La mobilité pour les personnes en insertion par l’emploi.

En France, de  6 à 8 millions de personnes à faible rencontrent des difficultés graves et  quotidiennes à se déplacer. Les difficultés d’accès à l’emploi qui en résultent handicapent notre économie, sa compétitivité et sa capacité à répondre à des besoins de recrutement, et donc à favoriser l’emploi. Ils ne possèdent  ni voiture, ni permis de conduire. Il s’agit …    

…de ménages pauvres qui peinent à se déplacer tous les jours. Dans une étude réalisée en 2013, le cabinet de conseil Auxilia décrit la situation de ces 6 à 8 millions de personnes.


L’étude, titrée "Mobilité inclusive"  et réalisée à la demande de l’association Wimoov (ex Voiture & Co) et du groupe pétrolier Total, se base sur trois enquêtes concomitantes, menées respectivement auprès de "personnes en insertion" vivant dans 48 départements différents, d’"accompagnateurs", missions locales, structures d’insertion et diverses associations, et d’"employeurs" d’une cinquantaine de secteurs.


Ils n’ont ni voiture, ni abonnement à un réseau de transport, ni vélo, pour un quart d’entre eux,  et sont chômeurs ou travailleurs à temps partiel qui vivent dans des territoires isolés, petites villes, campagne reculée ou quartier périurbain mal desservi. "La moitié des publics ayant répondu à l’enquête n’ont pas le permis de conduire, et seuls un tiers disposent d’un véhicule", peut-on lire. Ils n'ont jamais pris ni l'avion, ni le TGV, ni le taxi.


Chercheur à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), Gabriel Plassat  résume les difficultés rencontrées : "des gens qui ne choisissent ni l’endroit où ils vivent, ni l’endroit où ils travaillent, ni les heures auxquelles ils travaillent". Le document montre  que les transports quotidiens constituent un enjeu social et économique, et ne mobilisent pas seulement l’impératif environnemental auquel ils sont le plus  souvent cantonnés.


Les difficultés ne sont pas seulement matérielles, elles sont culturelles aussi. L’enquête décrit des personnes confrontées à des limites géographiques ou à des démarches administratives. Voici des extraits de l’enquête : "le bus passe devant chez moi à une heure qui m’arrange, mais je ne peux pas monter dedans car c’est un bus scolaire interdit aux adultes", "j’ai une voiture, mais elle n’est pas assurée", ou encore "je ne sais pas me servir des machines automatiques qui délivrent les tickets de métro". L’étude rappelle qu’"être mobile nécessite de maîtriser un certain nombre de normes : avoir une carte bleue ou respecter les règles comme le compostage des titres de transport".

 

Il y a aussi  parfois l’incapacité à lire un plan. L’etude indique que "certaines personnes, pour des raisons en apparence irrationnelles, s’interdiront de franchir des frontières fictives


Le permis considéré comme un sésame. Auxilia regrette que les divers types d’aides à la mobilité, nationaux, régionaux ou locaux, soient orientés vers la puissance de la technologie (les applications pour smartphone) ou vers l’automobile. "L’automobilité est perçue comme un enjeu d’intégration sociale et comme un critère discriminant à l’embauche". En outre, "la possession du permis de conduire, voire d’une voiture, sont considérées comme une garantie des capacités intellectuelles et sociales d’un candidat". Par ailleurs  l’étude indique que "l’efficacité des aides, très rarement évaluées, est discutable. Le coût du permis est largement sous-estimé, surtout chez les personnes en insertion" (aides octroyées sont de l’ordre de 1200€, pour un coût réel atteignant les 2500 €). Et quand le permis est validé, "commence un parcours risqué d’achat et d’entretien d’un véhicule, généralement ancien et peu fiable, générant de nouveaux soucis financiers".


Pour Auxilia, les solutions ne nécessitent pas seulement de mettre en place des financements.  Il convient selon lui  de "renforcer l’apprentissage de la mobilité dès le plus jeune âge dans le cadre du système scolaire" : usage de modes alternatifs de déplacement comme le covoiturage, capacité à se repérer sur un plan, à organiser un déplacement, connaissance des distances et des temps de trajet, utilisation de la technologie. Voir ci-contre comment Bertil de Fos, Directeur Auxilia, présente l’étude :

 

Jean Armand

 

 

« La mobilité au cœur de la transition.


La mobilité des personnes en situation de fragilité, celles qui veulent s’insérer dans la société et accéder à un emploi, est un sujet sur lequel il est nécessaire de se pencher. Je vous invite chaudement à lire l’étude « Mobilité, insertion et accès à l’emploi - Constats et perspectives » réalisée par Auxilia pour le compte de Wimoov (anciennement Voiture & co) et Total, dans le cadre du lancement du Laboratoire de la mobilité inclusive.


Alors que le taux de chômage de notre pays dépasse 10%, une majorité d’employeurs dans certains secteurs tels que les services à la personne, le nettoyage industriel ou le BTP, ont du mal à recruter. L'étude souligne que de nombreux candidats en insertion sociale ou professionnelle refusent un poste en raison de difficultés de mobilité ou sont contraints de l’abandonner rapidement. Il est paradoxal que des postes peu qualifiés ne soient pas pourvus à cause des problèmes de mobilité.


C’est un domaine dans lequel l’innovation sociale a été féconde. Des acteurs, souvent issus de l’économie sociale et solidaire, ont inventé des solutions frugales mais efficaces, pour permettre à ces publics en situation de fragilité de lever leurs freins à la mobilité. Ces solutions, souvent durables, s’inscrivent exactement dans les principes qui doivent guider la transition de nos sociétés, c’est-à-dire moins, ou pas, émettrices de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques. Elles sont inclusives car destinées aux personnes en situation de fragilité et conçues pour les rendre autonomes et permettent aussi de pourvoir des emplois locaux. Pour fonctionner, ces solutions créent elles-mêmes des emplois par nature non délocalisables.


Ces nouveaux acteurs montrent une nouvelle voie, dans laquelle les dispositifs d’hier, nés de politiques décidées à l’échelle nationale, sont challengés, améliorés, complétés par d’autres dispositifs, résultats d’une innovation sociale issue du terrain. Ils inventent des « business models alternatifs » et réussissent à démontrer l’efficacité et la viabilité de leur dispositif. Le défi de la transition ne sera relevé que si ces deux types de dispositifs, et les acteurs qui les portent, réussissent à s’enrichir mutuellement.


Les résultats de l’étude nationale « Mobilité, insertion et accès à l’emploi » et l’expérience du Laboratoire de la mobilité inclusive, dont il est question dans cette lettre d'information (juin 2014), invitent à la confiance, dans ce domaine au moins. Nous sommes fiers d’avoir participé à l’émergence de cette problématique. Pour Auxilia, c’est l’aboutissement de 10 années de travail, et cela n’aurait pas été possible sans Wimoov (anciennement Voiture & co) et Total en premier lieu et la mobilisation des partenaires du Laboratoire de la mobilité inclusive. Je vous souhaite une excellente lecture ! »    

Nos propositions

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Présidentielles:       "ADRESSE AUX CANDIDATS" Version 2

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