Ecotaxe: «  Gâchis financier, faute politique » (Le Monde)

« Gâchis financier, faute politique, la question de l’écotaxe est un exemple de mauvaise gouvernance. Au terme d’un mauvais feuilleton, et en période de disette…

… budgétaire, l’Etat va devoir payer 800 millions d’euros pour l’abandon de l’écotaxe poids lourds. »

 

C’est en ces termes que Le Monde évoque l’affaire de l’Ecotaxe. Suite de l’article :

 

« Une moitié environ sera payable « cash » le 2 mars, au consortium franco-italien, Ecomouv’, qui a installé le système de traçage des poids lourds destiné à leur faire payer une écotaxe. L’autre moitié représente la reprise par l’Etat de la créance d’Ecomouv’ auprès des banques, payable sur dix ans.

 

L’écotaxe, c’est une histoire de valse-hésitation. Deux pas en avant, deux pas en arrière, deux reports, deux suspensions sine die, avant que Ségolène Royal, la ministre de l’écologie qui avait clairement affiché, au nom du refus d’une « écologie punitive », son aversion pour ce système et pour Ecomouv’, ne décide, en juillet 2014, une refonte du dispositif de l’écotaxe qui préfigurait son abandon final.

 

Pourquoi avoir pris le risque d’annoncer des pistes, démagogiques et imprudentes, comme la taxe du seul poids lourd étranger ? Exit les taxes, les impôts et toute pénalisation financière des comportements nocifs pour la santé et l’environnement, quitte à oublier le principe « pollueur payeur ».

 

Punition collective

 

Ancien sous-directeur d’une agence de l’eau, Dominique Gros, le maire socialiste de Metz – là où 150 salariés d’Ecomouv’ attendent de connaître le sort que leur réservera le plan de sauvegarde de l’emploi à la suite de la résiliation du contrat par l’Etat – exprime son amertume : « Une agence de l’eau fait payer des redevances pour éviter la pollution de l’eau, le principe “pollueur payeur” fonctionne bien. »

 

A défaut de faire payer les mauvais élèves – ceux qui maintiennent des poids lourds sur les routes quand d’autres solutions peuvent être envisagées, ceux qui traversent la France, privilégiant les routes nationales et secondaires sans péage, au détriment de la santé des habitants des agglomérations traversées –, c’est toute la classe qui est punie et qui contribuera au versement des 800 millions de compensation pour la rupture d’un contrat signé en octobre 2011.

 

Il y a aussi le respect de la parole donnée, de l’engagement de l’Etat à l’égard d’une société qui a, sur commande publique, livré un dispositif qui pouvait être amélioré. « Sur l’écotaxe, nous ne sommes pas allés jusqu’au bout », concédait Manuel Valls, le 28 novembre, dans son discours de clôture de la troisième conférence environnementale. Le premier ministre aurait aussi pu bien dire : « Nous sommes allés trop loin. » Trop de temps perdu, trop d’argent gâché.

 

Il fallait arrêter beaucoup plus tôt ou, pour reprendre les mots de M. Valls, aller jusqu’au bout. »

 

Source : Le Monde.

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