Le risque terroriste fragilise l’économie

« Comme l’ensemble des structures de la société, le danger terroriste fragilise les entreprises françaises et particulièrement…

… les multinationales », c’est en ces termes Jean-Marc Sylvestre ouvre son 'Édito du14 Janvier 2015 dans  Atlantico.

 

« Les économistes, poursuit-il,  ont beaucoup de mal à établir clairement une corrélation entre les vagues d’attentats et l’évolution de la conjoncture économique. En général, l’impact est très lourd dans un premier temps. Dans un second temps, la situation se redresse si l’État a su en profiter pour restaurer la confiance.

 

Les effets du 11 septembre

 

Avec le recul, c’est vrai que Londres ou Madrid n’ont pas souffert des attentats terribles qui les ont touchés ces dernières années. Les attentats du World Trade Center en septembre 2001 ont provoqué un effondrement de l’activité à New-York. L’industrie financière, les banques, la bourse, le commerce ont connu un énorme trou d’air qui a duré près de six mois.

 

Ceci étant, cette dépression brutale a été remarquablement gérée par le gouvernement fédéral, par les autorités de l’État et de la ville et surtout la banque centrale qui a inondé le système de monnaie. Chacun a fait ce qu'il devait faire pour relancer la machine. Le gouvernement a créé un climat de confiance et a lancé des investissements sur New-York et les marchés financiers se sont réadaptés rapidement. Beaucoup d’observateurs expliquent que c’est aussi à cause des grandes manœuvres monétaires que l’Amérique s’est retrouvée en overdose de subprimes, en 2007-2008.

 

La spécificité des évènements parisiens

 

Les attentats de Paris nous transportent dans une autre dimension du risque terroriste mondiale. La prise de conscience est générale. Nous sommes en guerre contre des bandes d’individus qui, armés d’une interprétation hallucinante de Dieu, cherchent à déstabiliser les démocraties. Ils utilisent la liberté pour tuer la liberté. Les analystes considèrent que l’on va observer très rapidement cinq séries de conséquences.

 

1e série d’effets : Une baisse de la consommation notamment en France.

 

Les magasins sont vides, les restaurants sont moins fréquentés, les spectacles tournent au ralenti. Les Français ne sortent pas. Pour beaucoup de commerçants, le mois des soldes va être catastrophique. Les soldes, pour les entreprises, sont des marqueurs d’évolution importants.

 

2e série d’effets : les mesures de sécurité sont consommateurs de temps et d’argent.

 

Passer des portiques magnétiques, se prêter à des contrôles d’identité ou des fouilles, ces contraintes créent du stress et prennent du temps de travail. Ajoutons à cette perte globale de productivité le coût de la lutte contre la cybercriminalité qui va devenir une priorité dans toutes les grandes entreprises.

 

Il fallait déjà sécuriser les liaisons informatiques, il faudra demain surveiller les sites, protéger les données des hackers de toutes sortes. Les primes d’assurance elles-mêmes vont augmenter.  Cette industrie de la sécurité va sans doute créer de l’activité mais dans un premier temps, cette obligation va surtout créer des coûts d’exploitation supplémentaires donc diminuer les marges.

 

3e série d’effets, le secteur du voyage va devoir amortir le ralentissement de l’activité.

 

Les voyageurs hésitent à voyager, les étrangers vont se méfier de Paris comme en 2001, on se méfiait des avions américains. Par conséquent, les entreprises de luxe, de transport, de restauration et de voyage vont le sentir. Ce sont pourtant des secteurs clés pour l’économie française.

 

4e série d’effets, les grandes entreprises françaises qui travaillent à l’étranger peuvent malheureusement constituer des cibles.

 

Nos partenaires peuvent penser que la marque France peut être menacée, même si le pays bénéficie d’une notoriété positive extraordinaire dans le monde entier. La planète est peut-être "Charlie" mais Charlie est français. Mais dans la vie des affaires, le monde de Charlie est mal sécurisé.

 

5e série d’effets, la vulnérabilité boursière des grandes entreprises française va s’accroitre.

 

La stagnation de l’activité, l’insécurité, l’accroissement des charges liées à la nécessite de se protéger… tout cela va accroitre la fragilité des entreprises françaises en pesant sur les marges.

 

Si les entreprises perdent de la marge, celles qui sont cotées en bourse et mal verrouillées au niveau du capital vont devenir des cibles de choix pour les prédateurs étrangers et tous les fonds internationaux.

 

Des entreprises menacées d’OPA

 

La bourse de Paris est à un niveau très faible et beaucoup de nos entreprises sont sous-cotées. La banque Natixis vient de sortir une étude sur la solidité boursières des entreprises françaises et révèle qu’une bonne dizaine de grandes sociétés peuvent être menacée d’OPA, dans les six prochains mois.

 

Dans cette liste, on trouve les plus beaux fleurons de l’industrie française. Danone, Aéroport de Paris, Eurotunnel, Accor dont la stratégie nouvelle n’a pas encore convaincue. D’ailleurs les différentes marques du groupe valent plus cher séparément que le groupe lui-même. Il faudra enfin surveiller de près les groupes de bâtiments et de travaux publics, Vinci et Bouygues, d’autant que l'on ne sait pas ce que Bouygues fera de son téléphone. »

 

(Les sous titres en italique sont de la rédaction du site)

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