Les perspectives de la croissance mondiale.

L’économie de la connaissance bouleverse les techniques d’organisation du travail constate Jean-Luc Buchalet, PDG de Pythagore Consult et membre du Cercle des analystes indépendants. Il considère que le ralentissement des gains de productivité explique largement l'affaiblissement de la croissance…

… des pays développés au cours des dernières décennies. Dans un article de Boursorama, « Vers un ralentissement généralisé de la productivité et de la croissance mondiale ? », il décrit l’évolution des fondamentaux de l’économie depuis 1990. Il considère notamment que les bouleversements   des technologies de l’information n’ont pas les mêmes  conséquences que la révolution énergétique qui a favorisé  la révolution industrielle. Voici le texte de cet article.

 

« Vers un ralentissement généralisé de la productivité et de la croissance mondiale ? »


« La croissance économique des pays occidentaux est en train de s’étioler et le phénomène n’est pas seulement dû à la crise de la dette qui amplifie le déclin actuel. Dans les années 1990, certains pays comme les Etats-Unis s’en sont mieux sortis, mais depuis 2000 la tendance de fond est malheureusement la même. Des années 90 aux années 2000, on passe aux Etats-Unis d’une croissance du PIB par habitant de 2.1% à seulement 0.8%. Le Japon s’enfonce dans la médiocrité en passant de 1.2% à 0.8%, les années 2000 étant caractérisées par une baisse de la population qui estompe les effets du ralentissement sur la croissance par habitant. En France, le constat est encore plus alarmant avec un décrochage dès les années 80 avec 1.7% et 0.8% pour les années 2000. L’Allemagne a à peu près le même profil que la France, à la différence près de la réunification (qui a gonflé légèrement la croissance au début des années 90). Le profil est un peu plus dynamique en fin de période (1.3%) mais comme le Japon, le ralentissement brutal de l’accroissement de la population allemande gonfle un peu les chiffres par habitant en fin de période par rapport à la France dont la dynamique démographique reste plus favorable.


Le ralentissement des gains de productivité explique largement cet affaiblissement de la croissance. Dans tous les pays développés, la productivité du travail a gagné en moyenne 1% par an depuis 2000. Aux Etats-Unis au milieu des années 1990, la productivité accélère légèrement (rythme annuel de 2.5%) grâce aux effets de la migration des entreprises vers Internet. Mais depuis lors elle s’est repliée. Robert Gordon, grand spécialiste du sujet, considère que celle-ci pourrait revenir pour les pays riches sur une pente de 0.2% l’an dans les années à venir, avec un ralentissement cependant moins prononcé pour les Etats-Unis. Selon lui, les gains tirés des nouvelles technologies de l’information et d’Internet ne seraient que temporaires.


Cet épuisement des gains de productivité n’est guère étonnant. Les grandes innovations de la deuxième révolution industrielle comme l’électricité, le moteur à combustion, l’adduction d’eau potable domestique, la radio, la télévision ou le téléphone ont permis une explosion de la productivité au milieu du 20ème siècle. La troisième révolution industrielle, celle des technologies de l’information n’a pas la même puissance en termes de gain de productivité que les deux précédentes.

 

La baisse des emplois industriels est la même au sein des pays du G7 que leur balance commerciale soit excédentaire comme l’Allemagne ou déficitaire comme la France ou les Etats-Unis. Ce n’est donc pas le commerce international qui explique l’essentiel de la perte d’emploi industriel : la tendance à l’atrophie de l’emploi industriel précède la mondialisation. Aux Etats-Unis, le secteur manufacturier employait moins de 3% de la main-d’œuvre au début du 19ème siècle. Ce pourcentage a atteint entre 25% et 27% entre 1940 et 1970, puis la désindustrialisation s’est installée pour atteindre un point bas avec moins de 10% de la main-d’œuvre ces dernières années. Les ménages achètent de moins en moins de biens industriels car ils consomment de plus en plus de services. La productivité est beaucoup plus faible dans les services que dans l’industrie.


La société de services (postindustrielle) disposerait donc de réserves de productivité beaucoup plus faibles. Or, le sursaut de la productivité des services est pour moitié due à l’informatisation de la société, pour un quart au secteur informatique lui-même mais pour seulement un dernier quart à l’utilisation d’équipements nouveaux. Les gains de productivité sont donc pour une large partie due au « cost-cutting » qui ne crée pas de richesse.


La révolution des technologies de l’information n’est pas de même nature que la révolution industrielle car elle n’est pas une révolution énergétique comme ont pu l’être l’invention de la machine à vapeur, le moteur à explosion ou l’électricité. L’économie de la connaissance bouleverse la gestion de l’information et surtout les techniques de l’organisation du travail. Les gains de productivité aujourd’hui reposent principalement sur l’intensification du travail. La réduction des coûts est devenue le facteur clé. La réduction des coûts peut-elle générer une croissance rapide ? C’est peu probable car il faudra en défalquer la hausse du prix des matières premières, de l’énergie, du réchauffement climatique, de la santé et surtout du vieillissement de la population. Le niveau élevé de l’endettement privé sera aussi un frein à la croissance. »


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