L’accessibilité aux emplois

Les études relatives aux effets économiques des transports, en termes de croissance et d’emploi,…

… ne sont pas très nombreuses. Le Think tank évoque, bien sûr, celles de Jean Poulit. On peut également citer Pierre Veltz. Nous diffusons ici un article, publié sur le site R2DS CNRS Ile de France, présentant un programme de recherche coordonné par Marie-Hélène Massot. Ses liens avec l’IHEDATE sont à signaler,  et les résultats de ces études mériteront d’être analysés. Voici le texte de M. H. Massot qui en décrit le projet :

 

« Objectifs scientifiques

 

L’objectif du projet consiste dans le développement d’un modèle géo-statistique générique - applicable à divers pays et à divers contextes - d’explication des variations locales d’emploi (de population ou de revenu), qui permettra de mieux évaluer l’impact des infrastructures de transports sur l’économie des collectivités touchées.

 

Le modèle dans sa version « accessibilité continentale » a été développé et testé au Canada par l’équipe du LASER-INRS ; leurs travaux entérinent et mesurent l’impact des liaisons de transports à l’échelle de l’Amérique du Nord sur l’évolution de l’emploi dans les collectivités canadiennes (Apparicio P., Polèse M, Schearmur R., 2007). Sur cette base, le présent projet mené en collaboration avec l’équipe du LASER, propose de prolonger le modèle vers le développement d’un modèle (ou famille de modèles) « générique », par la construction, d’un modèle adapté aux réalités françaises et européennes, tout en partant de l’architecture générale des modèles conçus à Montréal. Il se propose aussi d’intégrer au modèle premier un modèle d’interfaces entre les accessibilités nationales-continentales et métropolitaines.

 

Le projet est novateur, au sens où les interfaces des accessibilités continentales et intra métropolitaines n’ont jamais été traitées à notre connaissance simultanément alors qu’elles sont intrinsèquement liées voire évoluent sur une contradiction. L’accessibilité nationale ou continentale des métropoles impacte leur dynamisme économique, augmente l’emploi en le concentrant sur elles, concentration qui joue sur la qualité de l’accessibilité intra métropolitaine aux emplois.

 

La finalité du projet tient en premier lieu dans l’élaboration et le calibrage d’un modèle qui permettra de répondre à des questionnements sur l’économie régionale notamment francilienne (du Québec) et sur l’impact de certaines politiques, comme par exemple :

 

L’évaluation de l’impact d’investissements dans des liaisons de transport sur l’économie des régions touchées. Nous serions mieux en mesure par exemple, de simuler l’impact du réseau TGV européen entre les grandes agglomérations européennes, dont les françaises sur l’évolution relative de l’emploi (par secteur activité), dans ces régions urbaines.

 

L’impact de changements dans des variables socioéconomiques, comme des hausses dans les niveaux d’éducation dans les différentes régions françaises, sur l’évolution relative de l’économie des régions.

 

Problématique

 

Les travaux les plus récents montrent que l’accessibilité aux différents marchés que constituent les métropoles a un impact propre et de plus en plus important sur la croissance de l’emploi local (Apparicio P., Polèse M, Schearmur R., 2007). D’autres travaux, menés à une échelle intra métropolitaine, (Prud’homme R., 1999, Veltz P., 2000) montrent que la performance économique, le dynamisme et la surproductivité tiennent aussi au fait qu’elles constituent de grands marchés de l’emploi où des adaptations permanentes permettent de garantir que chacun est employé au mieux de ses talents, ce qui suppose une « capacité » au quotidien à rejoindre tout emploi potentiel, ou une propension à déménager.

 

La première « capacité » conditionne la taille du marché de l’emploi accessible à un moment donné (en 30 minutes, valeur moyenne des durées de migration vers le travail, en une heure, valeur limite acceptée, etc.). Les relations sont fermement établies : un gain de vitesse de 10% sur les réseaux de transport augmente la productivité de l’emploi métropolitain de 2,9%, la vitesse étant aujourd’hui la variable étudiée la plus discriminante des variations de productivité constatée (Prud’homme R, 1999, 2000). Le phénomène a été mesuré en Île-de-France (Wenglenski S., 2003). Pour un déplacement d’une heure, le marché de l’emploi accessible par les résidents de la deuxième couronne est 2 à 3 fois plus réduit que celui des banlieusards et des Parisiens, et il est toujours plus faible pour les ouvriers et employés que pour les cadres. Quant à la propension à déménager, elle est fortement réduite par l’investissement matériel et affectif dans le logement et son environnement et par la bi-activité des couples.

 

Notre projet met au cœur de nos travaux l’accessibilité et le rôle de cette dernière et donc des infrastructures de transports dans le développement des économies métropolitaines. La question de recherche proposée repose sur l’identification du jeu des échelles spatiales de l’accessibilité: explorer, analyser et mesurer les interfaces et les impacts des accessibilités à l’échelle métropolitaine et à l’échelle nationale ou continentale sur le développement économique métropolitain.

 

Nous posons comme hypothèse de travail que le développement économique des métropoles est conditionné à la fois par des accessibilités nationales et continentales, qui dimensionnent et qualifient leur marché, et des accessibilités métropolitaines, qui définissent l’accès aux emplois métropolitains. La question de recherche est donc plus large, plus innovante, car jamais traitée: en effet il s’agit d’identifier dans quelle mesure les différents types d’accessibilité présentés plus haut s’inscrivent dans une dynamique de complémentarité versus d’opposition par rapport au développement régional.

 

L’étalement urbain menace-t-il la performance économique des métropoles, les métropoles peuvent-elles fonctionner comme des myriades de sous bassins d’emploi ? À quel prix pour la croissance et l’emploi régional ? Cette intégration sera testée sur la région francilienne, les données dont nous disposons actuellement sont suffisantes et sur la région québécoise si les données sont disponibles.

 

Programme scientifique

 

Méthode, modèles et terrains d’analyse : Le point de départ du projet de recherche conjointe est un modèle géostatistique développé pour le Canada, augmenté à chaque reprise par l’équipe du LASER. L’application la plus récente (Apparicio et al 2007), réalisée grâce à une subvention d’Infrastructure Canada, porte sur l’impact des liaisons de transports à l’échelle de l’Amérique du Nord sur l’évolution de l’emploi dans les collectivités canadiennes. L’étude au complet est accessible à : http://projetic.ucs.inrs.ca/.

 

Le travail conjoint prévu par le LVMT et le LASER permettra de faire un pas en avant vers le développement d’un modèle (ou famille de modèles) « générique », par la construction, en collaboration, d’un modèle – ou d’un groupe de modèles - adapté aux réalités françaises et européennes, tout en partant de l’architecture générale des modèles conçus à Montréal. Nous voulons également, ensemble, étendre la portée de la démarche pour englober les impacts à diverses échelles spatiales ; ce qui revient à examiner l’interface entre accessibilités à l’échelle métropolitaine et à l’échelle nationale ou continentale.

 

Par comparaisons des résultats des applications au continent nord-américain et en Europe, le projet conjoint nous permettra d’observer la robustesse des relations et, en parallèle, leur sensibilité à des changements de contexte, dans le but d’arriver à une meilleure identification de relations plus génériques – généralisables – indépendant du contexte national ou local. L’outil (ou la famille d’outils) ainsi élaboré nous permettra de distinguer, du moins nous l’espérons, les variables et relations « génériques » - à retenir dans toute application (pour autant que les données existent) – de celles à portée purement contextuelle. La « mise en évidence » d’une relation générique ne signifie pas qu’elle soit exactement la même dans tous les cas (des coefficients de régression identiques, par exemple) ; mais qu’elle évolue dans le même sens et qu’elle se maintienne dans le temps. En contrepartie, la « découverte » de relations différentes ou carrément opposées ouvre la porte, en parallèle, à des interrogations sur la signification réelle de relations observées dans un contexte, mais non pas dans un autre.

 

Programme des travaux

 

Nous prévoyons un projet sur trois ans (été 2008 - été 2011). La première année sera consacrée exclusivement à la collecte, la validation et la structuration de données sur le champ européen et national, (peut-être aussi une bonne partie de la deuxième année). La deuxième année sera consacrée aux analyses et, en parallèle, aux ajustements et aux permutations des modèles à la lumière des premiers résultats. La troisième année portera sur les analyses finales, à l’aide de la (ou les) version (s) retenue(s) du modèle, et sur la diffusion des résultats. »

 

A suivre

Nos propositions

proposition Think Tank DIFF 12-10 .pdf
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Présidentielles:       "ADRESSE AUX CANDIDATS" Version 2

adresse aux candidats 23 12 16 2.pdf
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