son salaire net, et, pour la collectivité, par une augmentation du produit intérieur brut, valeurs que l'on sait parfaitement calculer et qui constituent la principale justification des infrastructures de transport. Ces effets, on sait également parfaitement les identifier à la mise en service des infrastructures réalisées.

 

La mobilité, facteur de formation et garante de l’accès aux services

 

Le territoire et les réseaux de transport constituent en fait l'adjuvant bienfaisant des efforts déployés par les pouvoirs publics pour offrir aux citoyens une formation de qualité. Les déplacements qui ont une fonction à dominante économique représentent 85% des déplacements quotidiens et sont donc majoritaires.

 

Le bien être environnemental

 

Par ailleurs, le développement du sentiment de bien-être environnemental induit par un territoire bien aménagé provient de quatre facteurs : « un environnement naturel, diversifié, non privatif, commodément accessible ».

 

Le temps de déplacement est invariant

 

Dans tous les pays du monde, l'homme consacre à ses déplacements quotidiens un temps qui est invariant, quelques soient les efforts déployés pour améliorer les infrastructures de transport. Ce temps est globalement de 1 heure 25 min par jour, dont 85% pour satisfaire des besoins économiques et 15% pour satisfaire des besoins de bien-être.

 

Dans le cas des déplacements à fonction économique, la durée d'un déplacement est d'environ 30 minutes. 10% des résidents dépassent une heure. Le temps d'une heure, double du temps moyen de déplacement, est considéré comme le temps pertinent pour délimiter le territoire commodément accessible à partir du lieu de résidence d'un actif. Dans le cas des déplacements à fonction de détente et de ressourcement, la durée d'un déplacement est d'environ 20 minutes. 10% des résidents dépassent 40 minutes.

 

L’impact d’une offre de mobilité nouvelle

 

Lorsqu'une infrastructure nouvelle pertinente est mise en service, la vitesse moyenne progresse, la portée du déplacement augmente à due proportion, ce qui explique que le temps de transport ne varie pas, le territoire commodément accessible s'épanouit, le nombre de destinations convoitées, pour un motif donné, augmente et le phénomène d'appariement se met à l'œuvre, source de création de valeur, création de valeur économique dans le cas des déplacements à vocation économique, création de bien-être environnemental dans le cas des déplacements à vocation d'accès à la nature.

 

La veine recherche de gain de temps

 

Il est donc vain de vouloir chercher à réduire les temps de déplacement. Par contre, le progrès consiste à augmenter l'étendue des territoires accessibles dans un temps de transport donné et à permettre à l'homme d'accéder ainsi à toutes les formes de la diversité, diversité des emplois et diversité des espaces naturels. Un territoire bien desservi, c'est un territoire qui fait l'éloge de la diversité, source de vitalité économique et de bien-être environnemental.

 

C'est un organisme vivant irrigué par des réseaux de transport qui lui apportent vitalité et confort. C'est de toute évidence l'objectif premier que doit poursuivre un schéma national des infrastructures de transport bien conçu.

 

La balance positive entre effets vertueux et nuisances

 

L'homme induit des nuisances à l'occasion de ses déplacements, mais on sait donner à ces facteurs des valeurs monétarisées qui amputent les effets bénéfiques de la création de richesse économique et de bien-être environnemental. Toutefois, leur poids, même amplifié par des coefficients d'incertitude, ne dépasse pas 5 à 10% des effets bénéfiques. Le cercle vertueux est donc de laisser la mobilité s'épanouir et de prélever une partie de la richesse produite pour lutter efficacement contre les nuisances induites.

 

On peut dès lors associer avec succès développement économique, bien-être environnemental, et réduction des nuisances.

 

Ne pas faire appel à l’argent public

 

Un programme d'infrastructures de transport répondant aux objectifs économiques et environnementaux peut être conçu avec une telle efficacité que les résidents soient prêts à acquitter intégralement les frais de fonctionnement et les charges d'amortissement des ouvrages, sans faire appel à l'argent public.

 

De telles solutions existent notamment dans la périphérie des agglomérations. Elles reposent sur la mise en valeur de pôles structurants connectés entre eux par des transports collectifs rapides permettant de compenser par la grande vitesse la faiblesse de la densité d'urbanisation et sur la réalisation d'ouvrages permettant d'écouler les transports individuels rendus écologiquement vertueux dans les zones durablement peu denses, notamment entre les pôles structurants.

 

Un exemple de LGV

 

Pour ce qui concerne les transports collectifs, et pour prendre un exemple,  la connexion par une ligne à grande vitesse des pôles périphériques de l'Île de France et son prolongement jusqu'à Rouen, Le Havre, Caen, représente un investissement de 18 milliards d'euros, en euros 2010.

 

En appliquant à ce projet la méthode d'évaluation des performances économiques et environnementales des territoires, définie dans l'annexe 2 de l'instruction-cadre du 25 mars 2004 du ministre de l'équipement et des transports relative à l'harmonisation des méthodes d'évaluation des grands projets d'infrastructures de transport, on trouve une création de richesse économique et de bien-être environnemental supplémentaires de 7 milliards d'euros par an.

 

Des taux de rentabilité qui doivent conduire à renoncer à mobiliser de l’argent public

 

Le taux de rentabilité immédiate brut est de 39%, taux tout à fait exceptionnel qui s'explique par le fait qu'on crée un système de transport unifiant 7 millions d'habitants de la grande couronne francilienne et de la haute et basse Normandie, grâce à la très grande vitesse. Ce résultat illustre parfaitement l'impact exceptionnel de l'appariement économique et environnemental induit par des infrastructures de transport performantes.

 

Un exemple de transport individuel

 

Pour ce qui concerne un autre exemple relatif aux  transports individuels, la réalisation du bouclage nord-ouest de la Francilienne et celle de la quatrième rocade de l'Île de France représentent un investissement de 3 milliards d'euros. La création de richesse économique et de bien-être environnemental est exceptionnelle. Elle atteint 1 milliard d'euros par an, ce qui conduit à un taux de rentabilité immédiat brut de 33%.

 

Le Projet de développement des rocades urbaines

 

Par ailleurs, à mise en place du programme d'élargissement des autoroutes urbaines existantes, associé à l'implantation de protections phoniques généralisées (projet Emeraude), représente en Île de France un investissement de 13 milliards d'euros et un investissement équivalent en province portant le projet Emeraude à 26 milliards d'euros. La création de richesse économique et de bien-être environnemental atteint des sommets puisque le programme engendrerait 15 milliards d'euros de création de richesse économique et de bien-être environnemental par an. Le taux de rentabilité immédiat serait de 58%. Le temps de retour de l'investissement ne dépasserait guère 20 mois.

 

27 milliard d’investissement créent 1% de croissance

 

Le programme total  conçu par Jean Poulit s'élève ainsi à 47 milliards d'euros. Il engendrerait 23 milliards d'euros de richesse économique et de bien-être environnemental par an, ce qui correspond à un point de croissance du PIB.

 

Du fait du service rendu exceptionnel de ces ouvrages, illustré par leur rentabilité socio-économique de très haut niveau, les usagers accepteront d'acquitter les frais de fonctionnement et l'amortissement des infrastructures réalisées. On pourra ainsi se dispenser de faire appel à un financement, même partiel, d'origine publique.

 

Ne pas renoncer aux financements innovants et audacieux pour réduire la dette publique et assurer une croissance retrouvée

 

On trouvera  les investisseurs pour financer ces projets en raison de la rentabilité exemplaire de ces réalisations. Un faible pourcentage du montant des fonds mondiaux qui cherchent à s'investir dans des projets rentables suffira pour couvrir les besoins de financement. Il y a là, de toute évidence, les fondements d'un programme de relance de la croissance, respectueuse de l'environnement, sans porter atteinte à la dette publique.

 

Jean Armand

 

Jean POULIT : membre fondateur du Cercle des Ingénieurs économistes, ancien préfet, directeur régional de l'équipement d'Île de France, ancien directeur général de l'Institut géographique national.

Nos propositions

proposition Think Tank DIFF 12-10 .pdf
Document Adobe Acrobat 1.1 MB

Présidentielles:       "ADRESSE AUX CANDIDATS" Version 2

adresse aux candidats 23 12 16 2.pdf
Document Adobe Acrobat 1.1 MB

Actualité

jeu.

13

juil.

2017

Notre actualité

Lire la suite

sam.

27

mai

2017

TGV « inOui » !

Lire la suite